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Poésie, Brecht… On a fait passer le questionnaire de Proust à Sandra Chirazi, candidate aux municipales à Rennes... |
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Sandrine Chirazi, à la tête du parti Lutte Ouvrière, aux élections municipales 2026. Comme tous les candidates et candidats, la candidate nous a envoyé une photo personnelle. | COLLECTION PERSONNELLE © Ouest-France
Sandra Chirazi est candidate Lutte ouvrière aux élections municipales 2026, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Nous lui avons posé quelques questions, comme à tous les autres candidats, à la manière du questionnaire de Proust.
Sandra Chirazi est candidate aux élections municipales 2026 à Rennes (Ille-et-Vilaine), à la tête de la liste du parti révolutionnaire Lutte ouvrière. Elle est animée par la volonté de « changer le monde » (1).
Quelle est l’origine de votre engagement politique ?
En 1995, un grand mouvement de grève secouait le pays. Cet automne-là, j’ai manifesté avec des milliers de grévistes, qui s’invitaient les uns les autres à des assemblées générales de l’entreprise voisine, se rendaient compte qu’ils vivaient les mêmes problèmes. Je voyais de près la force collective du monde du travail. Mon lycée était mobilisé, c’était l’occasion de débats politiques permanents.
C’est l’année où j’ai compris à quel point tous les problèmes de la société (les inégalités, les catastrophes climatiques, la montée du racisme, les guerres…) sont liés les uns aux autres, et ont leur racine dans l’organisation capitaliste de la société. J’ai compris que c’était possible de changer le monde.
Quel est le principal trait de votre caractère ?
Déterminé, et combatif !
La qualité que vous préférez ?
La sincérité, qui manque à tous ces politiciens qui, soumis aux capitalistes, font des promesses qu’ils ne tiendront pas, parce qu’ils défendent ce système qui mène à la misère et à la guerre.
Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ?
Les erreurs qu’on peut faire au travail, en fin de journée. Une raison de répartir le travail entre tous plutôt que de surcharger les uns en laissant les autres au chômage !
Qui est votre mentor ou mentore en politique ?
Arlette Laguiller, première femme candidate à l’élection présidentielle, en 1974.

Arlette Laguiller, à Pantin près de Paris, début décembre 2021. Archives Ouest-France
Quelles sont les deux libertés les plus essentielles aux citoyens ?
Les libertés d’expression et de réunion, que les travailleurs ont obtenues par leurs luttes… Mais même là où elles manquent, les travailleurs trouvent le moyen de s’organiser et de se révolter.
Quelle est la réforme politique que vous estimez le plus ?
La mise sous contrôle des capitalistes par les travailleurs, qui éviterait à tous bien des catastrophes : les scandales sanitaires, les licenciements…
Votre héro ou héroïne de fiction ?
Pélagie dans « La Mère », de Brecht. Elle s’enthousiasme pour le combat de son fils, et surmonte tous les obstacles pour se joindre à la lutte : elle apprend à lire, et fait preuve d’inventivité face à la répression tsariste.

Jacques Prévert et sa chatte Agathe, sur la terrasse de la cité Véron par André Villers. CD50 archives
Votre artiste favori ?
Jacques Prévert, notamment pour « Crosse en l’air », un poème qui dénonce par la voix d’un veilleur de nuit la guerre, l’Église et le capitalisme, en comptant sur la solidarité des travailleurs du monde entier pour le renverser.
Quelle est votre devise ?
Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !