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Neufchâtel-en-Saosnois. La clientèle touristique des Étangs ne devra pas faire défaut cet été... |
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Julie et Xavier Frénot, souhaitent un large retour des touristes sur le territoire. © Le Maine Libre
Julie et Xavier Frénot sont en pleine réflexion sur l’avenir de leur entreprise l’hôtel-restaurant des Étangs de Guibert, et le restaurant de pizzas et burgers, gîtes Chez Julie.
Vendredi dernier, le couple a à nouveau pu accueillir ses clients. Un soulagement puisque l’activité de vente de plats à emporter mise en place sur les deux sites n’a pas généré un gros chiffre d’affaires, même si elle a permis au couple de maintenir le lien avec leur clientèle en faisant partager leur professionnalisme culinaire.
« Le compte n’y est pas »
Beaucoup de clients sont venus se régaler dès l’ouverture de nos portes, et cela dans un élan de solidarité et nous les remercions pour leur fidélité. Mais le compte n’y est pas car les réservations pour la semaine qui vient ne sont pas au rendez-vous et sont décevantes sur les deux sites. En période estivale, nous avons 90 % de touristes étrangers, Anglais, Belges, Allemands, etc. Cette année va être une année blanche et il nous faut tenir pour atteindre 2021, ça va être compliqué
, explique Xavier Frénot.
Les lieux réaménagés
Sur les deux sites, Julie et Xavier Frénot disposent de grands espaces pour respecter le protocole sanitaire dans de bonnes conditions, tout en perdant 50 % de capacité d’accueil. Aux Étangs de Guibert, ils ont décidé de faire usage de la grande salle pour le service de tous les jours, bien qu’elle n’ait pas vocation à cette affectation puisqu’habituellement réservée à l’accueil de mariages, séminaires, anniversaires, etc. Des prestations dont nous ne parlons plus au regard de l’accueil maximal de dix personnes, cette activité à cette période de l’année nous fait grand défaut, et quand pourra-t-elle reprendre ?
, s’interroge Xavier Frénot.
Du personnel en chômage partiel
Nous avons repris seuls, mon épouse et moi. Le personnel est en chômage partiel, nous n’avons pas suffisamment de visibilité pour revenir à l’historique de notre activité, les charges doivent être limitées au maximum
, informe le propriétaire.
Ainsi, le couple a dû réunir son personnel pour l’informer de la situation dans laquelle se trouve l’entreprise : Ils ont compris. Nous ferons un bilan fin août, mais nous tablons d’ores et déjà sur une perte de près de 400 000 €, et notre assurance nous a fait gracieusement un chèque de 500 € en dédommagement, alors que nous versons 13 000 € de cotisations à l’année. Il faut que les assurances donnent un coup de pouce pour nous aider à traverser cette crise.
Et de préciser, en sa qualité de président de l’association des 19 Bonnes tables sarthoises : L’apprentissage a été dévalorisé dans notre profession. Il y a trois ans, je comptais une dizaine de candidatures pour la partie restauration, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et pour le service en salle, je n’ai pas une demande, et sans formations comment allons-nous pouvoir transmettre nos établissements ? On a beaucoup dévalué nos métiers avec des règles de formation trop rigides, horaires, travaux, etc. On se trompe sur l’objectif à atteindre en offrant des aides financières à l’apprentissage, mes collègues sont dans le même cas de figure.
Les Étangs de Guibert et Chez Julie. Tél. 02 43 97 15 38.et 02 53 48 08 54.