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Sarthe. Un beau-père violent, une mère démissionnaire... |
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Ce vendredi, l’audience pour ce procès en correctionnelle a duré plus de quatre heures. © Archives Le Maine Libre
Durant plusieurs années, dans le Nord-Sarthe, des enfants ont vécu l’enfer entre un beau-père violent et une mère alcoolique, à qui, il est reproché de ne pas avoir joué son rôle.
Pendant trois ans, de 2015 à 2018, dans le Nord-Sarthe, trois enfants ont vécu l’enfer entre un beau-père violent et alcoolique et une mère démissionnaire.
Des coups de fourche, des lancers de couteau, des coups de casserole, de pieds, de poings, des claques, des insultes… La violence, dans cette famille, est quotidienne.
Les attouchements, les caresses, les menaces… le beau-père ne leur a rien épargné.
« Si c’est moi qui tape, c’est moins fort »
La mère, elle aussi violentée par son compagnon, voit mais ne dit rien. Elle boit pour oublier et des fois, elle tape aussi. Si c’est moi qui tape, c’est moins fort que si c’est lui.
Dans ce foyer, l’alcool n’est jamais loin. Lui, peut boire jusqu’à 40 bières par jour et du whisky
. La mère, c’est autour de huit bières et du kir
.
Dans cette maison totalement isolée en pleine de campagne, personne ne peut entendre les cris, les coups ou voir le plus jeune des enfants dormir dehors parce qu’il n’a rien ramené de la partie de pêche. Dans cette maison, la règle d’or, éviter de contrarier le tyran et ne rien dire en public.
Près d’un an entre le premier signalement et le drame
C’est le plus jeune des enfants qui finit par demander de l’aide à sa tante, le 25 août 2017, par SMS. Il a peur qu’il arrive un drame. Il vient d’éviter de justesse un coup de fourche qui prenait la direction de son torse et qui a fini dans sa main. Il est blessé et personne ne l’emmène se soigner. Surtout pas sa mère.
Les gendarmes viendront, mèneront leur enquête, notamment dans l’entourage. Le beau-père restera introuvable… Jusqu’au drame, le 8 juin 2018 à Vivoin, où le fils aîné de 22 ans, autiste profond, meurt. Son beau-père est soupçonné de l’avoir battu à mort (le procès d’assises devrait se dérouler début 2021.) Quasiment un an s’est passé entre le premier signalement et ce drame.
« Comment en est-on arrivé là ? »
Ce vendredi, 13 novembre 2020, au tribunal du Mans, maître Neveu, l’avocate de l’accusé s’est interrogée comment est-il possible que la situation en soit arrivée là , que les services sociaux, les gendarmes ou le Ministère public, n’aient pas réagi plus vite ?
Le beau-père, jugé pour les faits de violences et d’agressions sexuelles a été reconnu coupable de tous les chefs d’accusation. Il a écopé de 30 mois de prison. La mère, qui regrette de ne pas avoir su protéger ses enfants, a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis.