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En pleine crue, ces habitants refusent d’évacuer leur maison : ont-ils le droit ?... |
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Le Maine-et-Loire subit d’importantes crues depuis ce samedi 14 février 2026. © Archives Vincent Michel / Ouest-France
Depuis lundi 16 février 2026, le Maine-et-Loire est placé en alerte rouge crue. Les ordres d’évacuation envoyée aux habitants ont, pour l’heure, été en partie ignorés par la population. Peut-on vraiment refuser d’évacuer son logement ?
Ordre d’évacuation. Centre d’accueil ouvert à la salle du Val du Louet, aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire).
Samedi 14 février 2026, le téléphone de nombreux habitants de cette ville située près d’Angers a vibré. Sur l’écran, cette alerte affichée en grand, par-dessus toutes les autres notifications. Impossible de passer à côté.
Sur le papier, 900 personnes auraient ainsi dû quitter leur logement. Sauf que, le lendemain matin, le gymnase était vide et presque l’intégralité des habitants était finalement restée chez eux. Certains pour rester auprès de leurs animaux, d’autres parce qu’ils considèrent que ces inondations sont moins impressionnantes que les précédentes. Je suis habitué, c’est au moins la sixième crue que je vois depuis que j’habite ici
, expliquait, ce dimanche, un habitant à Ouest-France.
Reste que le département est en alerte rouge et les injonctions à évacuer bien réelles. Dès lors, une question se pose : a-t-on le droit de refuser d’évacuer sa maison, même lorsque l’on reçoit un ordre d’évacuation ? Disons que nous pouvons seulement très fortement inciter
, commente le directeur de cabinet du préfet, interrogé à ce sujet. L’évacuation est très fortement recommandée
, répond le lieutenant-colonel, Cyrille Thomy, sapeur-pompier.
« Fortement recommandée »
Depuis plusieurs heures, le Sdis 49 multiplie les opérations de prévention auprès de la population, pour leur expliquer les risques, les bons gestes à adopter et, dans certains cas, dialoguer avec ceux en situation de danger qui refuseraient d’évacuer. Objectif : les convaincre, et faire en sorte que tout le monde parte de chez soi de son plein gré. En cas de refus, on ne peut pas forcer les personnes
, complète la préfecture de Maine-et-Loire.
Les autorités ont l’obligation d’informer les habitants des risques qu’ils encourent, mais, in fine, chacun reste libre de ses choix. Interrogé par nos confrères d’actu.fr, le ministère de l’Intérieur explique que les services de la préfecture disposeraient de la possibilité de passer outre, dès lors qu’il s’agirait de l’unique moyen de garantir la sécurité des intéressés
. Soit les déloger de force. Mais cela nécessite de respecter une procédure légale, dont les délais ne sont pas toujours compatibles avec les situations d’urgence que peuvent représenter les crues.
Pour contourner ce problème et éviter de potentielles poursuites, les maires déjà confrontés à cette situation ont finalement fait signer des décharges de responsabilité aux habitants refusant d’évacuer. En somme : si vous refusez de quitter votre logement malgré l’ordre d’évacuation, cela se fera à vos risques et périls. Car il ne faut pas oublier les raisons poussant les autorités à prendre une telle mesure : lors de crues et de fortes inondations, la situation peut vite devenir très dangereuse, voire mortelle. En tient pour preuves les deux Français ayant perdu la vie à cause de la tempête Nils, qui a récemment frappé le sud-ouest du pays.