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Parc éolien à Saint-Aignan et Jauzé, près du Mans : le véto du préfet de la Sarthe réexaminé... |
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Les éoliennes de Bouin (Vendée). Photo d’illustration. © Archives Ouest-France
Le projet porté par Engie-Green entre Saint-Aignan et Jauzé (Sarthe) porte-t-il atteinte au patrimoine ? La justice tranchera. La décision est attendue le 10 juin 2022.
La mobilisation générale décrétée par neuf communes « vent debout » contre le projet de parc éolien des Trente-Arpents, à cheval sur Saint-Aignan (six éoliennes de 180 m de hauteur) et Jauzé (une), en Sarthe, aura-t-elle eu raison des ambitions du géant Engie-Green ? La réponse viendra de la cour administrative d’appel de Nantes.
La juridiction consacrait son audience de ce mardi 24 mai à l’appel formé par le promoteur contre le véto mis au projet, le 26 mars 2021, par le préfet de la Sarthe. L’occasion pour le rapporteur public de la 2e chambre de rembobiner un feuilleton dont le premier épisode remonte au 22 décembre 2016, date de dépôt du dossier de demande sur le bureau du préfet. Et coup d’envoi d’un parcours d’obstacles pour le promoteur.
En plus d’une forte opposition de la population locale, rassemblée sous la bannière de l’Adesaa (Association de défense de l’environnement de Saint-Aignan et alentours), les avis défavorables se multiplient : ceux des deux commissaires-enquêteurs (en 2017 puis 2020), du Conseil départemental, de l’Architecte des Bâtiments de France… Tous pointent les « atteintes au patrimoine » local. Mais aussi « l’insuffisance de trois photomontages » présentés par Engie-Green pour simuler la visibilité des éoliennes des hameaux.
Deux motifs qui fondent le refus du préfet. À bon droit aux yeux du rapporteur public. Le magistrat, dont l’avis « oriente » l’analyse des juges, juge l’impact sur les communes de Saint-Aignan et Courcival caractérisé. « 84 monuments classés sont recensés dans un périmètre de 20 km » souligne-t-il. Il considère par ailleurs que les angles des prises de vue des photomontages ont pu nuire « à la bonne information du public. » Deux bonnes raisons, à ses yeux, de confirmer le refus d’autorisation. La décision, mise en délibéré est attendue le 10 juin