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Les mémoires d’une enfance de la Guerre 39-45... |
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Cahier en main, Marie-Thérèse Hermenault, devant son jardin à la ferme de la Digeonnerie. © Ouest-France
Marie-Thérèse Hermenault, se souvient du jour de la libération de son village et raconte les écrits dans le cahier de Bernard, son mari.
Elle ne manque aucune cérémonie de la commémoration de la libération de son village natal de Louvigny où elle est née le 25 juillet 1932, et celui d’Ancinnes où, après avoir épousé Bernard Hermenault, en 1953, Marie-Thérése, s’est installée à la ferme de la Digeonnerie, et elle ne veut pas que l’histoire s’oublie. Âgée aujourd’hui de 92 ans, de son enfance à l’âge de 12 ans, de la journée de la libération le 11 août 1944, elle se souvient :  nous étions réfugiés dans une tranchée que mon papa avait faite à la ferme de Beauvais, où nous étions avec d’autres habitants, ensuite après les combats, nos parents nous ont rapatrié dans le bourg de Louvigny chez nos grands-parents, où il y avait une voiture allemande en feu dans le garage, explique Marie-Thérèse Hermenault. Nous, les quatre enfants, nous sommes restés chez nos grands-parents et nos parents sont repartis dans notre ferme de l’Aubépine, pour traire les vaches qui n’avaient pas été traites depuis 24 h, et déblayer les animaux morts dans les accrochages entre l’ennemi et les alliés, de cette vision, nos parents voulaient nous en protégerÂ
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Des souvenirs pleins d’émotions
Bernard Hermenault, disparu, ne voulait pas que l’on oublie l’histoire d’un homme à qui l’on a volé sa jeunesse. C’est dans un cahier qu’il a consigné ses souvenirs de la guerre avec d’autres témoins, et que Marie-Thérèse se fait un plaisir de prêter ci et là ,  contre les blindés allemands répartis au sud du bourg d’Ancinnes et, en particulier, sous les noyers de notre ferme la Digeonnerie, la maison d’habitation sera atteinte par les obus qui l’ont traversée de part en part mais elle n’a pas brûlé, écrit Bernard Hermenault. Par contre la grange située à droite fut la proie des flammes, et les trois chars allemands embusqués sur ce point défensif prirent la fuite en direction de la GrouasÂ
. C’est par ces mots que résume Bernard Hermenault, une partie de la libération de sa commune.
Une fierté bien affichée
Durant cette journée du 11 août, une grande agitation se fait ressentir dans le village. Vers midi, tout Ancinnes se trouve envahi parce qu’il reste de l’artillerie allemande. Durant cette journée, les soldats Gaston Fiévet, Gilbert Gobillot, Léon Pagnoux et Dominique Missoffe, perdront la vie. La famille Poirier, réfugiée de Saint-Germain-du-Corbéis (Orne), est aussi touchée. Le père et trois enfants âgés de 2,3 et 15 ans, sont tués par un obus. Une cinquième personne est tuée dans les mêmes circonstances, il s’agit de Marie Huet.
Dimanche 11 août, à 9 h, cérémonie à la stèle de la 2e D.B. Lieu-dit Geneslay.