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Que faire de ses vêtements usagés, lorsque les bornes Le Relais sont fermées ?... |
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Le Relais, principal réseau de collecte solidaire, a mis en arrêt ses bornes de récupération © Jérôme Fouquet/Ouest-France.
Chaque année, un Français achète en moyenne 9,5 kg de vêtements par an, mais seulement 3,4 kg sont réellement collectés pour être triés ou donnés. Avec des points de dépôt saturés et des vêtements souvent impossibles à recycler, comment adapter nos pratiques ?
C’est un triste tournant qui va s’opérer en Suède à partir du 1er octobre : les vêtements trop abîmés pourront être jetés directement à la poubelle. Chaussettes trouées, t-shirts tachés, habits usés ne passeront plus par les centres de tri. Humana Sverige, qui gère la collecte et les boutiques de seconde main dans le pays, a déjà fermé 600 de ses 1 300 points de dépôt, dépassé par les volumes envoyés depuis le début de l’année. Le gouvernement suédois a dû faire un choix : tous les textiles ne peuvent plus être sauvés.
En France, la situation est également critique. Le Relais, principal réseau de collecte solidaire, a annoncé mardi 15 juillet « une suspension totale de ses activités », submergé par des montagnes de vêtements en polyester, un matériau très difficile à recycler. Vendredi 18 juillet, le gouvernement a promis de l’aider.
Le problème vient de nos habitudes de consommation. Sur les 3,2 milliards de vêtements neufs vendus en France en 2023, 71 % sont de l’entrée de gamme, souvent de mauvaise qualité. Selon l’éco-organisme Refashion, « un vêtement composé de trois matières différentes est difficilement recyclable ».
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Le succès d’applications comme Vinted, utilisée par près d’un tiers des Français, a aussi changé la donne. Les habits en bon état se vendent entre particuliers, et les associations récupèrent surtout des vêtements trop usés qu’elles doivent recycler ou incinérer… à leurs frais.
« Prolonger la vie de ses habits »
Cette surcharge alimente un marché parallèle. En Allemagne, un influenceur a glissé un traceur dans une paire de baskets destinée à la Croix-Rouge. Après un périple de 800 km, elles ont été retrouvées dans une friperie en Bosnie-Herzégovine. Les bornes de collecte sont aussi souvent pillées. Ce ne sont pas des vols ordinaires, mais des personnes précaires cherchant des vêtements pour elles ou leurs familles. Ce phénomène fragilise encore un système déjà en crise et pousse certains à fermer des points de dépôt.
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Alors, que faire ? Braderies, vide-greniers et magasins de seconde main restent des solutions locales efficaces. Plusieurs enseignes comme Kiabi, Zalando, Petit Bateau ou Ikea proposent aussi des rayons dédiés à la seconde main. Mais la meilleure solution reste de consommer moins. Selon l’Ademe, chaque Français achète en moyenne 9,5 kg de vêtements par an, mais seulement 3,4 kg sont collectés. « Prolonger la vie de ses habits, acheter ce dont on a vraiment besoin, réparer quand c’est possible » conseille l’agence de la transition écologique, des gestes simples qui peuvent faire toute la différence.