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Étiquettes sur les barquettes de poulet : le volailler LDC gagne une bataille en justice contre L214... |
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Des stickers accusateurs envers le volailler sarthois LDC collés par des membres de L214 sur les produits de la marque Le Gaulois, samedi 17 février 2024, à Sablé-sur-Sarthe. © Ouest-France
Le volailler sarthois LDC avait assigné en référé, mardi 20 février 2024, l’association L214 en réponse à une opération de « stickage » de ses produits dans des supermarchés avec la mention « poulet manipulé génétiquement ». La décision est tombée ce jeudi 22 février : la justice a tranché en faveur du groupe agroalimentaire.
Le groupe sarthois LDC, numéro un français de la volaille, a obtenu gain de cause face à l’association L214. L’association de défense des animaux a été condamnée, ce jeudi 22 février 2024, par la justice à cesser toute campagne accusant sa marque Le Gaulois de « manipulation génétique » de ses poulets.
L214 avait été assignée en référé deux jours plus tôt par l’entreprise agroalimentaire, qui commercialise notamment les marques Le Gaulois et Maître CoQ. Elle se disait victime d’une campagne de « dénigrement » et de « désinformation » de la part de l’association, dont le siège social est à Strasbourg.
L214Â fait appel
Dénonçant les conditions d’élevage des poulets dits « de chair », des militants ont mené des actions dans une vingtaine de points de vente à travers le pays, où ils ont appliqué des autocollants indiquant « poulet manipulé génétiquement » sur des barquettes de volaille dans les rayons. Une équipe était notamment venue procéder à ce « stickage » dans des supermarchés de Sablé-sur-Sarthe, la ville sarthoise où se situe le siège social de LDC.
Un juge à Strasbourg a interdit, ce jeudi, à L214 d’utiliser cette mention sur des autocollants visant les volailles Le Gaulois et l’a enjoint de supprimer les pages internet relatives à cette campagne de contre-publicité.
« L’association prend acte de cette décision. Elle en interjette appel immédiatement, dans la mesure où elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d’expression et à ses moyens d’action », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) l’avocate de L214.
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L’association reproche à LDC d’utiliser pour ses poulets dits de chair la souche Ross 308, à croissance ultrarapide. « Nous ne pouvons pas laisser LDC nous intimider et nous empêcher de dévoiler la souffrance des animaux élevés pour ses marques Le Gaulois, Marie et Maître CoQ », a réagi dans un communiqué Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association L214. Elle a assuré que la campagne « demandant à LDC de mettre un terme à la croissance ultrarapide des poulets va continuer » avec des « stickers différents », et a promis de nouvelles actions « bientôt ».
« Libre choix des consommateurs »
L’association, qui s’est fait connaître en diffusant des images chocs tournées en cachette dans des élevages ou abattoirs, a été créée en 2008 et compte aujourd’hui une centaine de salariés à plein temps. LDC, créé à la fin des années 1960 aux confins de la Sarthe et de la Mayenne, est aujourd’hui un poids lourd français de l’agroalimentaire avec un chiffre d’affaires de près de 6 milliards d’euros, avec plus de 23 000 collaborateurs au total.
« En particulier dans le contexte de crise agricole que nous traversons, nous regrettons que des organisations s’acharnent contre l’élevage et les éleveurs français, contre notre marque Le Gaulois, et s’en prennent au libre choix des consommateurs. LDC et Le Gaulois se félicitent que la vérité soit rétablie par la justice », a réagi le groupe sarthois dans un communiqué. C’était la première fois qu’il intentait une action en justice contre l’association L214, qui le vise régulièrement.