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Sud Sarthe. Jean Castex tente de rassurer sur le sort de l’hôpital du Bailleul face à la députée... |
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Le Premier ministre Jean Castex, ce mardi 12 octobre, à l’Assemblée nationale à Paris. © Alain Jocard / AFP
Sylvie Tolmont, députée socialiste de la quatrième circonscription de la Sarthe, a interpellé le gouvernement sur le sort du Pôle Santé Sarthe Loir (PSSL), ce mardi 12 octobre 2021, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. En l’absence du ministre de la Santé Olivier Véran, c’est le Premier ministre Jean Castex qui lui a répondu. Avec un message d’espoir sur la loi Rist, qui menace le fonctionnement de l’hôpital sarthois.
« C’est un cri d’alarme que je vous adresse ». Comme elle l’avait annoncé, Sylvie Tolmont, députée socialiste de la quatrième circonscription de la Sarthe, a interpellé, ce mardi 12 octobre 2021, le gouvernement sur le sort de l’hôpital de Bailleul, au cours de la séance de questions entre parlementaires et ministres à l’Assemblée nationale. En l’absence du ministre de la Santé Olivier Véran, elle s’est tournée directement vers le Premier ministre Jean Castex.
Elle a alerté sur « la situation des hôpitaux de proximité du pays en prenant l’exemple de l’hôpital du Bailleul » . « C’est de la survie du Pôle Santé Sarthe Loir, comme de beaucoup d’autres, dont il est question aujourd’hui. Depuis 2019, cet établissement est déjà fortement impacté par les pénuries des médecins, des urgences régulièrement fermées la nuit et un Smur fonctionnant de manière totalement aléatoire. À cette situation dégradée, s’ajoute désormais l’application de la loi Rist, qui malgré ses bonnes intentions pour plafonner les rémunérations des intérimaires, va avoir des conséquences désastreuses en renforçant la pénurie de médecins », a-t-elle déclaré en introduction de son propos.
Un « remède pire que le mal »
« Dans quinze jours, le PSSL pourrait ne disposer que d’un seul anesthésiste, un jour par semaine, a-t-elle poursuivi. Pour les 100 000 habitants et habitantes de ce territoire, l’impact sera donc majeur : fermeture des blocs opératoires, de la maternité, des services d’urgences et une réorientation des patients vers des établissements éloignés, eux-mêmes déjà en difficulté dans certaines disciplines. Le remède sera finalement pire que le mal. »
"C'est un cri d'alarme que je vous adresse concernant la situation des hôpitaux de proximité", déclare @SylvieTolmont, évoquant notamment la pénurie de médecins. >> "Des vies sont en jeu, vraiment". #DirectAN #QAG pic.twitter.com/uDQRyg2gOl
— LCP (@LCP) October 12, 2021
« Aujourd’hui, c’est la survie tout court de nos hôpitaux qui se pose. Des vies sont en jeu, vraiment », a-t-elle insisté en demandant des solutions au chef du gouvernement. « Le sujet que vous soulevez est extrêmement important, a répondu le Premier ministre. La loi Rist est une très bonne loi. Elle vise à mettre un terme à des pratiques qui ont été dénoncées par de nombreux professionnels et de nombreux rapports parlementaires. »
« C’est le rôle du gouvernement d’être pragmatique »
« Néanmoins, a-t-il ajouté, je suis parfaitement conscient que dans certains territoires où la pénurie médicale est celle que vous avez décrite, et celui que vous avez cité n’est pas le seul, j’ai demandé à Olivier Véran de me faire, avant l’échéance que vous avez rappelée, des propositions pour regarder comment nous pouvons adapter et aménager l’évolution » de l’entrée en vigueur de l’article 33 de la loi Rist, qui concentre les inquiétudes. « C’est le rôle du gouvernement de la République d’être pragmatique et attentif aux situations particulières », a-t-il conclu.
"La loi Rist est une très bonne loi", affirme @JeanCASTEX, évoquant en particulier la mesure sur la limitation de l’intérim médical, et faisant valoir des adaptations possibles "dans certains territoires" fortement touchés par "la pénurie médicale". #DirectAN #QAG pic.twitter.com/ywgjaRxX9Y
— LCP (@LCP) October 12, 2021
Des propos qui font écho à ceux rapportés par Jean-Carles Grelier, député LR de la cinquième circonscription de la Sarthe. Il avait fait savoir qu’il avait « attiré l’attention du ministre » sur ce dossier lors de son audition devant la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, lundi 11 octobre 2021. Olivier Véran « s’est dit conscient du cadre trop rigide du texte, même s’il n’entend pas laisser prospérer des rémunérations excessives. Ses services procèdent actuellement à une évaluation de cette situation et il n’exclut pas d’assouplir les conditions de mise en œuvre de la loi voire d’en différer l’exécution ».
Un rassemblement d’élus locaux est toujours programmé le 21 octobre 2021 devant l’hôpital du Bailleul, à mi-chemin entre Sablé et La Flèche, pour apporter « un soutien au service hospitalier ».