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ENTRETIEN. Législatives 2022 en Sarthe : la socialiste Sylvie Tolmont dresse le bilan de son mandat... |
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Sylvie Tolmont, ici le 18 mai 2022, au Mans, est candidate à sa succession dans la quatrième circonscription de la Sarthe. © Ouest-France
Ancienne suppléante de Stéphane Le Foll, la députée sortante de la quatrième circonscription Sylvie Tolmont est candidate à sa succession. La socialiste de 59 ans revient sur le mandat écoulé, qui n’a « pas été un long fleuve tranquille ».
On vote pour les élections législatives les 12 et 19 juin 2022 en Sarthe comme dans tous les départements français. Dans la perspective du scrutin, Ouest-France interroge chaque député sortant pour revenir sur le mandat écoulé.
Place à Sylvie Tolmont, députée socialiste de la quatrième circonscription (Allonnes, Brûlon, Loué, Malicorne-sur-Sarthe, Le Mans Ouest, Sablé-sur-Sarthe, La Suze-sur-Sarthe). À 59 ans, elle brigue un troisième mandat, après avoir siégé lors des deux précédentes législatures en tant que suppléante de Stéphane Le Foll, aujourd’hui maire du Mans. Entretien.
Vous terminez votre deuxième mandat, entamé en juillet 2018 quand Stéphane Le Foll est devenu maire. Que retenez-vous ?
Ces quatre années n’ont pas été un long fleuve tranquille. Le premier phénomène marquant, c’est la pandémie. Elle a eu impact sur chacun d’entre nous et sur l’action publique. Le deuxième fait marquant, c’est de passer dans l’opposition, après avoir siégé cinq ans dans la majorité. Avec mon groupe, nous avons tâché d’être une opposition constructive. Mais nos propositions ont toutes, peu ou prou, été rejetées au sein d’un parlement souvent enjambé, parfois méprisé.
En circonscription, je me suis attachée à être présente partout et pas seulement pour couper des rubans. Je suis allée à la rencontre des citoyens par le biais de mes permanences. Ce lien avec les habitants est indispensable parce que le député ne doit pas que voter, il a aussi pour mission de porter des sujets et des dossiers locaux auprès des ministres. Pour cela, rien ne vaut le contact direct et l’échange. Il est dommage que l’on envisage les parlementaires comme des élus hors sol. Au contraire, ils doivent être engagés sur leur territoire. Ce n’est pas juste être assis dans un fauteuil rouge.
Vous avez notamment porté le dossier de l’hôpital du Bailleul au moment de l’application de la loi Rist…
C’est l’un de mes chevaux de bataille au cours de la mandature. La loi Rist partait d’un bon sentiment pour limiter le recours aux soignants intérimaires qui font monter les enchères. Mais son application, sans étude d’impact sur fond de crise de l’hôpital, conduisait à la fermeture de plusieurs services au Bailleul. Elle a finalement été reportée. On ne sait pas jusqu’à quand, mais c’est une petite victoire.
Ce mandat a également été marqué par les Gilets jaunes. Certains sont venus jusqu’à la porte de votre bureau…
Je condamne la violence mais je ne refuse jamais le dialogue en tant qu’élue de la nation. Pendant cette période extrêmement difficile, j’ai échangé avec plusieurs personnes se revendiquant des Gilets jaunes. Certaines sont venues avec moi à l’Assemblée pour être écoutées et avoir des explications.
Est-ce plus difficile de faire de la politique face à la succession des crises ?
C’est notre société qui est dure. Les tensions sont fortes. Les fractures sont importantes. Les réseaux sociaux et certaines chaînes d’information n’arrangent rien. Je ne pensais pas un jour recevoir des menaces de mort parce que j’avais voté pour une vaccination qui permet d’éviter les cas graves d’un virus. Ça interroge. Il y a aujourd’hui beaucoup de contestation du savoir et de prêts-à-penser. Il est très facile de trouver des informations, y compris celles qui ne sont pas vérifiées.
D’après les chiffres du site nosdéputés.fr, vous avez été parmi ceux qui s’investissent le plus chez les Sarthois dans l’hémicycle…
Avec mon petit groupe socialistes et apparentés, nous nous opposions mais nous proposions. J’intervenais en particulier sur les questions liées à l’éducation car je siégeais dans la commission Affaire culturelle et éducation. C’est comme cela que j’envisage mon rôle de députée. La vie d’un parlementaire, c’est une vie dédiée. Deux à trois jours à l’Assemblée et le reste du temps, week-end compris, en circonscription. On est dans un moment où nos concitoyens ont une perte de confiance dans l’action politique. Faire le job, c’est une réponse.
Pourquoi vous représentez-vous ?
Je ne devais pas déserter. J’ai engagé un travail depuis deux mandats. Je me considère suffisamment expérimentée et au fait des réalités de ma conscription pour être encore utile aux habitants.
Avec donc avec l’étiquette socialiste, en dehors de la bannière Nupes ?
Je suis tournée vers ma tâche et pas vers des discussions d’appareil. Je garde la même boussole dans ce moment de confusion, en restant fidèle à mes valeurs. Je veux poursuivre le combat pour le pouvoir d’achat, la santé, l’école… Ce qui compte, ce n’est pas le logo, c’est ce que j’ai fait et ce que je veux continuer à faire.