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Le Mans. La Visitation a un an et garde le cap !... |
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Franck Artuit et Christophe Billot, les deux promoteurs de La Visitation. La crise sanitaire est passée par là , mais leur complicité est toujours en bonne santé. Un court moment de rigolade partagé sur le manège, ouvert aux enfants chaque jour, même le dimanche. © Ouest-France
Un anniversaire sans bulles ni bougies ! Covid, confinement et un virus qui dure… Il faut qu’ils aient les épaules solides et un mental en acier, les deux promoteurs. Rencontre.
Entretien avec
Christophe Billot et Franck Artuit
Propriétaires de La Visitation
Il y a un an tout juste, vous fêtiez l’ouverture de La Visitation, ancienne prison pour hommes du Mans réhabilitée en commerces. Dans quel état d’esprit êtes-vous un an plus tard, après deux mois et demi de confinement et un virus toujours présent ?
Christophe Billot (long silence). On s’en remet aux mesures gouvernementales, masques, gel, mais tout cela est un handicap pour la liberté. Ces privations posent problème aux créateurs que nous sommes et pourraient bien avoir raison de mon énergie à entreprendre. On est privés de 24 Heures autos, de Le Mans Classic, de l’anniversaire de La Visitation : on devait organiser une belle fête. Ça se fera peut-être pour un peu plus tard dans l’année. Pour l’instant, on profite d’une météo clémente et d’un ciel bleu sans nuage. Mais je crains l’averse de novembre… C’est le rôle des promoteurs finalement, de s’inquiéter à la place des autres (sourire).
Franck Artuit. Nous avons un gros patrimoine sur les épaules, c’est vrai, mais l’opération commerciale se termine avec un endettement raisonné et raisonnable. Mais on va mettre quelques années à payer quand même.
Les commerçants de La Visitation sont optimistes. Les clients sont revenus depuis la réouverture mi-mai et leurs commerces vont bien. De bon augure, non ?
Franck Artuit. Ce que cette première année insolite nous montre, c’est que notre singulier casting de commerçants est un casting gagnant ! On a très peu de gens mécontents. À la majorité des commerçants, nous avons offert les loyers pendant le confinement. Le site était stoppé dans son dynamisme, c’était notre rôle de bailleurs. On ouvre bientôt l’hôtel 4 étoiles (lire ci-dessous). Nous verrons si nous avons raison d’ouvrir en plein Covid. Les travaux de réhabilitation de la prison des femmes sont démarrés. Sept logements, dont il reste cinq à commercialiser : deux maisons en duplex avec jardin ; un loft sous combles de 230 m2 ; un loft dans l’ancien chemin de ronde et une maison de 200 m2. On vend les plateaux nus, 2 100 € le m2.
Christophe Billot. Tout le monde a repris du service le 11 mai, avec les contraintes sanitaires. Certains sont même restés actifs pendant le confinement : livraison à domicile, Le camion de mamie (food truck) est resté ouvert depuis décembre. Ces commerces se portent bien parce que les clients sont là et dépensent.
Pas d’anniversaire en grandes pompes pour l’instant, mais des projets. Un spectacle son et lumières à Noël !
Christophe Billot. Nous avons été coupés dans notre élan. On nous a livrés en juin, une scène avec grand écran commandée en janvier. Quand le Covid sera passé, elle sera ouverte aux artistes locaux pour des concerts, des lectures, des spectacles d’humour… Les concerts du samedi avant le confinement, c’était une centaine de personnes debout devant la scène. Un tremplin musical encouragé par la Région.
Franck Artuit. À l’initiative de la Région et avec le concours de la Ville du Mans, on présentera Lucia pendant trois jours durant les fêtes de Noël. Un spectacle sons et lumières projeté sur les façades intérieures de La Visitation. Ça s’est déjà fait à Angers et Nantes, et le public adore.
Où en est la réhabilitation des appartements dans les étages de La Visitation ? Et à quand la fin des travaux de la tour Renaissance ?
Christophe Billot. Les 52 appartements sont vendus. Le groupe parisien François 1er a stoppé les travaux pendant le confinement, repris en juillet, et stoppé à nouveau en août pour les vacances. C’est ennuyeux pour nous, on est dans la poussière, dans le bruit… Et le retard pris, c’est au moins une centaine de personnes qui résident là qui pourraient consommer chez nous.
Franck Artuit. La tour Renaissance, ce n’est pas à nous. Le promoteur, c’est Kaufman and Broad. L’habillage de la façade sera terminé fin octobre, normalement.