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EN IMAGES. Cette arche de l’enceinte romaine du Mans cachait en fait une ancienne porte... |
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La porte dite « de Guillaume-le-Conquérant », sur l’enceinte romaine du Mans, à proximité de l’hôtel de ville. © Ouest-France
Depuis plusieurs semaines, une équipe d’archéologues étudie la porte dite « de Guillaume-le-Conquérant », au niveau de l’enceinte romaine du Mans (Sarthe), tout près de l’hôtel de ville. Leurs travaux ont permis d’en apprendre plus sur ce qui constituait autrefois un accès à la place Saint-Pierre.
L’enceinte romaine du Mans (Sarthe), que la Ville souhaiterait voir classée au patrimoine mondial de l’Unesco (1), n’a pas fini de livrer ses petits secrets d’histoire. Un travail de longue haleine, mené par des équipes d’archéologues « depuis 2017. On essaye de mieux la dater, de comprendre comment elle a été construite et de reconstituer son tracé car par endroits, elle est désormais invisible », explique Martial Monteil, professeur d’archéologie à l’université de Nantes, qui intervient régulièrement sur les chantiers archéologiques menés dans la cité Plantagenêt.

La porte dite « de Guillaume-le-Conquérant », sur l’enceinte romaine du Mans, à proximité de l’hôtel de ville. Ouest-France
Depuis fin septembre et pour une semaine encore, c’est plus spécifiquement sur la porte dite « de Guillaume-le-Conquérant » que leurs travaux se sont focalisés. La structure, à proximité de l’hôtel de ville se trouve en fait « au niveau du grand-arc visible sous la collégiale Saint-Pierre-la-Cour », situe Hugo Meunier, archéologue.
Contrairement à la muraille voisine, dont les différentes époques sont repérables même à l’œil nu (avec une partie « plus sombre » en dessous datant de l’époque romaine et une partie supérieure, plus claire, marquant les limites de l’enceinte médiévale qui s’est construite par-dessus), la porte présente « un enchevêtrement de maçonneries différentes » qui rendent sa datation plus complexe. « Mais grâce à nos relevés, on a prouvé que c’était bien une porte qui permettait d’accéder à la place Saint-Pierre, plus haut », révèle Hugo Meunier.

L’enceinte romaine du Mans (Sarthe), près de l’hôtel de ville. On distingue bien la partie romaine (sombre, au dessous) de la partie médiévale (plus claire, au dessus). Ouest-France
Plus précisément, une rampe d’accès, que les experts datent entre 1050 et 1150. « Avec la datation au carbone 14, on ne peut pas être vraiment plus précis. Autrement dit, elle remonte peut-être effectivement à l’époque de Guillaume-le-Conquérant, d’où son nom… ou à celle des Plantagenêt », s’amuse l’archéologue.

Hugo Meunier, archéologue et Martial Monteil, professeur d’archéologie à l’université de Nantes. Ici, au Mans (Sarthe). Ouest-France
Au XIIIe siècle, son ouverture est réduite à une simple porte de la taille d’un homme, visible aujourd’hui si on lève un peu les yeux. Et au XIVe siècle, avec l’agrandissement de la collégiale, l’accès est comblé par un remblai dans lequel les archéologues ont trouvé des traces de mobiliers, céramiques et… des ossements humains ! « Ça peut paraître étonnant, sourit Hugo Meunier, mais en réalité pour nous, c’est fréquent. Surtout à proximité de lieux de culte ! »

Hugo Meunier, archéologue, à l’endroit où se trouvait auparavant un escalier aujourd’hui bouché, sous la collégiale Saint-Pierre-la-Cour au Mans (Sarthe) Ouest-France

Sous la collégiale Saint-Pierre-la-Cour au Mans (Sarthe), des ossements humains, mis au jour par les archéologues. Insolite, mais « fréquent » lors de fouilles. Ouest-France
(1) Le dossier de candidature pour l’inscription de l’enceinte romaine du Mans au patrimoine mondial de l’Unesco a été déposé le 31 mai 2018. « Cette enceinte aussi bien conservée est unique, indiquent Pascal Mariette et Sophie Moisy, élus en charge notamment du patrimoine. Plus on le démontrera, plus cela apportera des pièces au dossier de candidature. Ces travaux rentrent complètement dans ce cadre. »