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Tuffé-Val-de-la-Chéronne. 85 Tufféens et Saint-Hilairiens ont été tués pendant la Grande Guerre... |
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Le défilé, conduit par Claude Jeanne, a mené le cortège de la mairie au monument aux morts de Tuffé. © Le Maine Libre
Lundi 11 novembre, comme partout en France, Tuffé-Val-de-la-Chéronne a commémoré les soldats morts pendant la Première Guerre mondiale 1914-1918.
À l’époque, l’actuelle commune était constituée de deux villages bien distincts : Tuffé, le chef-lieu de canton, et Saint-Hilaire-le-Lierru. La cérémonie s’est donc déroulée en deux temps, tout d’abord un dépôt de gerbes au monument aux morts de Saint-Hilaire à 9 heures, puis à Tuffé. Le cortège était ouvert par le porte-drapeau Claude Jeanne, ancien combattant d’Algérie, suivi des pompiers, des membres du conseil municipal, de la population et des enfants.
Une forte proportion d’agriculteurs
Les deux villages réunis ont perdu 85 poilus pendant la Première Guerre mondiale. Régis Bourneuf, actuel maire de la commune nouvelle de Tuffé-Val-de-la-Chéronne et passionné par l’histoire de son village, a mené des recherches poussées sur les hommes dont les noms figurent sur les deux monuments aux morts. Il a ainsi retrouvé les fiches militaires de 82 d’entre eux, lui permettant d’établir des statistiques assez précises et mettant au jour des drames familiaux.
78 % des morts, soit 54 hommes, étaient des exploitants ou des salariés agricoles. Les autres représentent un échantillonnage complet de la population d’un village rural du début du XXe siècle : six commerçants ou salariés du commerce, trois maçons, un charron, un peintre, un maréchal-ferrant, un employé des chemins de fer, un fonctionnaire des impôts et le jardinier du château de Chéronne.
Des familles durement touchées
Le plus âgé de ces hommes morts pour la patrie avait 46 ans et le plus jeune 19 ans. Certaines familles ont payé un lourd tribut au conflit, comme les Vautcranne de Conchibois dont les trois fils, Gustave, Abel et Henri furent tués.
La famille Lerouge des Domettes, dont les trois fils ont combattu, perdit les deux plus jeunes Émilien et Camille, tandis que l’aîné, Moïse, déjà militaire depuis deux ans à la déclaration de guerre, sera démobilisé en 1919. Exploitant agricole à Saint-Cosme-en-Vairais, ses descendants resteront propriétaires des Domettes jusque dans les années 2000.
La famille Guilmin des Petites Bruyères perdit elle aussi ses deux fils, Éloi et Pierre. Leur fille Georgette, unique survivante de la fratrie, reprit l’exploitation avec son époux Emile Paumier. Leur fils Pierre, figure tufféenne, y vivra jusqu’à son décès en 2016.