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Garde-pêches : recruter et structurer... |
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La fédération départementale recrute et forme des garde-pêches particuliers. L’objectif est d’étoffer les effectifs. © FNPF Laurent MADELON
La fédération de la pêche en Sarthe compte trente-trois garde-pêches bénévoles. Sa volonté est d’étoffer les effectifs mais aussi de structurer davantage les actions de ces sentinelles des cours d’eau du département.
Dans la Sarthe, la fédération de la pêche s’appuie actuellement sur un contingent de trente-trois garde-pêches particuliers, tous assermentés et bénévoles.  Notre volonté est de recruter sur la base du volontariat, de former et d’accompagner ces gardes dans leurs missions tout en assurant leur sécuritéÂ
, note Benjamin Laribi, responsable développement à la fédération et en charge, notamment, de la coordination des garde-pêches particuliers.
 Au sujet de ces garde-pêches, les choses bougentÂ
, indique encore Benjamin Laribi.  Nous souhaitons étoffer les effectifs, afin d’obtenir une couverture la plus complète possible sur le département. Une commission a ainsi été créée au sein du conseil d’administration pour assurer les recrutements.Â
« Permettre davantage de souplesse »
 Pour permettre davantage de souplesse à ces garde-pêches, la fédération s’est rapprochée de la préfecture pour revoir les modalités de leur assermentation. Sur le principe de la réciprocité qui existe entre les cinquante Associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques (AAPPMA), chaque garde-pêche particulier se verrait assermenté sur l’ensemble des parcours gérés par les associations, ainsi que sur les propriétés de la fédération et sur le domaine public dont elle a la gestion. Ainsi le garde-pêche conservera un territoire attitré mais pourrait intervenir occasionnellement en cas de besoin et à la demande de la fédération, sur d’autres secteursÂ
, poursuit Benjamin Laribi.
 Autre projet : revoir les choses pour que les procédures effectuées par ces gardes remontent systématiquement à la fédération. Nous souhaitons également faire en sorte que le montant des amendes payées par les personnes verbalisées revienne, au moins en partie, à la fédération, aux associations et, donc, aux pêcheurs au travers de transactions civiles tel que cela se pratique ailleurs.Â
Bien plus que la police de la pêche
En attendant de clarifier ces points de réglementation, des renforts se mettent en place progressivement.  Une indemnité est versée aux garde-pêches et leur uniforme est fourniÂ
, glisse Benjamin Laribi. Ils sont donc parfaitement reconnaissables au bord de l’eau. Un peu comme des policiers de la pêche sauf que, répétons-le, leur rôle va bien au-delà de cette fonction.  Ils effectuent des contrôles auprès des pêcheurs en action sur les parcours des AAPPMA. Cartes de pêche, modes de pêche, contenant à poissons : ils sont amenés à réaliser différentes vérifications et en cas d’infraction avérée, à verbaliser.Â
Et Benjamin Laribi de poursuivre :  La commission créée au sein de la Fédération a rédigé un certain nombre de documents pour assister ces garde-pêches particuliers et faciliter leurs interventions. Ainsi chacun d’entre eux dispose-t-il d’une fiche de relevé d’infractions, d’une application Vigipêche pour le contrôle des cartes et la pré-saisie de procès-verbaux, d’un procès-verbal prérédigé et d’un compte rendu d’activité pour le suivi de ses interventions. La fédération se tient à leur disposition pour les assister, au besoin, dans la rédaction de leurs procès-verbaux.Â
 Policiers de la pêche, les garde-pêches sont un maillon essentiel dans la défense de notre réseau associatifÂ
, conclut Benjamin Laribi. Ils sont de véritables sentinelles des cours d’eau.
Les principales infractions constatées
Parmi les principales infractions constatées par les garde-pêches particuliers, l’absence de carte de pêche est passible d’une amende de classe 3, pouvant atteindre 338 €. D’autres faits illicites concernent les modes de pêche, les pratiques au-delà des heures légales ou dans des secteurs en réserves. Sans oublier le braconnage.
 À ce sujet, il est demandé aux garde-pêches particuliers de se montrer vigilantsÂ
, insiste Benjamin Laribi, responsable développement à la fédération et en charge de la coordination des garde-pêches particuliers  Ces infractions, parfois commises par des individus organisés, peuvent nécessiter un appui des forces de l’ordre.Â
En fonction de la gravité des cas, d’une éventuelle récidive, des poursuites peuvent être engagées contre les contrevenants. Simple avertissement, amende, voire action au pénale et saisie du matériel, le spectre est large.
« La relève est assurée »
Renforcer les équipes est un axe du travail qui sera engagé. Les renouveler aussi lorsque la limite d’âge intervient pour certains après des années de bons et loyaux services. Ainsi à Mansigné, Philippe Allard est, depuis mars dernier, garde-pêche particulier. En lieu et place de Jean-Pierre Elie, 80 ans.  J’ai assumé cette fonction pendant quinze ans. L’heure était venue d’arrêterÂ
, dit ce dernier.  J’en garde de très bons souvenirs. Des moments d’échanges avec les pêcheurs. De bons moments. Nous sommes la plupart du temps très bien accueillis par les pêcheurs.Â

Philippe Allard (à gauche) a pris la succession de Jean-Pierre Elie à Mansigné (à droite). Au centre, Benjamin Laribi qui coordonne l’action des garde-pêches particuliers au sein de la fédération. Le Maine Libre
Son successeur a repris le flambeau. Il affiche cette même envie d’aller au contact avec ceux qui fréquentent les cours d’eau. Philippe Allard confirme :  Lors d’un contrôle sur un plan d’eau, le temps de discuter avec tout le monde, de renseigner quand c’est nécessaire car la réglementation n’est pas toujours connue dans les détails, je ne compte pas mon temps.Â
Un plaisir qu’il ne boude pas.
Au quotidien, dans sa mission, il a cette approche immuable qui est celle de tous ces garde-pêches particuliers et celle de la fédération :  Sanctionner quand il le faut, mais surtout faire de la prévention. Expliquer, faire de la pédagogieÂ
, insiste Benjamin Laribi.  Ces gardes ont aussi et surtout un rôle de sentinelle. Ils surveillent les rivières, alertent au moindre problème, comme une pollution par exemple, ou une mortalité de poissons. Ils sont sur le terrain et sont aptes à nous faire remonter les informations.Â