|
TÉMOIGNAGE. Sarthe : il a parcouru 1 000 km à vélo pour ramasser des déchets liés au Covid-19... |
1
Au cours de ses balades à vélo, Benoît Cormier a traqué les déchets liés au Covid. © Le Maine Libre
Fervent défenseur de la nature, Benoît Cormier, licencié de l’Elan Sportif Cycliste de Champagné depuis 2004, a parcouru 1 000 km à vélo sur environ 10 mois, pour collecter des déchets du Covid-19. Il témoigne en cette fin juillet 2021.
Le Covid-19 en a stoppé plus d’un. Benoît Cormier, licencié de l’Elan Sportif Cycliste de Champagné depuis 2004 n’est pas de ceux-là . La pandémie lui a, au contraire, donné des idées.
1 289 masques ramassés
« Avec le Covid, beaucoup de gens ont pris conscience de l’importance de la nature, et combien elle était apaisante. Pour ma part, j’ai eu envie de profiter de mes balades à vélo du week-end, entre novembre dernier jusqu’à la reprise des compétitions au début de cet été, pour en prendre soin et ramasser les détritus que je trouverais sur le chemin. C’était mon Cyclo’vid : vider la nature de ses saletés liées au Covid. Sur mes parcours, entre Champagné et Connerré, Le Breil-sur-Merize et Beaufay, j’ai eu de quoi faire. »« En presque 10 mois, j’ai parcouru plus de 1 000 km à vélo sur 17 communes. J’ai ramassé divers déchets dont 1 289 masques. Les masques nous protègent, certes, mais sont une véritable catastrophe écologique car ils sont constitués de substances dérivées du pétrole. Une fois au sol, il faut très longtemps pour qu’ils se désagrègent. Devenus poussière, ils polluent ensuite les cours d’eau puis la mer, ou entrent dans la chaîne alimentaire car ingérés par les poissons et autres animaux. »
Un vélo avec sacoches
« Pour cette collecte, j’ai acheté un vélo d’occasion des années 80 avec sacoches : une pour les masques, l’autre pour les autres déchets. Il a, d’abord, eu besoin de quelques réparations financées par la prime Covid de 50 €, et en route ! » précise le jeune homme.« J’ai trouvé des masques près des commerces et des écoles, les lieux de vie. Il y en avait aussi en sortie d’agglomération ou près d’entreprises de transports ou de stationnement de poids lourds, mais aussi en rase campagne. À croire que les gens les jettent par la vitre ou la portière des voitures et des camions quand ils ne sont plus nécessaires. Je pense aussi qu’il y a des habitués de ce genre de dépôts sauvages. En passant à plusieurs reprises sur les mêmes lieux, à quelques jours d’intervalle, j’ai retrouvé des masques, accompagnés de gobelets plastiques ou de cannettes, de marques identiques, pliés et compactés de la même façon. »
Téléchargez la nouvelle appli des médias du groupe Sipa Ouest-France
Faire de la pédagogie
« Sur le chemin, j’ai été encouragé dans ma démarche. Ça fait plaisir. Il faut absolument apprendre aux gens à se débarrasser de cette manie de jeter au sol tout ce qui ne leur sert plus, notamment aux enfants. C’est sale et ça pollue l’environnement, avec des conséquences écologiques terribles. À terme, c’est un poison pour l’espace animale et humaine. J’ai proposé aux maires des communes que j’ai traversées de venir dans leurs écoles pour expliquer aux élèves la nécessité de préserver la nature, notre bien commun. J’attends leur feu vert. »
Agent municipal chargé des espaces verts à Champagné, et habitant Lombron aujourd’hui, Benoît Cormier a déjà travaillé avec des écoliers. En attendant, les détritus qu’il a ramassés seront prochainement recyclés.