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Sablé-sur-Sarthe. Deux presque nouvelles têtes à la paroisse... |
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Charles Lee et Hervé-Marie Cotten sont les deux nouveaux abbés de l’ensemble paroissial Sablé – Solesmes – Noyen – Parcé. © Ouest-France
Bruno Mezière appelé du côté de la paroisse Saint-Aldric au Mans, Hervé-Marie Cotten le remplace sur l’ensemble paroissial de Sablé, Solesmes, Noyen et Parcé. Charles Lee, qui était rattaché à la cathédrale du Mans, l’accompagne.
Il n’y a pas que chez les footballeurs où existe un « mercato ». Chez les prêtres aussi la mobilité est de rigueur. Les nominations et changement d’affectations ont été légion au 1er septembre 2021 dans le diocèse du Mans. « C’est un renouvellement souhaité par l’évêque du Mans. On a longtemps été dans un système où les prêtres étaient ancrés à leur paroisse. Aujourd’hui, il y a du mouvement. »
C’est ainsi qu’à la fin du mois d’août 2021, Hervé-Marie Cotten (63 ans), qui venait de passer douze ans au Mans, a fait son baluchon pour se diriger vers Sablé. « Je n’étais pas demandeur, avoue-t-il, mais un changement est toujours nécessaire. » Il s’est plié à l’exercice, tout comme son auxiliaire Charles Lee qui officiait, dans le même rôle, à la cathédrale du Mans.
Un retour aux sources
Les deux néo-Saboliens ont un point commun. Pour les deux hommes, cet « atterrissage » à Sablé-sur-Sarthe a des allures de retour aux sources. « Ma première réunion de séminariste, je l’ai faite à Sablé en 2001 », se souvient le nouveau doyen de Sablé. Charles Lee (73 ans), lui, était arrivé tout droit de Corée du Sud en 1990. « Je m’en souviens encore. Je suis arrivé au moment d’une tempête qui avait fait tomber un clocheton de l’église, endommageant le grand orgue. »
Mis à la disposition de l’évêché du Mans par son évêque français d’Andong, Charles Lee a arpenté la Sarthe. « Après trois ans et demi à Sablé, je suis allé à Parcé puis au Mans à Notre-Dame-du-Pré avant de revenir en Corée puis retrouver la Sarthe en 2009 à Beaumont puis au Mans en 2018 et enfin Sablé ! »
Pour le Coréen, aussi, cet « exil » n’était pas foncièrement souhaité. « Je suis content de revenir car je connais les gens. C’est plus facile qu’en terrain inconnu. Après beaucoup de choses ont changé en trente ans, il y a une part d’appréhension. Je trouve là une belle occasion de réparer les bêtises que j’ai faites il y a quelques années », glisse, avec sagesse, celui qui cherche à s’effacer derrière son curé, et pour qui la retraite devrait sonner dans deux ans.
Hervé-Marie Cotten : « J’ai eu deux vies »
En arrivant en Pays sabolien, Hervé-Marie Cotten, né d’un père breton et d’une mère sarthoise, qui a bourlingué dans la fonction publique avant d’endosser la prêtrise sur le tard – « j’ai eu deux vies » -, a envie de créer du lien. « Il faut que l’on apprenne à travailler ensemble avec toutes les communautés. On sait tous que les vocations sont plus rares pour assurer un renouvellement des prêtres alors il faut que l’on soit plus solidaire. » Dans la bouche de l’ancien agent comptable, la fraternité apparaît la pierre angulaire. « L’Église d’aujourd’hui doit être dans l’échange, insiste-t-il. Il faut vivre dans son siècle. »
Pointu en informatique, Hervé-Marie Cotten a délaissé les réseaux sociaux. « Je ne refuse pas la modernité mais il faut être conscient qu’ils peuvent entraîner dans une sorte de narcissisme. Pour moi, le plus important, c’est la proximité avec les gens, la relation avec les autres. »
S’il a abandonné le costume du geek, le père Cotten a toujours celui d’animateur radio sur RCF, où il parle culture en commentant l’actualité de l’Espal et des Quinconces, les deux scènes nationales mancelles. Il enseigne aussi le discours social de l’Église au séminaire de Nantes. « Je ne m’ennuie pas mais ma priorité reste ma paroisse. »
Les deux abbés seront officiellement installés par Mgr Yves Le Saux, l’évêque du Mans, dimanche 3 octobre 2021, en l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Sablé.