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Histoire. Quand la plus ancienne colonie de vacances de France ouvre le grand livre de ses souvenirs

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photo  le réalisateur gilles cousin de retour dans la chapelle où il a tourné une scène de «la ligature», l’abbé lebreton et sa colonie de vacances, les vestiges du xiie et l’abbaye du xviie… perseigne a des milliers d’histoires à raconter.  ©  ouest-france 11

Le réalisateur Gilles Cousin de retour dans la chapelle où il a tourné une scène de «La Ligature», l’abbé Lebreton et sa colonie de vacances, les vestiges du XIIe et l’abbaye du XVIIe… Perseigne a des milliers d’histoires à raconter. © Ouest-France

L’abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle accueille une centaine de jeunes, chaque été, depuis 1923. « La plus ancienne colonie de vacances de France en activité » ouvre pour la première fois ses portes au public, ce week-end, à l’occasion des Journées du Patrimoine.

Les Pèlerinages manceaux racontent que c’est parce qu’il était trop difficile à démolir que le pignon sud de l’abbaye de Perseigne a survécu aux masses du XIXe siècle. L’anecdote appartient sans doute à la légende mais le fait est que ce beau fragment d’histoire médiévale est toujours debout.

Ce week-end, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le site de l’abbaye de Perseigne, dans la Sarthe, ouvre ses portes au public pour la première fois. Et, pour bien en comprendre l’histoire et l’organisation, un petit groupe d’écrivains, d’historiens, de réalisateurs et de grands témoins a été mobilisé. Pendant deux jours, ils seront les interprètes de ces murs qui ont beaucoup à dire.

photo le vaste site de l’abbaye de perseigne.  ©  abbaye de perseigne

Le vaste site de l’abbaye de Perseigne. Abbaye de Perseigne

« La plus vieille colo de France »

En effet, à Perseigne, deux grandes histoires s’emmêlent. Il y a la cistercienne qui débute en 1145 et s’achève à la Révolution, et la « contemporaine » tout aussi passionnante, commencée il y a bientôt cent ans. Car l’ancienne abbaye est aussi le repaire dela plus vieille colonie de vacances de France encore en activité, assurent les organisateurs.

Elle a été fondée par l’abbé Lebreton en 1923, explique Marie Jauffret, ancienne « mono », ancienne présidente de l’association Notre-Dame de Perseigne, aujourd’hui présidée par Eric Pupin, et actuelle directrice d’été avec Yannick Damien. Il souhaitait que les enfants sarthois défavorisés ou de classe moyenne puissent avoir de vraies vacances, au vert, à Perseigne. Depuis cent ans, tous les étés, sans exception, même pendant la guerre, le site a accueilli des jeunes.

photo carte postale envoyée à ses parents par georges, un jeune colon de perseigne, en août 1929.  ©  coll. particulière

Carte postale envoyée à ses parents par Georges, un jeune colon de Perseigne, en août 1929. Coll. particulière

Les visiteurs pourront donc déambuler, seuls ou avec leurs guides, entre les ruines du XIIe siècle, le vieil escalier dit « de Saint-Louis » qui mène à la petite chapelle, la glacière, ainsi que dans le ventre des bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles.

Il sera tout autant question d’Adam de Perseigne, célèbre confesseur de Richard Cœur de Lion, que des veillées endiablées des jeunes vacanciers autour du grand feu.

photo la glacière des moines se visite au bâton de lumière.  ©  ouest-france

La glacière des moines se visite au bâton de lumière. Ouest-France

Le cinéaste et réalisateur sarthois, Gilles Cousin, ancien colon assidu puis « mono », sera là, lui aussi. Il évoquera notamment le tournage à Perseigne, en 1978, d’une scène de La Ligature, l’une de ses premières réalisations, grand prix Henri Langlois au festival du film de fin d’études de Tours l’année suivante.

On a tourné là, se souvient-il en désignant les derniers bancs de la petite chapelle. Rien n’a changé… Je pourrais refilmer la scène sans toucher au décor. C’était avec la comédienne Fabienne Guyon qui n’était pas encore connue à l’époque. Elle jouait Christine Papin dans ce film qui a été très important pour moi.

photo la comédienne fabienne guyon, à perseigne, lors du tournage d’une scène du film de gilles cousin : la ligature.  ©  gilles cousin

La comédienne Fabienne Guyon, à Perseigne, lors du tournage d’une scène du film de Gilles Cousin : La Ligature. Gilles Cousin

photo souvenir du tournage de « la ligature », film de gilles cousin, à l’abbaye de perseigne en 1978.  ©  gilles cousin

Souvenir du tournage de « La Ligature », film de Gilles Cousin, à l’abbaye de Perseigne en 1978. Gilles Cousin

photo pendant le tournage de « la ligature », à perseigne, en 1978.  ©  gilles cousin

Pendant le tournage de « La Ligature », à Perseigne, en 1978. Gilles Cousin

Ce week-end, un autre réalisateur, sarthois d’origine, Cyrille Langevin, présentera aussi trois documentaires inédits sur l’histoire et l’univers cistercien.

