|
Cherré-Au. « C’est dans les moments difficiles qu’il faut faire preuve d’initiatives »... |
2
Malgré la crise sanitaire, Jannick Niel et son conseil municipal continuent les projets. © Le Maine Libre
Après six mois d’un début de mandat marqué par la crise sanitaire du Covid-19, le maire de Cherré-Au, Jannick Niel, veut que les projets continuent pour 2021 avec un objectif : que le territoire reste attractif.
Comme dans toutes les communes du département, Jannick Niel n’a pas pu présenter ses vœux aux habitants de Cherré-Au. Le maire a accordé un entretien au « Maine Libre », l’occasion de revenir sur les six premiers mois de son exercice et d’aborder les projets pour l’année 2021.
« Le Maine Libre » : Comment s’est passé le début de votre mandat ?
Jannick Niel : « Les six derniers mois ont été assez compliqués à gérer avec les confinements. Nous avions un avantage : avec Michel Landais, mon prédécesseur, j’étais associé dans tout ce qui a été mis en place entre les mois de mars et juin 2020. Je tiens à saluer l’engagement et la disponibilité de tous nos personnels, ils ont été exemplaires. Les informations arrivaient, on ne les avait pas forcément toutes, le lendemain il y avait des contre-informations… Il a fallu s’adapter en permanence.
On a pris des mesures draconiennes par rapport aux écoles : activités périscolaires, restauration scolaire, gestion des salles… Aujourd’hui on utilise encore quatre salles de restaurant scolaire ce qui nous permet d’avoir un seul service. Derrière tout cela, on a été obligés d’avoir du personnel en renfort, notamment des contractuels. »
Combien la crise a-t-elle coûté à la commune ?
« D’un côté on a plus de charges avec le matériel et le personnel et en face on a moins de recettes : moins d’activités périscolaires, moins de locations de salles… On a aussi validé l’abandon de loyer pour nos artisans et commerçants qui sont locataires de locaux commerciaux dans la commune, notamment pour ceux qui ont eu des fermetures totales. Aujourd’hui on va friser les 100 000 € de surcoût, en tenant compte des aides de la CAF et de l’État pour la micro-crèche par exemple. Et ça va continuer à augmenter. Heureusement on a eu quelques sociétés qui nous ont accompagnés. »
Quels sont les autres impacts de la crise sanitaire ?
« La cérémonie à huis clos du 11 novembre et la suppression du repas des aînés. Le CCAS a décidé, pour compenser, de distribuer un chèque-cadeau d’une valeur de 20 € aux personnes de plus de 70 ans, soit 300 à 400 personnes. Il sera à utiliser chez les commerçants de Cherré-Au. On attend que tous les commerces puissent fonctionner normalement pour le distribuer, pour ne pas pénaliser notre restaurateur notamment. »
Quel est votre état d’esprit pour 2021 ?
« Il y a eu la crise mais on a avancé : il faut regarder vers l’avenir. C’est dans les moments difficiles qu’il faut faire preuve d’initiatives pour que tout le monde puisse se mobiliser et se serrer les coudes. La crise aura des impacts économiques, il faudra en tenir compte dans notre budget, notamment dans nos charges de fonctionnement. Financièrement, les conséquences peuvent arriver dans un ou deux ans parce qu’on est très liés à la fiscalité des entreprises. Donc si elles bénéficient d’allègement ou de mesures fiscales, il y aura des retombées sur les collectivités. »
Y a-t-il des projets que vous êtes obligés de mettre de côté pour des raisons financières ?
« Aujourd’hui non. On avait des choses déjà engagées, on a des priorités : la transition écologique et la préservation de l’environnement, le cadre de vie, la préservation du patrimoine et tout ce qui touche à la sécurité. »
Quels travaux sont prévus ?
« Dans les écoles déjà : le remplacement de toutes les menuiseries et la pose de volets pour sécuriser à Cherré et un ravalement de la façade et du mur arrière ainsi qu’un remplacement de chaudière à Cherreau.
Les façades des deux mairies seront aussi ravalées et le local que nous possédons allée Beauregard, au niveau de la boucherie.
À Cherreau, des travaux importants de rénovation du bâtiment du café du Nord vont commencer pour pallier les problèmes d’isolation et d’infiltration d’eau. On a missionné des architectes pour trouver des solutions pour que nos commerces soient attractifs et que les gens aient envie d’y travailler dans les bonnes conditions. On a aussi prévu la réalisation d’un city-stade sur le terrain de sport. »
Y a-t-il d’autres projets pour améliorer le cadre de vie ?
« Nous allons acquérir une maison qui jouxte la micro-crèche et mener une réflexion sur une éventuelle extension. Si on veut attirer de nouvelles personnes qui viennent travailler sur notre territoire, il faut avoir des services et ça démarre avec les petits. S’ils vont à la micro crèche, ils vont au multi-accueil et on peut espérer qu’ils poursuivent à l’école.
D’ailleurs, au pôle petite enfance, nous allons aménager le patio avec des jeux et la pose de voiles d’ombrage.
