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Douze vitraux de François Fialeix retrouvés au domaine royal de Dreux... |
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Deux rangées de six saints se font face, dans la galerie proche du chÅ“ur de la chapelle royale Saint-Louis de Dreux (Eure-et-Loir). © Association Vitraux Fialeix
Le vitrailliste du XIXe siècle avait créé son atelier à Mayet (Sarthe), dont il est devenu maire, après avoir restauré des vitraux de la cathédrale du Mans. Sa renommée était grande à l’époque.
Nicolle Piétrin, présidente de l’association Vitraux-Fialeix traque leur présence dans toute la France, et dans le monde entier. Pas question de laisser tomber dans l’oubli des ouvrages de cette qualité.
Nicolle Piétrin brosse d’abord le portrait de François Fialeix ( 1818-1886 ).  François Fialeix est né à Sèvres le 10 février 1818. Il entre à 12 ans à la manufacture de Sèvres. En 1840, Pierre-Félix Delarue, architecte en charge des Bâtiments de France, demande le meilleur peintre de l’institution pour restaurer les vitraux de la cathédrale du Mans. François Fialeix, 22 ans, est alors dépêché au Mans, pour quatre mois »,
 explique-t-elle.
Des vitraux d’après des dessins d’Ingres
Mais les circonstances vont pousser François Fialeix à rester en Sarthe toute sa vie, devenant même maire de Mayet de 1855 à 1872. En 1845, il crée son propre atelier à Mayet et signe désormais Manufacture du Mans. Rapidement, il embauche et forme douze ouvriers. Les articles de journaux sont dithyrambiques et il reçoit l’appui des évêques ; Mgr Bouvier, évêque du Mans, ou son successeur Mgr Fillion, ainsi que ceux de Tours ou d’Angers renforcent sa renommée.
 Le but de l’association est de dresser un inventaire des vitraux Fialeix pour les protéger, voire les restaurer, avec de vrais spécialistes. Nous en avons répertorié largement plus de mille en France. À partir de plusieurs documents et de l’aide de Brigitte Donon, conservatrice du département arts graphiques au musée du Louvre, j’ai découvert les vingt-cinq cartons exécutés par le peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres, représentant des saints, avec les visages de la famille d’Orléans, destinés à la chapelle funéraire située à Dreux. Il restait à savoir si ces cartons avaient été utilisés par Fialeix pour en faire des vitraux. Je me suis rendue à Dreux vendredi dernier. J’ai identifié douze vitraux issus des vingt-cinq cartons ; les autres vitraux ont probablement été détruits. De nombreux éléments qui appartiennent à l’atelier de Mayet sont reconnaissables : les architectures dessinées par Viollet-le-Duc soulignées des arabesques qu’on retrouve sur les vitraux de 1854 à 1860. Fialeix est d’une fidélité exemplaire quant à la reproduction des grandes figures d’IngresÂ
, conclut Nicolle Piétrin.
À savoir
L’association des Vitraux-Fialeix demande qu’on lui signale les vitraux susceptibles d’avoir été réalisé par François Fialeix : tél. 02 43 46 99 43, mail vitrauxfialeix@yahoo.com.
Le domaine royal, situé 2, square d’Aumale à Dreux, est ouvert aux visites à partir du 1er avril.