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Comment la ville du Mans soutient les festivals de musique... |
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Michaël Guihard, 12e adjoint de la ville du Mans (Sarthe), délégué à la jeunesse, vie étudiante et éducation artistique. © Archives Ouest-France
Le Mans en musique 2/5. De plus en plus de contraintes, financières et techniques, s’imposent dans l’organisation de festivals de musique. Au Mans (Sarthe), dans l’émergence d’événements musicaux, certains projets ne voient pas le jour.
« Pendant un an, nous avons bossé sur la création du « 33 tours festival », on a présenté ça à la mairie du Mans, avec qui nous échangions depuis le début. On nous a finalement dit non », raconte Kylian Farik. Cet ancien régisseur du son, diplômé de l’Item (Institut technologique européen des métiers de la musique), peut en témoigner. « Si on ne s’y connaît pas, créer un festival de musique est très complexe. Il n’y a pas d’exemple ou de dossier prédéfini. »
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« On a bossé un an et demi pour rien »
L’histoire lui reste en travers de la gorge. « On a bossé un an et demi pour rien. Le dossier complet était prêt, avec une programmation pop rock calée. » Pour rentrer dans ses frais, l’organisateur visait entre 3 000 et 4 000 personnes, sur l’île aux Planches.
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« Le projet fonctionnait, ce sont les dates et le nombre de personnes qui n’ont pas collé, raconte Mickaël Guihard, adjoint à la ville du Mans, en charge de la jeunesse, vie étudiante et éducation artistique. L’île aux Planches est limitée à environ 2 400 personnes. »
L’élu précise travailler avec plusieurs d’associations sur l’organisation de festivals, notamment la scène électro avec Blue dog et Impact. « Pour la Ginga Party deux, la Ville a déjà voté une subvention pour soutenir le projet. »
« On ne peut pas donner des dizaines de milliers d’euros comme ça »
Via Superforma, la Ville finance aussi des festivals comme les rencontres hip-hop Connexions, ou Indé*Rama autour du rock alternatif.
Mais Mickaël Guihard reconnaît ne pas pouvoir répondre à tous les projets. « Les associations d’amateurs peuvent parfois manquer un peu de professionnalisme sur l’organisation d’un événement. Avoir de bonnes intentions ne suffit pas, estime l’élu. On peut accompagner certains projets à hauteur de quelques milliers d’euros, mais on ne peut pas donner des dizaines de milliers d’euros comme ça. C’est de l’argent public, on ne peut pas en faire ce qu’on veut. »
Depuis 2022, un nouveau décret sur le son impose « une certaine rigueur ». Pour chaque événement extérieur, la Ville doit réaliser « une étude sonore avec des critères très précis, précise l’adjoint. Par exemple, les concerts de la Fête de la musique sur le quai Louis-Blanc ne seront plus possibles. » D’autres lieux devraient être proposés.