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TÉMOIGNAGE. Étudiante au Mans, elle travaille en usine chaque été... |
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Marie travaille en usine chaque été pour payer ses études. © Le Maine Libre
Chaque été, des étudiants doivent travailler pour payer leurs études. L’occasion de découvrir le monde professionnel. Marie, étudiante à l’université du Mans, parle de son expérience.
De nombreux étudiants profitent des mois d’été pour travailler ou faire un stage. Si certains le choisissent dans le secteur correspondant à leurs études, pour avoir une première expérience professionnelle sur leur CV, pour d’autres, il s’agit purement d’un job alimentaire, indispensable pour payer leur logement et leurs études.
C’est le cas de Marie (prénom modifié), 20 ans, qui vient d’obtenir sa licence de Droit à l’université du Mans. Chaque été, elle travaille en intérim pour subvenir à ses besoins l’année scolaire suivante. Elle travaille dans des usines, à la chaîne, parfois dans des conditions rigoureuses. Un été, j’ai formé jusqu’à huit intérimaires. Certains ne tenaient pas la journée tellement nos conditions étaient difficiles : on devait rester 8 heures debout, dans une usine où il pouvait faire plus de 45 °C.
Un job indispensable
Marie le dit clairement, ce job est purement alimentaire
. Mes parents paient mon loyer. L’argent que je gagne l’été me permet de payer la nourriture, l’essence et les loisirs
.
Le travail en usine est fatigant, notamment parce que je fais les 3/8. Quand je suis de l’après-midi ou du soir, ça va encore, mais j’ai encore beaucoup de mal quand je travaille le matin. Prendre un petit-déjeuner à 3 h 30, j’ai essayé mais je n’ai pas faim du tout. Alors je décale mon premier repas à ma pause de 9 heures, avec un sandwich. C’est particulier
, concède Marie dans un sourire.
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Beaucoup de conseils
Si le travail à la chaîne n’est pas plaisant, elle apprécie en revanche l’ambiance qui règne au sein de l’équipe
. Cette année, Marie travaille dans une entreprise qui prend soin de la santé et de la sécurité de ses salariés
. Il n’empêche, elle reste debout devant un tapis roulant toute la journée à faire des tâches manuelles répétitives. Et a des pauses réglementaires toutes les deux heures. Il y a une solidarité et une bienveillance incroyable, j’ai été accueillie avec beaucoup de gentillesse. Les titulaires pourraient profiter de notre présence pour nous faire faire les tâches ingrates. Ce n’est jamais le cas. Ils sont attentifs, nous donnent des trucs et astuces pour que l’on ne se fasse pas mal, des conseils pour mieux dormir quand on travaille la nuit, je ne m’attendais pas forcément à cela
.
+ Sarthe. Le stress des étudiants encore sans master
Au fil des étés, Marie a pris conscience de la pénibilité de leur travail. Je trouve cela courageux. C’est quelque chose que je ne m’imagine pas faire toute une vie. C’est aussi très motivant pour mes études. Quand je retourne à la fac en septembre, je suis contente de reprendre les cours
, explique la jeune femme qui souhaite devenir gendarme.