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Météo et pouvoir d’achat grèvent la saison touristique en Pays de la Loire... |
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Le retard à l’allumage de la saison estivale a plombé les chiffres d’affaires du tourisme, notamment sur le littoral, comme ici aux Sables-d’Olonne (Vendée). © Archives Zeïnaba Diallo / Ouest-France
Les professionnels du tourisme dressent un bilan provisoire de l’été 2024 dans les Pays de la Loire. Après un début timide, obéré par les élections et un ciel menaçant, le mois d’août a été conforme aux attentes.
« Cette météo défavorable au mois de juillet a posé problème pour le démarrage de la saison. » Franck Louvrier, le vice-président de la région Pays de la Loire délégué au tourisme, pointe deux autres facteurs négatifs qui ont pesé sur la saison touristique estivale : « Les week-ends d’élections et la baisse du pouvoir d’achat. »
« Une saison honorable »
Pour l’Observatoire régional du tourisme, les résultats de l’été 2024 sont comparables à ceux précédant la crise du Covid. « Une saison honorable », commente Pierre Sabouraud, président du Relai territorial des offices de tourisme en Pays de la Loire. « Les années 2022 et 2023 étaient exceptionnelles », relativise Franck Louvrier.
Le maire de La Baule (Loire-Atlantique) et élu régional veut croire à une excellente arrière-saison : « Avec des consommateurs qui ont des moyens et plus de temps. » Cécile Onillon-Patron, responsable du tourisme chez Solutions & Co, l’agence de développement économique de la Région, abonde : « Les réservations d’octobre sont bonnes, en hausse de sept points par rapport à 2023. »
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Campings détrempés
Côté camping, l’enthousiasme d’un « week-end de l’Ascension exceptionnel » a été vite douché par la pluie. « Des emplacements ont été fermés parce que les terrains étaient impraticables, rappelle Nicolas Charrier, président de la fédération régionale de l’hôtellerie de plein air. La saison a vraiment débuté lors de la première semaine d’août. »
Les terrasses ont trinqué
« Près de 67 % des hôteliers, restaurateurs et cafetiers adhérents à l’Umih ont enregistré une baisse de 30 à 10 % de leur chiffre d’affaires », éclaire François Taillandier, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). Le littoral a particulièrement souffert ; restaurants de plage et terrasses ont été à la peine.
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Budget resserré
Signe de la baisse du pouvoir d’achat, le panier moyen des touristes s’établit en dessous des standards de l’an dernier, selon 47 % des professionnels sondés par l’Observatoire régional du tourisme.
« Les locations saisonnières meublées ont bien fonctionné, observe Franck Louvrier. Elles disposent d’une cuisine, ce qui permet aux locataires de ne pas dépenser au restaurant. »
Les villages vacances ont fait le plein en août. « Mais les gens font leur popote et n’activent pas les options additionnelles », comme les animations et excursions, remarque Véronique Croué-Guellerin, pour l’Union nationale des associations de tourisme.
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Les JO comme vitrine pour les années à venir
Les professionnels n’ont pas constaté d’effet Jeux olympiques, même pas à Nantes (Loire-Atlantique), ville hôte du tournoi olympique de football. Néanmoins, l’événement constitue « une campagne de communication planétaire pour le France, souligne Franck Louvrier. Cela produira des effets sur les trois ou quatre années à venir ».