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Agriculture en Sarthe. Plantes, homéopathie, acupuncture : comment Jennifer soigne ses bêtes... |
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Jennifer Herpin. © Le Maine Libre – D. LAMBERT
Alors que la Foire du Mans 2020 est repoussée en 2021, panorama de l’agriculture en Sarthe en plusieurs volets. En ce mois de septembre 2020, les pratiques évoluent. Agricultrice installée en Gaec conventionnel, à Challes, Jennifer Herpin fait figure d’experte. Aux traitements vétérinaires habituels de ses vaches, la jeune femme ajoute des soins par les plantes, l’homéopathie ou l’acupuncture. Et ça marche.
Je n’aime pas les piqûres.
Aiguille en main, Jennifer montre ce lundi 7 septembre 2020 comment elle apporte des soins complémentaires à ses vaches et ses veaux.
Installée en Gaec avec son mari depuis cinq ans, seuls aux commandes depuis deux ans avec un salarié à temps plein, Jennifer veille sur une centaine de vaches laitières, 30 à 40 veaux par an
, 110 hectares réservés pour l’alimentation du bétail et 80 hectares de céréales.
Elle observe, surtout. C’est la base du métier.
Une vache qui garde la tête en bas ou se gratte
de façon anormale, sont des signes
qui lui font dire qu’elle doit intervenir. Son truc, c’est d’anticiper
. On nous demandera dans les années qui viennent de réduire les antibiotiques… Je préfère anticiper que me retrouver au pied du mur.
Des huiles essentielles – 2 ou 3 ml par animal, pas plus
- en préventif, des compléments d’herbes broyées pour drainer
, ou quelques points d’acupuncture en période de vêlage, voilà son secret.
Rien pourtant ne destinait cette fille d’infirmière et d’ouvrier en secteur automobile à se diriger vers l’agriculture. Mais les animaux, j’ai toujours aimé ça
. Son BTS, elle le passe en production animale
. Un stage chez un vétérinaire en 2013 lui met l’homéopathie sous le nez. Je m’y suis intéressée.
Lit des ouvrages sur le sujet. Enchaîne avec une formation en aromathérapie (soin par les plantes, ndlr). Puis en acupuncture auprès d’une vétérinaire
.
La santé, c’est une affaire d’équilibre entre bons et mauvais éléments
poursuit-elle. Ce qui commence par l’alimentation : l’herbe – ensilage – intervient désormais pour moitié dans les rations. Avec des compléments naturels à base d’herbes mêlées pour le métabolisme.
Le résultat de tout cela ? Des frais de vétérinaire qui ont baissé de 25 %
. De quoi renvoyer l’image d’hurluberlus
des débuts, au rebut. Et moi, je me sens bien à faire ça
.
Depuis, elle a intégré le groupe Santé
sud Sarthe de la Chambre d’agriculture. Nous étions cinq ou six au début
confie-t-elle. Une trentaine aujourd’hui, dont une majorité d’agricultrices. Les femmes ont davantage de sensibilité
sur ce sujet, constate-t-elle. Et aussi des agriculteurs qui ont déjà un certain âge mais retrouvent là de la motivation
.
Finalement, ces méthodes complémentaires
revigorent tous les métabolismes. La Chambre d’agriculture les a même intégrées dans son catalogue de formation. Olivier Lebert, qui la connaît depuis ses débuts, résume en un trait : aujourd’hui Jennifer fait partie des expertes
en Sarthe.
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