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Évacuations, trafic perturbé, gymnases ouverts… Ce que l’on sait des crues exceptionnelles en Maine-et-Loire... |
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À Angers, les voies sur berges vont être inondées volontairement pour éviter le trop de pression sur l’ouvrage. L’opération, qui devait initialement se dérouler ce mardi 17 février au matin, a été décalée. © Simon Torlotin / Ouest-France
Ouverture de salles, fermetures d’axes routiers, de parkings, etc. : des mesures de sécurité continuent d’être prises pour faire face aux crues exceptionnelles en Maine-et-Loire. Le trafic SNCF s’annonce perturbé dans les heures à venir.
Plus de vingt ans que le Maine-et-Loire n’avait pas connu une telle situation. Ce mardi 17 février 2026, le département reste le plus touché de la région des Pays de la Loire par les crues. Les cours d’eau continuent de gonfler, surveillés comme le lait sur le feu par les habitants, les élus et toutes les forces vives mobilisées. Avec les fortes pluies des derniers jours – et celles prévues sur les prochaines 48 heures –, le cas de la Loire et des Basses vallées angevines, situées en amont d’Angers, inquiète.
Placé en vigilance rouge par Météo France depuis lundi 16 février, le Maine-et-Loire s’apprête à une crue historique. L’État commence déjà à préparer la procédure pour demander la reconnaissance de catastrophe naturelle.
Axes routiers barrés, perturbation du trafic SNCF, ouverture de gymnases pour mettre à l’abri les habitants… Comment le territoire s’adapte-t-il ? Voilà ce que l’on sait de la situation à 13 h, ce mardi 17 février.
Un trafic SNCF très perturbé
Le trafic ferroviaire va être très fortement perturbé ces mercredi 18 et jeudi 19 février. La circulation est déjà ralentie sur les lignes Nantes-Angers et Angers-Cholet ce mardi, provoquant des retards pouvant aller jusqu’à 45 minutes et des trains supprimés. Dans un communiqué de presse, SNCF Réseau précise qu’en raison de l’alerte liée à la crue de la Loire, les trains réduisent déjà leur vitesse sur certaines sections. On a franchi un nouveau palier de crues, donc sur certains secteurs, la vitesse va descendre à 80 km/h et même à 30 km/h sur un tronçon entre la Poissonnière et Chalonnes.
 Un retour à la normale progressif est envisagé à partir de vendredi, selon la décrue.
Un ordre d’évacuation toujours en cours
Dans toutes les communes des Basses vallées angevines, situées aux abords des cours d’eau (la Loire, l’Authion, le Louet, la Maine), la vigilance est renforcée. Aux Ponts-de-Cé, l’ordre d’évacuation de 900 personnes court toujours mais peu d’habitants se dirigent vers le centre d’hébergement ouvert au 50, avenue de l’Europe, à  la salle Athlétis. Ils privilégient un relogement auprès de proches, s’appuient sur la solidarité entre voisins très perceptible depuis plusieurs jours.
D’autant que les perspectives ne sont pas réjouissantes. « On va arriver à des niveaux que nous n’avons pas connus depuis plus de 30 ans, insistait, lundi, le maire de la commune, Jean-Paul Pavillon. On peut penser que cela va continuer à monter et que cela arrivera à un niveau que nous avons connu en 1982. »
Des gymnases à Angers, stationnement et circulation limités
À Angers, deux gymnases sont en train d’être « armés ». Des lits y sont apportés, en prévision de la montée de la Maine. Il s’agit des gymnases Jean-Rousseau et André-Bertin. Le maire de la ville, Christophe Béchu, l’annonçait la veille en conseil communautaire : la réserve communale de la sécurité civile est mobilisée face à la crue grandissante et les bénévoles se tiennent prêts à intervenir si la situation le nécessite.

Le gymnase Jean-Rousseau est l’un des deux lieux qui pourraient accueillir les habitants d’Angers (Maine-et-Loire) dans le besoin, alors que le niveau de la Maine continue d’augmenter. Ouest-France
En bas de la ville, des mesures ont déjà été prises. Après le retrait d’horodateurs rue Maillé, la circulation et le stationnement sont désormais interdits depuis mardi 17 février. La même décision s’applique pour la rue Plantagenêt, fermée à partir du carrefour Rameau. Ce qui présage de fortes difficultés de circulation dans les heures à venir.

Rue Maillé, le stationnement et la circulation sont interdits. Ouest-France
Les voies sur berges sont fermées depuis lundi soir. La mise en eau volontaire des trémies, prévue mardi 17 février au matin, a finalement été reportée pour une raison technique. La hauteur entre les vannes permettant d’immerger la voirie et le niveau de la Maine n’était pas suffisante. L’opération devrait probablement avoir lieu mercredi 18 février. Jusqu’à nouvel ordre, l’axe qui est emprunté chaque jour par 60 000 véhicules reste inaccessible.
Le réseau de transports en commun est lui aussi perturbé dans la ville du roi René. Plusieurs stations (Doutre, Molière, Ralliement) ne sont plus desservies. La ligne C (Belle-Beille - La Roseraie) est à l’arrêt. La ligne B (Belle-Beille - Monplaisir) continue de fonctionner mais en deux parties, avec des navettes pour les relier.
Le pont de Verdun pourrait être fermé à la circulation dans les prochaines heures.
Des routes toujours fermées
Les routes désormais fermées sont donc la D0108, entre Brissarthe et Chemiré-sur-Sarthe (déviation via Miré) ; la D0108 à Cheffes (déviation via Châteauneuf-sur-Sarthe) ; la D109 entre Briollay et Soulaire-et-Bourg (déviation dans les deux sens de circulation via Tiercé et Cheffes-sur-Sarthe) ; la D0107E entre le giratoire des Nuits et Montreuil-Juigné ; la D0051 entre Villemoisan et Le Louroux-Béconnais, à l’entrée de la déviation du Louroux-Béconnais à Savennières ; Béhuard, accès coupé à l’île ; la D0106 entre Rochefort-sur-Loire et Savennières (déviation dans les deux sens de circulation par le pont de Chalonnes-sur-Loire) ; D0132 à Saint-Jean-de-la-Croix ; la D0132 entre Les Ponts-de-Cé et Juigné-sur-Loire ; la D0132 entre Blaison-Gohier et Saint-Rémy-la-Varenne ; la D0132 entre Le Thoureil et Gennes ; la D0178 entre Le Puy-Notre-Dame et les Deux-Sèvres ; la D0360 à Chacé ; la D0121 à Chaudefonds-sur-Layon ; la D0109 à Montreuil-sur-Loir.