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Covid-19. L’hôpital du Mans accueille un patient transféré de la région Auvergne-Rhône-Alpes1 |
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Un nouveau patient est arrivé ce mercredi 11 novembre à l’hôpital du Mans. © Joël Pannetier
Le Centre Hospitalier du Mans a pris en charge dans son service de réanimation, ce mercredi 11 novembre 2020, un malade du Covid-19 qui était hospitalisé à Lyon (Rhône). Ce n’est pas la première fois, depuis le début de l’épidémie, qu’un tel transfert s’organise vers l’établissement manceau.
Un malade grave infecté par le Covid-19, qui était hospitalisé à Lyon (Rhône), est arrivé ce mercredi 11 novembre dans le service de réanimation du Centre Hospitalier (CH) du Mans après avoir atterri par avion médicalisé à l’aérodrome manceau.
Le service de réanimation de l’établissement est actuellement occupé par 22 personnes atteintes du Covid-19, alors que l’hôpital a déprogrammé 75 % de son activité de chirurgie pour ouvrir des lits de réanimation supplémentaires. « En temps normal, nous avons 17 lits de réanimation. Augmenter la capacité à 30 lits constitue un effort colossal. Cela nécessite de mobiliser du personnel et d’annuler des opérations. Nous sommes toutefois très préoccupés aussi par les patients non-Covid. C’est pourquoi nous adaptons nos besoins quotidiennement, en les optimisant au jour le jour pour déprogrammer le moins possible », souligne Joël Pannetier, médecin urgentiste et directeur médical de crise au CH du Mans.
Un accueil compatible « avec ce que l’on peut faire actuellement »
Dans cette situation tendue, prendre en charge un patient supplémentaire n’était-il pas trop risqué pour l’hôpital du Mans ? « Cet accueil est compatible avec ce que l’on peut faire actuellement », assure le médecin urgentiste. « La région Auvergne-Rhône-Alpes est arrivée au bout de ses possibilités, alors que la situation épidémique dans les Pays de la Loire est plus favorable bien qu’elle soit grave. Il n’est pas question de réfléchir de manière isolée dans chaque région, ce ne serait pas cohérent pour faire face à l’épidémie. Pour nous, il était peu envisageable de laisser un malade mourir dans un couloir dans une autre région alors qu’on est en capacité de l’accueillir. C’était le moment d’être solidaire avec un territoire plus impacté que le nôtre. »
Les transferts longue distance représentent la solution ultime pour éviter un tri entre patients, comme on a pu le voir au printemps en Italie notamment. « Ils ne sont jamais organisés par excès », insiste Joël Pannetier. « En Auvergne-Rhône-Alpes, la seule perspective qu’il restait pour ne pas laisser des patients dans les couloirs était d’organiser ce type de transferts. Des transferts que la France est parfaitement capable d’orchestrer . C’est quelque chose qui marche bien, donc autant le faire pour donner leur chance aux malades. À chaque fois, lorsqu’ils sont nécessaires, ces transferts sont lourdement réfléchis communément avec la famille du patient, le Ministère, les établissements médicaux et les agences régionales de santé. »
Accueil à nouveau par les équipes du ?#SAMU72@ d’un patient de Lyon en soutien de la région ARA. Belle coordination entre ?@SamuDeLyon? @samu49 @samu44. Les équipes du Dr ?@cguitton44? toujours prêtent pour accueillir les malades dans la réa du ?@CHLeMans? pic.twitter.com/m6eS268OYC
— Pannetier Joël (@pannetier_jol) November 11, 2020
Et dans le cas où la situation deviendrait ingérable au Mans, Joël Pannetier l’assure : « On pourra compter sur l’entraide locale et nationale ».
Un devoir de solidarité
Depuis le début de l’épidémie, ce n’est pas la première fois que l’établissement sarthois prend en charge des patients d’autres régions. Pas plus tard que le 28 octobre, un malade avait déjà été transféré depuis la région Auvergne-Rhône-Alpes. En mars, le centre hospitalier du Mans avait également accueilli quatre patients de la région Grand Est, transférés par TGV.
Au total, une vingtaine de patients ont déjà été transférés de l’Auvergne-Rhône-Alpes vers les Pays de la Loire depuis la fin du mois d’octobre et l’accélération de la seconde vague de l’épidémie en France. Quatre l’ont été ce mercredi.
« C’est un devoir de solidarité vis-à -vis de cette région davantage touchée que la nôtre actuellement par l’épidémie de Covid-19. Nous nous devions de les accueillir, en soutien aux soignants encore plus débordés. Nous accueillons ces patients avec enthousiasme », expliquait à la fin du mois d’octobre Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’ARS des Pays de la Loire.
Le @CHLeMans accueille en réanimation un patient de la région Rhône Alpes. Merci aux équipes qui le prennent en charge pic.twitter.com/1QrZ7ZWANi
— Olivier BOSSARD (@BossardOlivier) November 11, 2020
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Faut pas qu"on se plaigne, j'ai lu qu'en Russie vers la sibérie le malade doit venir avec son lit.