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Sablé-sur-Sarthe. Dépenses, recettes, impôts : ce qu’il faut retenir du budget 2023 de la Ville... |
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Nicolas Leudière, le maire, et Céline Piron, directrice du service de l'enfance et des sports, en septembre 2022 à l'école Saint-Exupéry, qui doit faire l'objet de travaux de rénovation énergétique à partir de 2023. © Archives Ouest-France
Le conseil municipal de Sablé-sur-Sarthe a voté le budget 2023 lors de sa réunion lundi 3 avril, salle Madeleine-Marie. Un plan marqué par le contexte de crises, entre une hausse des frais de fonctionnement et une baisse des investissements.
Trois semaines après la présentation du rapport d’orientations budgétaires et le débat consacré, le conseil municipal de Sablé-sur-Sarthe était de nouveau réuni, salle Madeleine-Marie, lundi 3 avril. Cette fois, le budget 2023, dans sa version détaillée, a été soumis au vote. Voici ce que l’on peut retenir.
Un budget total en légère hausse
Si on le regarde avec une vue d’ensemble, le budget primitif sabolien pour l’année 2023 s’équilibre en dépenses et en recettes à la somme totale de 28 485 000 €. C’est légèrement supérieur au budget de 2022, qui était de 27 955 000 €, et un peu inférieur à celui de 2021, qui s’élevait à 30 078 000 €.
En allant plus dans le détail, on observe que la part des frais de fonctionnement augmente par rapport aux deux derniers exercices, et que la part des investissements diminue. Le fonctionnement s’équilibre à 19 555 000 € et l’investissement seulement à 8 930 000 €. Des chiffres qui reflètent un contexte toujours aussi complexe lié à l’accumulation des crises. « Déjà , nous sommes très heureux de pouvoir présenter un budget équilibré, ce qui n’était pas évident du tout il y a encore un mois », a ainsi confié Muriel Petitgas, adjointe au maire en charge des finances.
Les principales dépenses de fonctionnement
Dans cette section, il y a deux gros postes. D’abord les charges de personnel, qui augmentent avec la revalorisation de 3,5 % dans la fonction publique appliquée depuis juillet 2022. Elles pèsent 5 910 000 €, soit près d’un tiers des 19 555 000 € du budget de fonctionnement. Il y a ensuite les charges générales, qui gonflent également avec l’inflation des prix de l’énergie. Elles pèsent 5 654 000 €.
Le surcoût de l’électricité et du gaz est ainsi chiffré à « environ 253 000 € » par rapport la facture finalement réglée pour 2022, qui elle-même était supérieure de 214 000 € à celle de 2021. À noter aussi « la très forte progression » du coût d’achat des repas au Service commun de production de repas (SCPR) pour les structures de restauration scolaire et collective à caractère social, avec des tarifs en hausse de 30 % depuis janvier.
Les principales dépenses d’investissement
Dans cette section, il y a un gros poste : les équipements, où l’on retrouve les travaux et les projets. L’enveloppe dédiée contient 5 587 928 €, soit plus de la moitié des 8 930 000 € du budget d’investissement. C’est nettement moins qu’en 2022, avec une enveloppe pour les équipements qui s’élevait à 7 552 000 € sur un budget investissement de 10 640 000 €. On devine que la mairie ne compte pas faire de folie, en privilégiant la poursuite des dossiers plus ou moins lancés.
On retrouve une traite pour la réfection de l’extérieur de l’hôtel de Ville (300 000 €), une traite pour le schéma de mobilité douce ou « plan vélo » (250 000 €), une traite pour la nouvelle base de canoë-kayak (237 000 €), une tranche du « périph’nature » (200 000 €), la sécurisation du jardin public (180 000 €), l’opération de réhabilitation avec Sarthe Habitat de l’ancien foyer La Piscine à Montreux (160 000 €), les travaux pour la maison médicale rue Pasteur (158 000 € partagés avec la communauté de communes), les études pour la passerelle (149 000 €), les travaux au tennis-club (125 000 €) ou encore une traite pour la rénovation énergétique de l’école Saint-Exupéry (100 000 €).
Cette section investissement comprend également des dépenses financières, dont le remboursement de la dette, à raison de 1 942 000 €. Une dette qui continue de croître et s’élève au total à  20 105 860 €.
Un peu plus de ressources fiscales
Les impôts et taxes sont essentiels pour assurer l’équilibre du budget. Leur produit doit rapporter 11 160 000 € pour 2023. C’est 203 000 € de plus qu’en 2022. Une hausse reliée notamment à la revalorisation de 7,1 % des bases fixées par l’État pour le calcul des taxes foncières. Les taux appliqués à l’échelle communale ne seront, eux, pas augmentés par la mairie, qui ne veut pas solliciter davantage le portefeuille des administrés en cette période déjà délicate.
Les dotations de l’État permettent également à la commune de garder la tête hors de l’eau. Comme l’a relevé Muriel Petitgas : « Elles diminuent beaucoup moins que ce que l’on pouvait craindre, c’est une bonne nouvelle ».
Les deux camps d’opposition se sont abstenus
Houleux et très longs lors du débat autour des orientations budgétaires, les échanges entre la majorité et les oppositions ont été cette fois-ci plus calmes et moins nourris. Pour autant, le groupe Sablé au cœur, issu de la liste conduite par l’ancien maire Marc Joulaud, et le groupe Mieux vivre à Sablé, représenté par son unique membre Rémi Mareau, ont tous deux préféré s’abstenir à l’heure du vote.
Avant cela, ils ont notamment pointé le rabotage des subventions aux associations, sportives, culturelles et sociales. Ces subventions sont comprises dans le poste « autres charges courantes » du budget fonctionnement, passé de 2 458 800 € en 2022 à 2 349 000 € en 2023.
Un « flou » sur les subventions aux clubs
Philippe Mercier, de Sablé au cœur, a questionné sur le nouveau critère d’attribution pour les clubs sportifs évoqué lors du dernier conseil municipal. Ce critère prévoyait « l’appréciation de la nature des projets conduits au profit des valeurs sportives soutenues et valorisant la ville ». « J’ai croisé un président d’association qui n’était pas du tout au courant », a avancé l’élu d’opposition.
En l’absence de l’adjoint aux sports, Nicolas Renou, qui représentait la municipalité au conseil régional, c’est le conseiller Abdelkader Junior Hadji qui a hérité du sujet. Mais il n’a pas été en mesure d’apporter de réponse précise. « Pour moi aussi, même après explication en commission, cette histoire de calcul reste floue », a appuyé Rémi Mareau.
Ce dernier s’est ensuite fendu d’un commentaire plus global, affichant son scepticisme envers la majorité. « Que va-t-il se passer dans les années à venir ? J’émets des doutes sur vos choix. Et à mi-mandat, j’ai toujours une inquiétude du point de vue budgétaire », a-t-il lancé. « Nous sommes dans une conjoncture qui, forcément, nous questionne, a répondu Nicolas Leudière, le maire. Ne pensez pas que nous n’y réfléchissons pas. »