Dans les travaux qui font démarrer très rapidement, on réalise un parking de 18 places dans le lotissement de la Grouas. On a aussi finalisé le lotissement La Fosse à Cherré et sur La Grouas 2, il nous reste deux lots à commercialiser. Notre problème c’est qu’on n’a quasiment plus de lots à vendre aujourd’hui. »
Le Plan local d’urbanisme intercommunal vous laisse-t-il des opportunités ?
« Oui, on a des possibilités : la première, on l’avait anticipée puisqu’on est propriétaires d’une parcelle à Cherreau sur laquelle il est prévu de faire le lotissement du Lavoir 2. Dans un premier temps, il est prévu d’y recevoir 56 lots dont 28 lots commercialisés par la commune et 28 sous la maîtrise d’un bailleur social où il y aurait du locatif et de l’accession à la propriété.
Parallèlement à Cherré, on a une acquisition en cours d’un terrain rue des Chaintres. On pourra y recevoir 8 à 10 maisons. Et dans le cadre du PLUi, on a une autre opportunité sur un terrain situé route de Cormes où on peut acquérir 3,5 hectares, soit 70 maisons. »
Vous êtes plutôt satisfait du PLUi ?
« Il nous laisse des opportunités, oui. On travaille aussi sur des dents creuses et des réhabilitations dans le centre bourg pour encourager les gens à y rester. Et puis, pour les nouveaux lotissements, aujourd’hui tout le sens du PLUi c’est de limiter la consommation foncière pour que les agriculteurs puissent continuer à exploiter parce qu’on en a besoin. Il faut travailler avec eux. C’est aussi pour ça que ça prend du temps. »
Le cadre de vie, c’est une priorité de 2021 ?
« Nous sommes très attachés aux liaisons douces : aménagement du chemin du Hardoin pour faire un cheminement piéton entre Cherré et Cherreau, poursuite des sentiers de randonnées aussi dans le domaine du Haut-Buisson… On a aussi lancé un autre projet : la requalification urbaine de l’îlot en centre bourg de Cherreau pour mettre en valeur tout ce qui existe et assurer une liaison douce entre la mairie, la salle des fêtes, le terrain des sports, les lotissements et l’école. Ça sera un programme sur quelques années.
On réfléchit aussi à un aménagement de la route de Cormes pour créer un espace pour les piétons et les cyclistes. Le développement de nos futurs lotissements se fait sur cette partie-là . On l’a vu dans la crise, les gens recherchent des espaces pour cheminer. L’idée c’est de leur offrir la possibilité de se déplacer. C’est ça notre politique. »
En mettant en avant l’environnement ?
« Près de 1 000 mètres de haies pourraient être replantés à Cherreau grâce à une convention en cours de signature avec Vinci. Ça permet de reboiser, de penser à la nidification et c’est plus agréable pour les piétons d’être à l’ombre ou à l’abri du vent, de la pluie ou de la neige. L’objectif c’est de replanter des essences locales, ça va dans le cadre de notre politique de l’environnement. »
Y a-t-il d’autres dossiers prioritaires ?
« Un autre sur lequel on travaille d’arrache-pied : l’eau potable. Nous avons 3 kilomètres de réseaux à construire pour relier une station de traitement à La Platière. Nous allons aussi refaire une canalisation d’eau potable dans la rue Alice-de-Monaco et en profiter pour revoir le réseau d’eaux usées. Ce travail est en partenariat avec la ville de La Ferté-Bernard. On réfléchit d’ailleurs à la création d’un syndicat de production et de distribution d’eau potable, en vue de la construction de la nouvelle station de pompage.
Et puis en cette période, la priorité c’est aussi de garder le lien avec le monde associatif et les forces de sécurité. Il faut que tout le monde travaille ensemble. Chacun a un rôle à jouer. »
Le Haut-Buisson, fil rouge du mandat
Le dossier du Haut-Buisson est déjà engagé depuis plusieurs années. Jannick Niel et son conseil municipal se le sont approprié et vont travailler dessus tout au long du mandat. Nous avons un programme important et notamment la poursuite des travaux de rénovation de la maison du gardien
, explique le maire. Elle devrait être terminée d’ici la fin mars 2021.
Projet suivant : la sécurisation du château en lui-même. Les travaux pourraient commencer à la fin du premier semestre. Ce sont des travaux lourds avec la réfection de toute la toiture et la mise hors d’air.
Tous ces investissements s’inscrivent dans le plan de relance pour soutenir les entreprises. « On a la plupart du temps recours à des entreprises locales, précise le maire. On sait qu’elles sont très attentives aux décisions que la collectivité va prendre. » Pour financer les travaux, le conseil municipal cherche des subventions : On va déposer des dossiers auprès de la fondation et du loto du patrimoine. On frappe à toutes les portes. » C’est seulement après que le château trouvera sa fonction, « en lien avec l’Histoire et la vie de la princesse Alice de Monaco
, assure Jannick Niel.
Le but c’est de préserver un patrimoine qui nous a été transmis et de la faire revivre au fur et à mesure. C’est un fil rouge sur notre mandat.
Depuis l’acquisition en 2009, près de 2 millions d’euros de travaux ont été engagés au Haut-Buisson pour la sécurisation et la rénovation des différents bâtiments.