Avec l’abbaye, on fait les maisons du pays

L’abbaye de Perseigne a été fondée par Guillaume III Talvas, une « huile » du Saosnois au temps des Plantagenêts. Une jolie légende raconte que le Ciel lui aurait soufflé l’idée en songe tandis qu’il se reposait près d’un ruisseau. La réalité est sans doute un peu plus terre à terre.

Guillaume avait des ennuis avec l’Église à ce moment-là, explique Gilles Aubert, directeur adjoint de la « colo » de 1975 à 1991. Il avait été excommunié parce qu’il avait trucidé quelques personnes. À l’époque, l’Église exigeait une pénitence religieuse mais aussi une pénitence financière. De fait, il s’est réconcilié avec l’évêque quand l’abbaye a été en chantier !

photo l’abbaye de perseigne après son réaménagement au xviie siècle.  ©  coll. particulière

L’abbaye de Perseigne après son réaménagement au XVIIe siècle. Coll. particulière

Perseigne a relativement bien traversé la période révolutionnaire. Pour elle, le grand drame s’est joué quelque temps après sa vente comme bien national. L’abbaye a alors été transformée en carrière de pierre, poursuit Gilles. Les gens venaient faire leur marché. Ils prenaient des pierres, des poutres, des tuiles… Et ils payaient le propriétaire à la sortie.

Alors forcément, à ce rythme-là, la belle abbaye s’est trouvée rapidement désossée. Entre la Révolution et la guerre de 14, toutes les maisons de Neufchâtel-en-Saosnois ont été construites avec des pierres de Perseigne , ajoute Fernand Legeard, érudit local, amoureux de son pays du Maine dont il est l’un des rares à savoir encore parler le patois.

photo gilles cousin, marie jauffret et fernand legeard discutent de l’escalier dit « de saint-louis », dans le parc de l’abbaye.  ©  ouest-france

Gilles Cousin, Marie Jauffret et Fernand Legeard discutent de l’escalier dit « de Saint-Louis », dans le parc de l’abbaye. Ouest-France

Soufflées aux quatre vents, les miettes de l’abbaye moyenâgeuse et les éléments de son mobilier se retrouvent aujourd’hui un peu partout dans les environs. L’église de Neufchâtel a notamment recueilli un magnifique lutrin, des fonts baptismaux, des morceaux de vitraux, un gisant que l’on pensait, au pays, être celui de Guillaume III Talvas…

Ce n’est pas lui !, assure Fernand. Pour la simple et bonne raison qu’aucun signe, aucun blason, ne permet de l’identifier. Pour une personne de son rang, c’est inconcevable.

« Que notre fruit demeure ! »

Le site de l’abbaye de Perseigne a conservé ses racines chrétiennes et appartient toujours au diocèse du Mans qui en laisse la gestion à l’association Notre-Dame de Perseigne garante de l’esprit du lieu. La colo est ouverte à tous, reprend Marie. Nos racines chrétiennes sont des valeurs dans lesquelles chacun peut se retrouver : l’ouverture, la fraternité, l’accueil des plus fragiles et des plus pauvres. Avec cette belle devise : « Que notre fruit demeure ! » Ce fruit, c’est l’amour.

Pour les anciens colons, Perseigne a quelque chose d’unique. Il y a un esprit particulier ici, reconnaît Gilles Cousin. Je ne saurais pas comment l’expliquer. Quand on vient à Perseigne, on y revient. On a vu souvent des enfants arriver à 8 ans et en repartir à 16. Ça a d’ailleurs été mon cas.

photo lettre de georges, un jeune colon de perseigne, au mois d’août 1929.  ©  coll. particulière

Lettre de Georges, un jeune colon de Perseigne, au mois d’août 1929. Coll. particulière

Si la magie de Perseigne opère depuis bientôt un siècle, ce n’est pas une question de luxe. L’abbaye est bien équipée mais ses intérieurs sont fatigués, ses peintures craquellent et le confort y est plutôt rustique.

Non, si Perseigne attire toujours une centaine de jeunes enthousiastes, chaque été, c’est grâce à l’imagination de celles et ceux qui la font vivre. Au fil de sa longue histoire, la colo a toujours su se réinventer.

photo carte postale montrant le grand escalier dit « de saint-louis ». si le roi est bien venu à l’abbaye en 1248, cet escalier, lui, n’était vraisemblablement pas encore construit.  ©  coll. particulière

Carte postale montrant le grand escalier dit « de Saint-Louis ». Si le roi est bien venu à l’abbaye en 1248, cet escalier, lui, n’était vraisemblablement pas encore construit. Coll. particulière

Comme Rodrigue, Perseigne a toujours eu du cœur. Pour l’ouvrir encore un peu plus, Marie a créé, il y a quatre ans, le Camp des saltimbanques pour les jeunes en situation de handicap.

Le centenaire de l’année prochaine – la grande fête aura lieu le 9 septembre 2023 – ne sera donc pas seulement l’occasion de donner un coup d’œil dans le rétro mais une étape festive ouvrant vers de nouvelles aventures.

Le site de l’abbaye de Perseigne, sur la commune de Neufchâtel-en-Saosnois, sera ouvert ce samedi 17 et dimanche 18 septembre 2022, à partir de 9 h. Reportage vidéo sur ouest-france.fr.

 
Olivier RENAULT.    Ouest-France  

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