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Sarthe. Bientôt un label pour les musées ruraux... |
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À Vivoin, le musée du chanvre et de la vie d’autrefois. © archives
Parce que certains petits musées ruraux somnolent, le Conseil départemental a décidé de prendre les choses en mains. Après une phase d’inventaire et de diagnostic, on a pointé certaines faiblesses pour proposer des solutions. Certains de ces musées seront labellisés. Le point avec Daniel Chevalier, vice-président du Conseil départemental.
Le Maine Libre : quelle est l’origine de cette vaste démarche lancée en direction des petits musées ruraux de la Sarthe ?
Daniel Chevalier : le Conseil départemental était régulièrement sollicité pour des subventions par les collectivités voire par les musées eux-mêmes. Mais nous avons décidé qu’il était peut-être plus intelligent de regrouper et d’organiser notre réflexion, en créant un schéma départemental des musées ruraux sarthois. Nous avons donc débuté par toute une phase de diagnostic.
Quels constats avez-vous pu faire en prenant le pouls de ces musées ?
Nous nous sommes rapidement aperçus que les équipements et l’offre de ces musées étaient très hétéroclites. Il y a du bon, et du moyen. En revanche, nous avons constaté qu’il existe du matériel et des collections à préserver, et un véritable savoir-faire à conserver. Comme par exemple au musée de la dentelle, au musée du chanvre, avec sur place des gens qui maîtrisent encore ces métiers. Maintenant, gérer un musée est une activité quasi-quotidienne, et souvent, ce sont des associations qui portent tout, avec des bénévoles dont la moyenne d’âge est parfois de 80 ans. Nous devons donc être là pour leur dire quoi faire, et ne pas faire. Sachant que ces musées sont demandeurs de ces conseils, et que nous avons été bien reçus en allant vers eux.
Que faut-il améliorer en priorité ?
Il existe tout d’abord une grosse absence de communication pour beaucoup de ces musées. Beaucoup vivent trop chacun chez soi, sans interaction entre eux-mêmes quand ils sont proches géographiquement. Nous nous sommes également rendu compte que trop souvent, les scénographies ou les expositions proposées sont pauvres, voire même complètement dépassées. Autre élément : pour beaucoup, les conditions de conservation des collections ne sont pas bonnes. Quant à l’inventaire de ces objets, la plupart du temps, il n’y en a pas. Maintenant, tout ceci est un constat général, mais pour certains musées, tout va plutôt très bien.
Quel plan d’action avez-vous décidé de mettre en place ?
D’abord fédérer, et former les personnes dans ces musées. Nous devons organiser l’offre en réseau, pour le vendre ensuite sur le plan touristique. Cela peut permettre d’en réunir certains autour de thématiques, et des personnes qui viendraient deux ou trois jours, et qui seraient intéressées par tel ou tel sujet, pourraient savoir que deux ou trois musées les intéresseront. Ensuite, il s’agira de rendre ces musées attractifs, en mettant en place une stratégie de marque et de charte qualité.
Nous en arrivons donc à cette idée de labellisation.
Oui. Un label permettrait d’offrir aux touristes des garanties sur la qualité de ce qui les attend. Ils sauront où mettre les pieds, en étant assurés de ne pas s’ennuyer une fois sur place. Notre rôle consistera à aider ces musées dans cette démarche, tant sur le plan humain que financier. Il y a une vraie demande de leur part pour progresser, et au Conseil départemental, nous avons les moyens de les aider. Nous avons les outils de promotion et de communication nécessaires, notamment d’un point de vue numérique. Nous souhaitons également mettre en place un programme de formation pour les animateurs de ces musées, qu’ils soient bénévoles ou professionnels. L’accompagnement pourra aussi se faire dans le domaine des inventaires et de la gestion d’objets de valeurs qui pourraient être amenés à disparaître.
Tout ceci aura un coût pour ces musées ?
En effet, et nous ne pouvons pas leur demander de faire des efforts pour progresser et aller vers un label sans les soutenir financièrement, en investissement et en fonctionnement. Il faudra donc créer un régime d’aide départementale pour ces musées. Nous souhaitons également mettre en place une signalisation sur les routes, qui permettra de trouver facilement ces sites. Pour résumer, ce que nous proposons est une somme de petits plus. On nous sollicitait pour de l’argent mais l’argent seul ne suffit souvent pas. Dans le cas de ces musées, la notion de conseil est plus importante encore à nos yeux. L’argent n’est pas l’arme fatale, et ce message que nous passons est bien reçu. Nous avons la volonté de donner un nouveau souffle à ces musées, de les dépoussiérer. Sachant que le patrimoine sarthois est très riche, et que tôt ou tard, il est amené à se retrouver dans des musées. Alors il faut se donner toutes les chances de bien le conserver et de le mettre en valeur.
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