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Envahi par les taupes, il devient taupier2 |
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Éric Donon, tenant un piège traditionnel qu'il utilise pour attraper les taupes.
Éric Donon est taupier à Tourouvre. Une nouvelle activité pour lui. Il la pratique selon la méthode traditionnelle : avec des pièges. Dans l'Orne, le Calvados et la Sarthe.
Cela fait bien longtemps qu'on n'attrape plus les taupes pour faire des chapeaux haut-de-forme. Aujourd'hui, c'est pour se débarrasser des taupinières. Elles ne sont jamais agréables dans un jardin. Encore moins sur un terrain de foot ou sur un parcours de golf.
Éric Donon en a fait son métier. Artisan dans la rénovation de l'habitat quand il vivait dans l'Aube, il a déménagé à Tourouvre (Orne) l'année dernière, dans le Perche, où il s'est lancé dans les services à la personne.
Une activité qu'il complète désormais par le piégeage des taupes. Il vient de rejoindre le réseau Taup'green fondé par Jérôme Dormion, un adepte du piégeage à l'ancienne dont les références comprennent le prestigieux château de Versailles. Franchisé, Éric Donon peut se déplacer dans l'Orne, le Calvados et la Sarthe.
La taupe, il pourrait en parler des heures durant. Des petites bêtes qu'il a appris à connaître après en avoir été lui-même envahi. « Un animal vraiment passionnant. »
Prélever mais pas éradiquer
Son but n'est pas de les éradiquer mais de prélever celles qui dérangent. Elles sont nombreuses quand les terrains sont fertiles. Grosse mangeuse, la bestiole se nourrit essentiellement de vers de terre. Infatigable besogneuse, elle n'hiberne pas. Une solitaire, limite austère. Mâles et femelles ne se fréquentent qu'en période de reproduction, entre mars et avril. La taupe ne sort jamais, « sauf en cas de sécheresse, pour boire ».
Éric Donon ne veut pas entendre parler ni du piège à pétard, ni des pesticides, ni du phosphure d'hydrogène (PH3), un gaz très toxique dont l'usage est réglementé. Il est devenu, comme Jérôme Dormion, un utilisateur du piège traditionnel, avec lequel la mort est instantanée et ne laisse aucune souillure dans la terre. Il utilise plus précisément le modèle putange, un piège en alliage de cuivre à faire rouiller. Avant d'en tendre plusieurs dans la galerie principale qu'il faut d'abord repérer.
Si la technique est simple, elle nécessite une certaine expérience pour être efficace. Car Miss taupe ne doit rien sentir pour se faufiler dans l'anneau qu'elle va faire chavirer pour son plus grand malheur. Clac ! Prise entre deux bras d'acier. Adieu maudit mammifère. Fini les affaissements de terrain sous les pieds des humains.
Merci pour votre aide.