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Le Mans. Conflit entre gens du voyage : une caravane brisée... |
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Les quatre suspects étaient absents à l’audience, mercredi 19 juin. © Archives Le Maine Libre
Quatre hommes issus des gens du voyage sont soupçonnés d’avoir détruit la caravane d’une famille issue d’un autre camp, à Villaines-sous-Malicorne, le 24 décembre 2018. Le jugement sera rendu le 3 juillet 2019.
D’un côté, les quatre prévenus, absents à l’audience de ce mercredi 19 juin. De l’autre, les victimes, un couple et leurs deux enfants. L’homme porte le même nom de famille que ceux qu’il accuse.
Difficile de savoir si ces deux familles ont un lien. Ce qui est sûr, c’est qu’un conflit entre eux date de dix ans.
Caravane détruite à coups de serpettes
Après une longue accalmie, la bisbille a donc resurgi. Sans vraiment comprendre pour quelles raisons, un soir de Noël, le 24 décembre 2018. La victime et son épouse accusent les quatre hommes d’avoir détruit leur caravane à coups de serpettes.
Une belle caravane de 3 mètres de long. Les prévenus nient et font justifier leur absence à l’audience par leurs avocats, en raison de menaces et d’intimidations de la famille des victimes.
Plusieurs témoignages contredisent les dépositions des prévenus et confirment les propos du couple. « Dans cette histoire, tout le monde raconte n’importe quoi, d’un côté comme de l’autre », considère l’avocate d’un suspect.
Les trois avocates (l’un d’eux n’est pas représenté) vont d’ailleurs s’évertuer à semer le doute sur la culpabilité de leur client, en remettant parfois en cause leur présence sur le camp au moment des faits.
« J’étais avec mon bébé dans les bras »
« J’étais avec mon bébé d’un an dans les bras et mon petit garçon de 5 ans dans la caravane, raconte la femme du couple. Mon petit pleurait, la caravane secouait de partout, les carreaux étaient cassés. J’ai cherché mes clefs de voiture et je suis sortie avec mes deux enfants. J’ai pris ma voiture et je suis partie. »
À cet instant, son mari n’était pas sur place. Il venait d’être placé en lieu sûr par les gendarmes, prévenus en amont. Il n’a donc rien vu. « S’il n’y avait pas eu les gendarmes, j’étais mort », dit-il.
« Un passif entre les deux familles »
En revenant sur les lieux avec les forces de l’ordre, sa caravane est détruite et les quatre suspects ont levé le camp.
« Il y a des scènes de violence évidente, de violence physique, avec une forte alcoolisation, un soir de Noël, et un passif entre les deux familles », rappelle le procureur. « Les faits sont établis par le parquet. Beaucoup de témoignages vont dans ce sens. Le niveau de violence est relevé par les gendarmes dans le procès-verbal et les dégradations corroborent les déclarations. La caravane de ce couple est complètement explosée. »
Il réclame 8 mois ferme pour chacun des prévenus et une indemnisation des victimes. Le jugement a été mis en délibéré, le 3 juillet.