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La Ferté-Bernard. Emploi : le chômage augmente mais moins qu’ailleurs... |
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Karine Bouhier dirige le Pôle Emploi de La Ferté-Bernard depuis deux ans. © Le Maine Libre
Malgré des perspectives négatives pour l’emploi en cette fin d’année 2020, le secteur fertois reste dynamique économiquement et certains secteurs peinent encore à recruter, malgré les moyens mis en œuvre par Pôle Emploi.
Le dernier trimestre 2020 touche à sa fin et les perspectives des chiffres du chômage ne sont pas bonnes. Fin septembre, la Sarthe comptait déjà 8 % de demandeurs d’emploi. Mais La Ferté-Bernard fait figure de bon élève dans les statistiques, l’occasion de revenir sur la situation locale avec Karine Bouhier, directrice de l’agence fertoise de Pôle Emploi.
Le Maine Libre : Comment se sont passés les derniers mois pour vous ?
Karine Bouhier : « L’année 2020 a forcément été particulière. On a réussi à s’organiser rapidement pour continuer à assurer tous les services, même à distance : pour ne pas pénaliser les demandeurs d’emploi et continuer à accompagner les entreprises à recruter.
On n’a pas forcément eu une explosion d’inscriptions à la rentrée même si c’est ce qu’on redoutait. »
Le chômage a-t-il augmenté dans le bassin fertois ?
« Il a davantage augmenté au troisième trimestre qu’au deuxième. Cela concerne plutôt des personnes qui étaient déjà inscrites à Pôle Emploi mais qui travaillaient en intérim, en CDD ou à temps partiel. Et elles ont travaillé de moins en mois voire plus du tout.
Le taux de chômage au deuxième trimestre était de 6,4 points dans notre secteur, contre 6,9 points en 2019. C’est moins qu’en Sarthe où le taux de chômage était à 7,6 % au deuxième trimestre 2020. La Ferté-Bernard est une zone dynamique au niveau économique.
Mais au niveau national, le chômage a bondi de 1,9 % entre les deuxièmes et troisièmes trimestres de cette année. On n’a pas encore les chiffres du territoire mais il y a certainement une vraie augmentation aussi, même si je pense qu’elle ne sera pas aussi importante. »
Quels secteurs de l’économie sont particulièrement touchés par cette crise ?
« L’hôtellerie-restauration d’abord, tout le milieu culturel aussi qui souffre de beaucoup de fermetures. Au niveau des autres entreprises, on voit un ralentissement dans les recrutements mais on en a toujours quand même en cours. »
Et quels sont les secteurs qui recrutent encore ?
« L’agroalimentaire continue à recruter même si c’est un peu moins que d’habitude : à la fois les grosses entreprises (Socopa, Bahier, Prestige de la Sarthe…) mais aussi les petites entreprises familiales comme ELV à Vibraye qui recrute deux bouchers industriels par exemple.
La santé et le service à la personne recrutent beaucoup aussi. On a aussi les autres industries : textile, maroquinerie de luxe…
Dans ces secteurs, même si on a un chômage élevé, on n’arrive pas à pourvoir les postes. Aujourd’hui on peut proposer des formations en groupe ou individuelle, dans les entreprises ou avec un centre de formation. On a la possibilité de mettre en place tous les parcours mais ce n’est pas forcément ce que recherchent les candidats. »
Il faut être prêt à changer de voie quand on cherche un emploi ?
« Ça dépend des secteurs ! L’idée c’est aussi de faire découvrir tous les métiers. Parfois les enfants du territoire ont l’image de ce qu’ont fait leurs parents ou grands-parents mais les métiers évoluent. Tous les mois il y a environ quatre actions #Tousmobilisés dans chaque agence pour faire découvrir des métiers qui recrutent et faire se rencontrer employeurs et candidats.
Notre rôle c’est aussi d’accompagner chaque personne à trouver sa voie, à travailler à une orientation professionnelle vers des secteurs qui les intéressent. Soyez curieux ! Souvent les personnes connaissent peu les secteurs ou les entreprises qui recrutent, on pense toujours aux mêmes. Il faut avoir la curiosité d’aller découvrir autour de chez soi, de se renseigner sur son espace Pôle-Emploi ou d’interroger ses connaissances. »
Aider les jeunes les plus défavorisés
Le gouvernement a présenté à l’automne un plan de relance pour faire face à la crise économique. Ce plan comprend un programme en faveur de l’emploi des jeunes de moins de 26 ans, « 1 jeune, 1 solution », montant le budget alloué aux jeunes pour faire face à la crise à 6,7 milliards d’euros.
À La Ferté-Bernard, comme ailleurs dans le pays, les jeunes sont particulièrement touchés par les conséquences économiques du covid-19. Chez nous, ils représentent 21 % des demandeurs d’emploi fin septembre
, détaille Karine Bouhier, directrice du Pôle Emploi fertois. C’est plus de 5 % en plus en un an.
La plateforme #1jeune1solution est lancée !
— Elisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) November 19, 2020
Que vous soyez jeune diplômé en recherche d'emploi, que vous ayez envie de découvrir l'apprentissage ou besoin d'un accompagnement pour vous aider, le plan jeunes est là pour vous.
Rendez-vous sur : https://t.co/elZYRf25KJ pic.twitter.com/NkB7197Syl
Dans ce programme, plusieurs mesures. Depuis août 2020 et jusqu’à fin janvier 2021, les entreprises ont pu bénéficier d’une aide allant jusqu’à 4 000 € pour l’embauche d’un jeune. D’autres aides sont toujours en vigueur aujourd’hui, dans le secteur public et dans le secteur privé. Dans le premier, le PEC jeunes permet à un organisme public d’obtenir une aide à hauteur de 65 % du Smic pour un jeune embauché pour une durée hebdomadaire d’au moins 20 heures avec des mesures d’accompagnement. Pour le privé, dans le cadre du CIE jeunes, ces aides peuvent monter à 47 % du Smic pour toute embauche d’une personne de moins de 26 ans et durer 6 ou 12 mois, en fonction de la nature du contrat : CDD ou CDI.
Il y a aussi des mesures de formation et d’accompagnement avec montée en compétences
, complète Karine Bouhier. Toutes ces mesures avec lesquelles nous travaillons s’adressent surtout à des jeunes en difficulté.
Sur le territoire fertois, 68.8 % des demandeurs d’emploi, tous âges confondus, ont un niveau de formation inférieur au baccalauréat. Notre leitmotiv c’est de faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin. Le portail 1 jeune, 1 solution propose des offres d’emploi sourcées et explique toutes les aides et les mesures. Les employeurs qui y sont inscrits s’engagent à étudier prioritairement les candidatures des jeunes
, rappelle la professionnelle.