|
Covid-19. Sarthe : quatre nouveaux décès, la circulation du virus s’intensifie encore... |
1
L’épidémie s’accélère encore dans la Sarthe. © archives Yvon Loué/Le Maine Libre
À l’occasion d’une conférence de presse donnée ce vendredi 30 octobre 2020, le directeur général de l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire Jean-Jacques Coiplet a insisté sur les enjeux du nouveau confinement débutant ce vendredi. L’épidémie de Covid-19 est toujours très intense dans la région comme en Sarthe, et les hôpitaux continuent de se remplir.
Le nouveau confinement, qui a débuté ce vendredi 30 octobre 2020, constitue « la clé de la réussite » face à l’épidémie de Covid-19. Ces mots sont ceux prononcés par Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi. « Les quatre semaines à venir sont absolument déterminantes. Désormais, chaque jour compte. Pour voir les premiers effets, il faudra toutefois attendre 15 jours/trois semaines. »
Et pour cause : le virus circule toujours très activement en Pays de la Loire, comme dans le département. Au 30 octobre, le taux d’incidence (nombre de nouveaux cas positifs pour 100 000 habitants sur une période de 7 jours) s’établit à 290,9 dans la région et 212 dans la Sarthe. Trois jours plus tôt, il était respectivement de 250,4 et de 187. Au Mans, le taux d’incidence dépasse désormais le seuil d’alerte renforcé fixé à 250, à 265.
Le taux de positivité (nombre de tests positifs en 7 jours sur 100 dépistages) observe la même trajectoire inquiétante. Dans la Sarthe, il s’élève à 14,7 % (contre 13,2 % le 27 octobre). Il est de 16 % dans les Pays de la Loire (contre 14,2 %). Au total, ce sont 41 383 personnes (+4 786) qui ont été testées positives au Covid-19 dans les Pays de la Loire depuis le 13 mai, dont 6 044 en Sarthe (+470).
360 lits de réanimation à la mi-novembre
« Les personnes contaminées aujourd’hui sont celles que l’on retrouvera en réanimation dans 15 jours/trois semaines. Plus le nombre est élevé, plus les hôpitaux seront mécaniquement remplis », rappelle Jean-Jacques Coiplet. Les hôpitaux ligériens, qui ont déclenché le plan blanc ce jeudi à la demande du Ministre de la Santé Olivier Véran, prévoient ainsi d’avoir 200 patients Covid aux alentours du 15 novembre.
Actuellement, 94 malades du nouveau coronavirus occupent les services de réanimation en Pays de la Loire (dont dix en Sarthe), dix d’entre eux ayant été transportés depuis l’Auvergne-Rhône-Alpes en milieu de semaine (dont un à l’hôpital du Mans).
« Le 22 octobre, il y en avait deux fois moins », insiste le directeur général de l’ARS. Face à cette montée en puissance, les hôpitaux ouvrent progressivement des lits de réanimation. Actuellement au nombre de 212 (dont 23 au Mans), l’objectif est d’atteindre 360 lits à la mi-novembre.
Au total, 121 personnes sont actuellement hospitalisées en Sarthe à cause du Covid-19 (+23 depuis le 27 octobre). En moyenne, cinq personnes meurent quotidiennement à l’hôpital dans les Pays de la Loire des suites du Covid-19. Ce chiffre se situait entre 0 et 1 à l’été. Depuis le 13 mai, 108 personnes sont mortes du nouveau coronavirus en Sarthe à l’hôpital (+4 depuis le 27 octobre), et 605 dans la région (+21).
Ce sont essentiellement les personnes les plus vulnérables qui se retrouvent hospitalisées, et notamment les personnes âgées. Or, le taux d’incidence des personnes de plus de 65 ans poursuit sa hausse en Sarthe, à 237,4 (contre 184 il y a trois jours).
Un ralentissement dans 18 jours ?
Alors que 130 clusters sont en cours d’investigation en Pays de la Loire, 25 le sont en Ehpad (il y en 6 en Sarthe). « L’enjeu, avec le confinement, est de protéger les plus fragiles. Ce sont eux qui payent le plus lourd tribut dans les services de réanimation », alerte Jean-Jacques Coignet. « Il s’agit aussi de préserver le plus possible les patients non-Covid, les hôpitaux déprogrammant progressivement les opérations non-urgentes pour faire face à l’épidémie. »
Autre objectif du confinement : éviter au système de santé de ne pas être complètement saturé. « Collectivement, toutes nos actions comptent pour protéger nos soignants qui sont fatigués et exposés au virus. De nombreux établissements, y compris les Ehpad, font face à un absentéisme important. Ils nous alertent quotidiennement pour les aider à remplacer ces personnels manquants. La problématique est d’avoir suffisamment de bras », prévient Jean-Jacques Coiplet.
Dans ce contexte, l’ARS espère un premier ralentissement de l’épidémie d’ici 17/18 jours. « D’ici un mois, nous aurons une idée précise de l’impact du confinement sur l’épidémie. Toutefois, le climat nous préoccupe. Quand il fait moins bon, les gens s’enferment en milieux clos avec ce risque de promiscuité et de propagation du virus », s’inquiète le directeur général de l’ARS.
+ Covid-19. Où se faire dépister en Sarthe ?
Thibaud DELAFOSSE.