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Pays de Sablé. L’arche de Silo, havre de paix pour animaux abandonnés... |
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Installée à Parcé-sur-Sarthe, Virginie Arthus-Bertrand a créé l’association l’Arche de Silo en 2018. © Ouest-France
Engagée contre l’abandon des animaux, Virginie Arthus-Bertrand a quitté Paris pour s’installer à Parcé-sur-Sarthe avec son association L’Arche de Silo. Elle déborde d’initiatives pour protéger les animaux au niveau local.
« Je dis aux gens : n’ayez pas de chien ! » Le conseil relève du cri de détresse pour Virginie Arthus-Bertrand. À la tête de l’association L’Arche de Silo, elle clame son épuisement face au sombre constat de la souffrance canine qu’elle observe au quotidien. Dans sa maison de Parcé-sur-Sarthe, où elle vient de s’installer, la Parisienne de naissance vit entourée d’animaux qu’elle a recueillis et a décidé de se mobiliser pour venir en aide aux chats et aux chiens abandonnés.
Retrouvé attaché à du fil barbelé, abandonné ou réformé d’un élevage… tous ses chiens ont connu un passé difficile au contact de l’humain, avant qu’elle les adopte. Parmi eux, Silo a été le premier à croiser la route de la lectrice pour une maison d’édition. « Ce chien est spécial, modérateur. C’est lui qui a permis à cette meute d’exister. »
Le golden, aujourd’hui âgé de onze ans, a donné son nom à l’Arche de Silo. Une structure, créée en 2018 à Paris pour financer des collectifs d’aide aux animaux, et venue s’installer dans la Sarthe pour élargir son éventail d’actions. « J’habitais à la Défense, je récoltais des fonds pour divers organismes. Mais j’ai décidé de m’investir davantage pour cette cause. »
Stériliser les chats
Dans la Sarthe, l’association aux cinquante adhérents s’est rapprochée du refuge de l’AFDA, à La Flèche, à qui elle a récemment acheté un terrain de 3 500 m2 afin que les chiens recueillis puissent être lâchés. « C’était nécessaire, sinon on les fait passer d’une situation carcérale à une autre où ils ne peuvent pas s’exprimer. »
Dans la ville du sud du département, elle aide également l’association Chats Lorena Sans Toit, qui fait stériliser les chats errants. Elle a décidé de faire la même chose à Parcé, où elle s’est définitivement établie pendant le confinement. « Il y a un gros problème avec les chats dans la commune. Ils vivent dehors, se reproduisent trop et les gens finissent par les détester. C’est un cercle vicieux que je souhaite briser », explique Virginie Arthus-Bertrand.
Un déménagement qui « n’était pas prévu si tôt », mais la crise sanitaire a tout accéléré. Le choix est alors apparu comme une « évidence », pour celle qui vient depuis l’enfance dans ce coin où habitait sa grand-mère. « Je n’aimais pas, je trouvais qu’il n’y avait rien à faire. Aujourd’hui je n’imagine plus quitter la campagne. »
Accompagner les propriétaires
Elle a même installé une « mini-clinique » dans une cabane de son jardin, où les chats pourront séjourner le temps de leur guérison, puis décider de partir ou de rester. « Ils trouveront toujours un toit avec de l’eau et de la nourriture, ici. »
Pour financer ses actions, elle vendait des petits bracelets artisanaux à deux euros l’unité dans la capitale. Dans la Sarthe, elle doit repenser son modèle. « Ici, les gens sont plus rationnels et économes. Je pense organiser des thés de charité et me lancer dans l’organisation de loto ou de tombola. »
En parallèle, celle qui a beaucoup fait de stages d’éducation pour les chiens, souhaite partager son expérience avec les propriétaires d’animaux. « L’idée est également d’accompagner les gens et de les responsabiliser sur l’exigence que nécessite l’adoption d’un animal. »