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Le Mans. Ce qu’il faut savoir sur le retour du parking payant à l’hôpital... |
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La direction de l’hôpital relance le projet suspendu il y a deux ans. Objectif : chasser les voitures ventouses et libérer des places de stationnement, difficiles à dénicher en journée. © Ouest-France
À compter du lundi 4 octobre 2021, il faudra payer pour se garer à l’hôpital du Mans (Sarthe). Utile ? Injuste ? La mesure, annoncée il y a deux ans avant d’être repoussée, fait toujours polémique.
Le stationnement va redevenir payant, pour les usagers, sur le parking de l’hôpital du Mans (Sarthe) à partir du lundi 4 octobre 2021. On fait le point sur la situation.
Pourquoi la mise en place du stationnement payant à l’hôpital a-t-elle pris autant de retard ?
Initialement, la mesure devait entrer en vigueur le 4 novembre… 2019. Raisons d’un tel délai ? Retard dans la livraison de nouveaux bâtiments, Covid, élections municipales, changement de direction à la tête du centre hospitalier. Et opposition d’un collectif, qui, depuis deux ans, interpelle régulièrement le directeur de l’hôpital et le maire du Mans, président du conseil de surveillance de l’établissement.
Aujourd’hui, ce projet polémique se pose de manière d’autant plus aiguë que l’ambulatoire se développe. Et que le pôle de cancérologie de la Sarthe s’installera l’an prochain rue de Degré, ramenant des bataillons de malades et de soignants. Donc de voitures.
Tous les parkings seront-ils payants ?
L’hôpital compte cinq parkings. Les P1 et P2, côté avenue Rubillard, seront payants, ainsi qu’une partie du P3, de l’autre côté de la voie du tramway, côté caserne des pompiers. Une section de ce grand parking sera réservée au personnel. Quant aux parkings de la rue de Degré, l’un va rester gratuit pour tout le monde, l’autre reste réservé aux agents de l’hôpital. Tous les professionnels, y compris les étudiants en cours ou en stage, seront équipés d’un badge d’accès.
Quels seront les tarifs ?
La gratuité de la première heure est actée, mais hôpital et mairie négocient toujours les détails de la tarification, qui sera dégressive. La proposition serait la suivante : après la période de gratuité, 1,30 € la première heure, 3 € pour trois heures, 5 € pour huit heures. Montants quasi identiques à ceux envisagés en 2019 (2,60 € pour deux heures ; 4,80 € pour sept heures) ou ceux fixés à la clinique du Pré et au Pôle santé sud, qui proposent des forfaits limitant le coût pour les patients et accompagnants.
Lire aussi : Le Mans. Parking payant à la clinique du Pré : « À certaines heures, ça reste galère »

La proximité des arrêts de tramway permet d’accéder facilement à l’hôpital. Mais incite aussi certains automobilistes à profiter du parking sans frais de stationnement. D’autant plus gênant que le parking-relais Bartholdi-Université, en bout de ligne, peine à faire le plein. Ouest-France
Quels sont les principaux arguments pour le passage au payant ?
Libérer des places en faisant la chasse aux voitures ventouses, dont les propriétaires profitent de la proximité du tramway pour filer en ville sans frais. À l’été 2019, Olivier Bossard, alors directeur de l’hôpital, évoquait une quarantaine de véhicules squatteurs. Avec parfois des caravanes et des camping-cars.
Autre argument : si on maintient la gratuité, patients et soignants vont continuer à tourner en rond, parfois pendant de longues minutes stressantes et polluantes, avant de trouver une place. Le service rendu au public en prend alors un coup.
Lire aussi : Le Mans. Ce qu’ils pensent du parking payant au centre hospitalier
Pourquoi ne pas créer d’autres places de stationnement ?
L’hôpital compte environ 2 000 places. Pourquoi ne pas en aménager de nouvelles, comme le souhaite le collectif favorable au maintien de la gratuité ? En 2019, rappelant qu’il avait déjà créé 415 places supplémentaires pour un montant de 1,6 million d’euros _ l’équivalent de trois scanners
_, le directeur de l’hôpital avançait une double réponse : il n’y a plus d’espace. Et l’argent de la Sécu doit aller dans les soins, pas dans le goudron.
Ce sont des choix politiques. S’il y avait plu d’argent pour la santé, on pourrait augmenter le nombre de places
, rétorque Philippe Keravec, porte-parole du collectif, surpris de cette décision après des mois de silence radio
: Le dernier contact avec la Ville date de février. Il était alors question d’un état des lieux et d’un calcul de la fréquentation pour avancer dans la concertation.
Quels sont les arguments des partisans du maintien de la gratuité ?
Cette taxe va gêner les plus démunis, notamment les personnes venant de zones rurales, touchées par la désertification médicale. C’est une double peine
, se désole Philippe Keravec. On ne choisit pas d’être malade. Ce n’est pas comme aller faire du shopping en ville.
Second argument : la dégradation du lien entre malades et visiteurs, l’œil fixé sur la montre. Des soignants défendent la disponibilité nécessaire
pour accompagner un malade : C’est désagréable d’avoir le chronomètre à la main. Ça va être une source supplémentaire de tracas. On risque d’entendre des malades dire à leur proche : « pardon, tu vas payer cher. » On ne doit pas raccourcir son temps de visite pour des raisons financières. Le temps n’a pas de prix.