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Montval-sur-Loir. Le Vendée Globe, prétexte à l’inclusion... |
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Les enfants de l’unité externalisée de l’IME devant la fresque réalisée à l’occasion du Vendée Globe. © Le Maine Libre
Une unité IME intégrée à l’école élémentaire Point du jour, à Montval-sur-Loir, permet à des enfants handicapés d’avoir des temps communs avec leurs camarades. Cette année, elle travaille avec les CM2 sur le Vendée Globe.
L’école du Point du jour, à Montval-sur-Loir, accueille depuis six ans dans ses murs une unité d’enseignement externalisée de l’IME. L’occasion pour ces enfants de 6 à 12 ans, déficients intellectuels, de côtoyer les écoliers lors de temps communs comme la cantine, la récréation ou encore des sorties pédagogiques.
La crise sanitaire liée au Covid-19 a rendu plus difficile ces moments, le brassage des classes étant fortement déconseillé. L’enseignant de l’IME, Jean-Baptiste Poirrier, a donc proposé à sa collègue de CM2 un projet autour du Vendée Globe.
Nous avons créé un blog auquel ont accès les élèves et leurs parents et sur lequel nous déposons différents travaux et messages
, explique l’enseignant. «
Virtual regatta, Et chaque classe participe à la course virtuelle, la
avec son propre bateau.
Nous sommes à une journée d’avance sur les CM2
», annonce-t-il un brin fier.
En classe, les élèves en situation de handicap apprennent le vocabulaire de l’océan, ce qui flotte et ce qui coule, la géographie en positionnant les pays sur une carte du monde, la météorologie avec les vents… qui s’avère fort utile lorsqu’ils se retrouvent, le lundi, pour leur projet voile sur le lac de Marçon. C’est surtout un bon moyen de favoriser le collectif. Les enfants de l’unité ont en fonction de leurs impératifs médicaux peut de moments ensemble. Cela fédère le groupe
.
Makaton
L’autre objectif et peut-être le plus important, c’est l’inclusion. Eliott, en CM2 le dit d’ailleurs très simplement : Parce qu’ils sont handicapés, on les regarde parfois différemment. Pas dans notre école mais en dehors. Il y a des gens qui ne veulent pas les accepter
. Lui trouve ça super
d’échanger avec l’unité IME. On s’apprend des choses mutuellement et on apprend à se connaître. Quand on se voit à la cantine, on se fait des coucous, parce que tous n’arrivent pas à s’exprimer comme nous
.
De fait, deux élèves de Jean-Baptiste signent pour se faire comprendre. L’un d’eux, Sam, a posté une petite vidéo en Makaton (langue des signes simplifiée) sur le blog de l’école qui a fait le buzz. Elle a suscité beaucoup de commentaires élogieux de parents des CM2, Sam est d’ailleurs devenu la coqueluche de leurs enfants. Et pour le remercier de sa vidéo, ils ont eux aussi appris à dire quelques mots en Makaton.
Le droit d’être à l’école
Léna, la camarade d’Eliott, ne comprend pas non plus le regard différent porté sur les personnes handicapées. Ce sont des humains, leur handicap ne change rien, ils ont le droit d’être à l’école comme tout le monde
, estime-t-elle. La fillette a, grâce à ce projet, découvert le Vendée Globe, « je suis à fond dedans. Cette course me surprend. Ils sont seuls sur leur bateau, je trouve que ça demande beaucoup de courage surtout qu’ils ont dû quitter leur famille. D’ailleurs, si vous pouviez rappeler aux gens de cliquer sur
Initiatives cœur ce serait super. C’est le bateau de Samantha Davies. Même si elle a dû abandonner la course, elle poursuit le tour du monde pour sauver des enfants qui ont des problèmes de cœur et qui ne peuvent pas se soigner car ils n’ont pas assez d’argent
».
L’apprentissage de la tolérance et de la différence
L’Adapéi a externalisé treize unités d’enseignement dans des écoles, collèges et lycées à Montval-sur-Loir mais aussi au Mans, Coulaines, Sillé-le-Guillaume, La Flèche, Le Lude et Yvré-l’Evêque.
La première date de 1991, c’était au Mans à l’école Gérard Philipe se souvient Patrick Courtois, directeur du pôle enfant-adolescent de l’Adapaéi de la Sarthe. L’objectif, renforcé depuis par différentes lois, était que les enfants reconnus déficients intellectuels puissent être avec des jeunes de leur âge dans une école, qu’ils ne soient pas dans des lieux à part
.
Cela nécessite un soutien éducatif important qui justifie le petit effectif de la classe, entre huit et dix élèves maximum. Chaque enfant a un programme personnalisé et adapté, établi en partenariat avec l’enseignant, la famille et l’équipe thérapeutique. L’enfant partage son temps entre la classe, le groupe d’activités et les thérapeutes, un planning qui peut évoluer en fonction de ses besoins. Ils sont des élèves à part entière, insistent les différents partenaires.
Sur des temps précis comme le déjeuner ou les récréations, les jeunes de l’IME rejoignent les élèves de l’établissement scolaire qui les accueille. Ils peuvent aussi avoir des activités communes. C’est le cas à l’école Point du jour de Montval où les CM2 et les jeunes de l’IME de la classe de Jean-Baptiste Poirrier se retrouveront au lac de Marçon pour des cours de voile.
Fabien Maisonneuve, directeur de l’école Point du Jour de Montval-sur-Loir, voit un intérêt partagé aux unités d’enseignement externalisées. Lorsque nous avons présenté ce projet aux représentants des parents d’élèves lors du conseil d’école, il n’y a eu aucune réticence. Sur la cour, tout le monde se mélange. C’est un moment essentiel pour nos élèves qui découvrent, pour certains, ce qu’est le handicap. C’est un apprentissage de la tolérance, du respect et de la différence
. Ces moments de partage leur permettent d’avoir moins peur du handicap, ils ont une ouverture d’esprit qui leur permettra d’être plus tolérants demain
, observe Patrick Courtois.
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