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Crise du marché automobile : en Sarthe, NTN annonce la suppression de 127 emplois... |
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Ce mardi 28 janvier 2025, la direction de l’entreprise NTN Transmissions Europe, basée à Allonnes (Sarthe), annonce la suppression de 127 emplois sur deux ans. © archives ouest-france
Dans un communiqué rendu public ce mardi 28 janvier 2025, la direction de l’entreprise NTN Transmissions Europe, basée à Allonnes (Sarthe) vient d’annoncer qu’elle comptait se restructurer. Conséquence : 127 postes seront supprimés dans les deux ans à venir.
Au total, 127 emplois supprimés sur deux ans et la mise en œuvre d’un Plan de sauvegarde de l’emploi. C’est ce qui attend les salariés de l’entreprise NTN Transmissions Europe, basée à Allonnes (Sarthe). La direction du fabricant de précision spécialisé dans la recherche, le développement, la fabrication et la vente de roulements et de joints de transmission, vient de l’annoncer publiquement, ce mardi 28 janvier 2025, après une rencontre avec les représentants syndicaux.
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Une décision prise « dans un contexte de baisse de la production automobile en Europe et en France » avec « un volume de véhicules produits en Europe qui a reculé de 20 % entre 2019 et 2023 et qui devrait stagner durablement à un niveau proche de 18 millions d’unités par an. Les sites d’Allonnes et de Crézancy (Aisne) se retrouvent en surcapacité de production d’au moins 25 %, sans perspective de croissance », avance la direction pour justifier son choix.
NTN, trois sites en Europe
Cette restructuration est aussi présentée par NTN comme « un projet de réorganisation ambitieux de ses trois sites en Europe », qui emploient au total 1 000 personnes. En Sarthe, celui d’Allonnes bénéficierait « d’un programme de modernisation [qui] permettrait de conforter sa position d’usine mère en tant que centre d’expertise technique en Europe et, à terme, de la hisser au meilleur niveau en excellence opérationnelle, pour des produits à forte valeur ajoutée. » Objectif affiché : restaurer l’équilibre financier du groupe et assurer un avenir pérenne aux salariés, selon les termes employés.
« Des semaines d’attente et d’angoisse »
Pour la CGT, cette annonce qui intervient « après des semaines d’attente et d’angoisse » n’est pas sans conséquence. « Dans ce plan, la direction prévoit de la délocalisation supplémentaire vers Sibiu, en Roumanie (où se trouve une unité de production, d’usinage et d’assemblage, ndlr) et de l’externalisation pour acheter des pièces dans les usines du groupe, notamment en Chine. […] Ces délocalisations successives vers Sibiu depuis 2009 ainsi que les externalisations (sous-traitance), ajoutées au manque d’investissement chronique, n’ont fait que dégrader notre situation économique et industrielle en mettant en danger l’avenir de notre site. Alors cet énième projet de délocalisation avec ces investissements insuffisants risque de mettre l’entreprise dans une situation encore plus mauvaise pour l’avenir de tous les salariés. »
Dans le détail, le syndicat explique que les 127 postes allonnais en moins concerneront 72 postes en production directe, 42 postes de support à la production et 13 postes dans les fonctions centrales. La direction, qui doit détailler son projet le lundi 3 février, assure que la réorganisation serait accompagnée « de nombreuses mesures afin d’apporter une solution individuelle à chacun et de minimiser l’impact social et humain de ces changements. »
La CGT annonce, elle, qu’elle se tient prête à construire d’ores et déjà « la riposte pour défendre les intérêts collectifs des salariés », durant les trois mois de négociations qui vont s’imposer. N’excluant pas de possibles grèves.