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Le Mans. Patience et travail pour le rappeur Susanoo... |
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Susanoo voit sa promo stoppée nette, une nouvelle fois, par le confinement. © Sarah Zohra
Le festival Bebop est annulé, mais Ouest-France vous le fait vivre. Le Manceau avait plusieurs dates importantes au mois de novembre. Une nouvelle fois, la présentation de son nouveau projet est retardée.
Stoppé en plein élan. Pour la seconde fois. Pourtant, Susanoo semble rester impassible dans la voix.  Il faut relativiser
, lance-t-il au téléphone, d’un ton très posé. Je ferai autrement. Des choses sont reportées. Je me dis que d’autres sont dans des situations plus compliquées, je pense aux intermittents et aux étudiants.Â
Une situation qui lui collerait presque la peau. Susanoo est rappeur. Et également étudiant en biologie. Susanoo devait se produire lors du festival du Bebop du Mans avant qu’il ne soit annulé en raison du reconfinement.
À 23 ans seulement, le jeune Manceau a déjà un sacré parcours. Celui du courage d’abord. Pour allier passion musicale et études,  j’ai travaillé dans l’hôtellerie, comme réceptionniste de nuitÂ
. Un job étudiant qu’il a dû arrêter avec le premier confinement. Mais il en faut plus pour décourager l’autodidacte. Déjà , ado, il raconte qu’il était tenace.  À force de réclamer un piano pendant des mois à la fin du collège, mes parents ont fini par m’offrir un clavier à Noël. Je m’y suis mis.Â
Il a travaillé avec Ninho et YL
Au lycée Touchard, il s’isole dans la salle de musique et s’entraîne sur le piano droit.  Ça a été les années des rencontres. Avec les copains, nous avons pu profiter d’ateliers d’écriture. Avec Ineige, j’ai commencé mes premières compositions et elle chantait mes textes.Â
Au fur et à mesure, le Manceau multiplie les expériences, les ateliers, les collaborations.  Les sections instrumentales que je pouvais trouver ne me plaisaient pas, alors je me suis mis au beatmaker.Â
Cette nouvelle corde à son arc va l’amener à des collaborations extraordinaires et à produire des titres notamment pour Ninho, YL et Maes.  Des singles ont été disque or et double platine. C’est un palmarès qui donne de la légitimité à mon travail et qui, du coup, m’a aussi apporté d’autres opportunités. On m’appelle. Je me déplace à Paris. Et j’ai monté ma boîte de production.Â
Pas de quoi en vivre. Pour le moment.  Je suis étudiant. J’ai toujours voulu continuer, peut-être pour obtenir quelque chose de plus sécurisant que la musique.Â
Le mini-album encore reporté
Et 2020 devait être son année. Celle où il devait vraiment se lancer, lui. Un EP, des clips. Tout aurait dû être prêt pour la fin du printemps. Les dates étaient prévues, les tremplins pour donner de la lisibilité à son projet. Et comme tout le monde, le rappeur a dû reporter.  À la sortie de la crise, on avait bien repris le rythm
e
, raconte-t-il. On s’est organisé sur les réseaux pour nous donner plus de lisibilité. L’idée, c’était de tout blinder pour sortir l’EP comme il faut.Â
Bam. Rebelote. Novembre était un mois de lancement pour Susanoo qui venait de signer avec un label.  On fera autrement
, reprend-il, philosophe.Cette fois, j’ai investi dans du matériel à la maison, je suis mieux préparé pour ce confinement, je vais pouvoir travailler.Â
Le projet est replanifié, une nouvelle fois.  Mais je suis très actif sur les réseaux, notamment sur Insta (susanoo.off). On peut me suivre, voir et entendre des extraits. Ça me donne du temps pour être encore mieux préparé !Â