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Exposition en Sarthe : l’art singulier d’Alain Lacoste croise celui de Jean-Michel Chesné à Juigné... |
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Michel Leroux avec une Å“uvre d’Alain Lacoste et Jean-Michel Chesné avec l’une de ses Å“uvres personnelles. © Ouest-France
Du 10 au 15 juin 2025, la galerie du Chemin à Juigné-sur-Sarthe honore deux visages de l’art singulier : le Sabolien Jean-Michel Chesné et le Mayennais Alain Lacoste. Le premier accroche ses « dessins-dentelles » alors que l’autre, décédé, est représenté par le passionné Michel Leroux qui expose ses assemblages étonnants, impertinents et colorés.
Apparu dans les années 1970, l’art singulier est un art de bricoleurs antiacadémiques au service d’une pensée baladeuse entre laisser-aller, humour, sensations et représentations naïves. Issu de l’art brut (souvent appelé l’art des fous), il s’en distingue par la conscience créative de l’artiste. Ce mouvement est au centre de la nouvelle exposition qui commence, ce samedi 10 mai 2025, pour un mois, à la galerie du Chemin, à Juigné-sur-Sarthe.
« Dessins dentelles » et art de la récup
On pourra y voir une trentaine de « dessins dentelles » du Sabolien Jean-Michel Chesné. Du noir et blanc à deux niveaux de lecture. De loin, il se détache une silhouette principale onirique, quelque peu primitive. Le visiteur se rapprochant découvre cette dernière peuplée d’un enchevêtrement serré de motifs animaux et végétaux captivants et sympathiques.
« J’emplis d’abord la figure centrale de noir, puis les petits motifs qui la combleront sont tracés au stylo-bille blanc de façon automatique. Un travail de longue haleine d’une heure quotidienne maximum. La précision à maintenir fatigue les yeux », raconte Jean-Michel Chesné.

Un « dessin dentelles » de Jean-Michel Chesné. Ouest-France
Une netteté plus que millimétrée qui fait de ce créateur un artiste singulier. Ses œuvres vont voisiner avec celles du peintre mayennais Alain Lacoste, apporté par le collectionneur d’art Michel Leroux. « J’apporte une vingtaine d’assemblages. Alain Lacoste est décédé en 2022 à Craon. Il laisse un héritage considérable », commente le connaisseur.
C’est après une rencontre décisive avec un certain Robert Tatin, qu’Alain Lacoste se dédie à un art personnel coloré, impertinent voire provocant, fait d’assemblages grossiers de bric et de broc collés. « C’est un art de la récupération. Des papiers, du tissu, du bois mort, des pierres forment les aplats et les reliefs. Lacoste crée vite. La dynamique habite son œuvre », décrit le collecteur.

Un assemblage d’Alain Lacoste intitulé « Difficile batellerie ». Hôtel des ventes de Laval / Alain Lacoste
« Nous avons rencontré Jean-Michel Chesné, il y a peu, à l’occasion de son prix au salon des arts plastiques saboliens.  Il fut vite établi que nous devions l’exposer. Impressionnés par la culture de ce passionné, nous avons décidé conjointement de lui adjoindre Alain Lacoste. Un artiste singulier à la limite du brut, expliquent Alain Cophignon et sa compagne Annie Pelzak, les deux fondateurs de la galerie juignéenne. À part peut-être Éric Saveau , nous n’avions pas présenté d’artiste singulier. Voilà qui est réparé. »
Du 10 mai au 15 juin 2025, à la galerie du Chemin, au 2, chemin de la Galerie, à Juigné-sur-Sarthe. Ouvert le samedi et le dimanche de 15 h à 19 h. Entrée libre. Vernissage samedi 10 mai, à 17 h 30.