|
Loi Duplomb : des positions tranchées en Sarthe... |
1
La loi Duplomb prévoit la possibilité de déroger à l’interdiction d’utiliser un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, l’acétamipride, pour un usage précis. © Archives CO - Marie DELAGE
La loi Duplomb continue à faire couler beaucoup d’encre. Dans la campagne sarthoise, des agriculteurs victimes des pesticides se dressent face à ce projet de loi. D’autres l’acceptent favorablement.
 Il est décédé en 2019, deux ans après être tombé malade.Â
L’agriculteur sarthois est mort d’un glioblastome, une tumeur cérébrale, reconnue maladie professionnelle. Un cancer causé par les pesticides utilisés sur son exploitation. Son épouse et sa fille ont accepté de témoigner. Pour elles, la loi Duplomb représente une marche arrière inquiétante.  On avait arrêté l’acétamipride (un insecticide néonicotinoïde, NDLR) et on souhaite maintenant le réintroduire. Ce n’est pas normalÂ
, réagit la mère de famille. Elle travaillait dans l’exploitation familiale avec son mari. Ils y faisaient de la polyculture, de l’élevage de volailles, de vaches laitières et allaitantes.  Il n’y avait que la moitié de l’exploitation qui était en culture, on utilisait les produits autorisés pour le maïs et le blé. C’était des produits recommandés, des herbicides, des fongicides…Â
+ Loi Duplomb : le débat se poursuit après le vote à l’Assemblée nationale
« Il faut absolument que ça s’arrête »
Les deux femmes espèrent un changement de cap du gouvernement. Il faut absolument que ça s’arrête. Pour moi, il y a d’autres solutions.
C
’est plutôt les autres pays européens qu’il faut remettre sur la même ligne.Â
Une pétition demandant l’abrogation de la loi, a déjà reçu deux millions de signatures. Parmi les dispositions de la loi, des projets d’élevage et de bassines agricoles et les contrôles de l’Office français de la biodiversité.
La fille de cette famille d’agriculteurs tient à protéger un milieu qui l’a vue grandir.  Il ne faut pas accabler les agriculteurs, le jour où on ne produira plus assez en France on mangera des produits qui viennent de loin, encore plus pollués.Â
Sa mère poursuit :  Les paysans ont envie de bien faire et de bien travailler mais ils ont besoin d’être accompagnés. On s’est beaucoup adaptés à toutes les réglementations, si on leur en donne dans le sens de l’écologie, ils iront.Â
Au-delà des maladies que les pesticides provoquent, l’agricultrice à la retraite s’inquiète pour le moral de ses pairs.  C’est très dur pour eux, ce sont des travailleurs et ils méritent un salaire. Attention je ne parle pas de l’agriculture intensive. Mais si on les attire par l’argent ils y viendront aussi. L’écologie, ça ne se fera pas sans eux.Â
« Moins de pertes de rendement »
Dans la Sarthe, des personnes comme Étienne Fourmont ne sont pas du même avis. Pour ce dernier, la loi Duplomb n’aura que peu d’impact sur l’agriculture française.  Ce n’est pas ça qui va améliorer le revenu des agriculteurs. Ça nous met juste sur un pied d’égalité dans les différents domaines de la loi sur nos voisins européens avec lesquels on est en concurrence.Â
Installé à Viré-en-Champagne, l’agriculteur sarthois est très présent sur les réseaux sociaux, où il lutte contre les idées reçues sur le milieu agricole.
La réintroduction proposée de l’acétamipride n’aura d’impact que pour les producteurs de betteraves et de noisettes selon  l’agri youtubeurreÂ
.  Personnellement je n’en ai jamais utilisé, ça ne me concerne pas. Mais si les agences sanitaires l’autorisent, c’est qu’elles ont les données pour l’autoriser pour l’instant. Ça aidera juste les agriculteurs à avoir moins de pertes de rendement.Â
À ceux qui sont tombés malades à cause de ces produits, le professionnel répond :  C’est un sujet passionnel, dans le débat il n’y a plus rien de rationnel. Je suis désolé de ce qui leur arrive mais les produits qu’ils ont utilisés il y a vingt ans et ceux qu’on utilise aujourd’hui, ce ne sont plus les mêmes.Â