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Locaux délabrés et squattés sur cette avenue du Mans : la Ville, en quête d’un projet, met la pression au propriétaire... |
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La friche située au carrefour de l’avenue Bollée et de la rocade, au Mans (Sarthe), doit être sécurisée par son propriétaire, intime la Ville. © Ouest-France
Avenue Bollée au Mans (Sarthe), la friche désaffectée et squattée de l’ancien site Heulin-Sogéa reste ancrée dans le paysage. La Ville vient d’établir un procès-verbal provisoire constatant l’état d’abandon manifeste des lieux. L’objectif ? Inciter son propriétaire à sécuriser le site. Et derrière, accélérer sur un projet de logements.
C’est une des verrues « emblématiques » du Mans (Sarthe). Depuis des années, au carrefour de l’avenue Bollée et de la rocade, les locaux désaffectés de l’ex-site Heulin-Sogéa font tache dans le paysage. Au grand dam de la Ville, qui aimerait voir un tout autre tableau se dessiner pour cette entrée qui mène au centre-ville. D’autant que l’avenue Bollée se refait une beauté, dans le cadre du chantier des Chronolignes.
Pour l’heure, rien ne bouge pour cet espace, composé de deux habitations en bordure d’avenue, ainsi que de locaux industriels à l’arrière. Des bâtiments tagués, aux entrées murées et aux vitres cassées, dont l’accès est censé être restreint par des barrières éventrées. L’endroit, connu pour être squatté, a été touché par un incendie en avril 2024, posant ainsi des questions de sécurité.
Des projets refusés par la Métropole
Cette parcelle, comprise entre l’avenue Bollée et la rue de Vaugauthier, est la propriété de la BNB Bollée, dirigée par Didier Grespier, fondateur du groupe BBFD. Ce dernier a notamment réalisé le village des commerçants de La Pointe, le long de rocade sud. L’entrepreneur, que nous n’avons pas réussi à joindre, a pourtant présenté des projets à la collectivité : un hôtel de 70 chambres et une pizzeria, notamment, comme le promoteur l’avait dévoilé à nos confrères du Maine libre, en décembre 2023.

Les barrières, censées interdire l’accès de la friche, avenue Bollée au Mans (Sarthe), sont éventrées. Ouest-France
Refus de Le Mans Métropole, qui possède un droit de veto sur tout projet d’urbanisme dans ce périmètre de sursis à statuer, en raison du chantier des Chronolignes.  À cet endroit, nous souhaitons du logementÂ
, maintient Christophe Counil, adjoint à l’urbanisme et conseiller communautaire, délégué aux grands projets d’urbanisme. En ce sens, un dossier porté par un promoteur est dans les cartons. « Il reste encore des détails à régler autour de la programmation, c’est-à -dire établir quel type de logement pour quel public
, indique l’élu. C’est un dossier que nous accompagnons de manière motivée. Les discussions avancent bien.
 »
La menace de l’expropriation
Pour autant, le site continue de se dégrader. Ainsi, la Ville a dressé en cette mi-janvier 2026 le procès-verbal (PV) provisoire  constatant l’état d’abandon manifeste
 » des lieux. Une décision qui ordonne au propriétaire de réaliser une série de travaux :  mise en place d’une clôture efficace pour enrayer les intrusionsÂ
,  rénovation des ouvertures (huisseries, menuiseries, vitreries)Â
,  enlèvement de graffitisÂ
,  évacuation de détritusÂ
etc.
Le propriétaire dispose de trois mois pour réaliser ces travaux, sous peine que soit établi un PV définitif d’état d’abandon. Une mise en garde, qui pourrait avoir cette conséquence :  Le conseil municipal pourra alors décider de poursuivre l’expropriation de la parcelle au profit de la commune, d’un organisme ou d’un concessionnaire ayant vocation à réaliser une opération d’aménagement prévue par le Code de l’urbanisme.Â