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Agriculture en Sarthe. Comment faire face à la pénurie de main-d’œuvre ?... |
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Voivres-lès-Le Mans, vendredi 4 septembre. Mathis, élève au lycée agricole de la Germinière de Rouillon, débute son apprentissage chez Pascal Jousse, en Gaec avec Samuel Friscault, son tout premier apprenti. © Le Maine Libre – YVON LOUÉ
Alors que la Foire du Mans 2020 est repoussée en 2021, panorama de l’agriculture en Sarthe en plusieurs volets. Depuis quelques années, les agriculteurs doivent pallier le manque de bras. Face à ce problème, ils se sont pris en main. Formation, recrutement, découverte du métier, groupement d’employeurs… toutes les idées sont bonnes.
Le manque de main-d’œuvre est un problème récurrent dans le secteur de l’agriculture. Depuis au moins une quinzaine d’années
assure Pascal Jousse, président de la section employeurs de main-d’œuvre à la FDSEA 72.
La Sarthe n’y coupe pas. Pour faire face à cette difficulté, plusieurs alternatives ont été mises en place. Certaines datent, d’autres sont plus récentes. Pascal Jousse, également président de l’Anefa (association nationale emploi formation en agriculture), est un peu la référence dans le milieu.
L’agriculteur, aux multiples casquettes, connaît tous les réseaux de l’apprentissage, à la formation en passant par le partage des employés…
Le groupement d’employeur départemental (Ged 72)
En fait, nous nous sommes rendu compte que certains agriculteurs préféraient arrêter une production n’ayant pas les moyens d’embaucher une personne pour les aider. Sans compter tout le côté administratif qui peut s’avérer aussi très lourd à gérer.
Depuis janvier 2019, à l’initiative de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, le Ged 72 a été mis en place. L’objectif de cette association ? Recruter des salariés agricoles afin de les mettre à disposition des agriculteurs, adhérents à l’association
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L’association se charge du recrutement, de la gestion des plannings et de la partie administrative. C’est le Ged 72 qui devient le véritable employeur. C’est beaucoup plus rassurant pour les exploitants
confirme Pascal Jousse.
Pour la première année d’exercice, 10 000 heures de travail ont été rémunérées par ce biais.
Service de remplacement sarthois (SR)
Ce système de remplacement existe déjà depuis plusieurs années mais à l’échelle cantonale. Depuis juillet 2020, ce service a été repensé à l’échelle départementale. Pour le moment, il couvre 60 % du territoire avec trois employés en CDI et une trentaine de CDD. L’objectif ? Assurer 30 000 heures de travail par an
assure Pascal Jousse. Soit un peu moins de la moitié du nombre d’heures demandé en Sarthe pour les remplacements.
Nouveauté également pour le SR, des formations pour spécialiser les salariés.
Aujourd’hui, ce système fonctionne en mutualisant ses moyens avec le Maine-et-Loire, notamment en qui concerne la gestion des plannings. Mais Pascal Jousse l’assure, la structure ne sera pérenne à long terme que si tous les cantons du département adhèrent à ce système
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Les alternatives
Le Ged 72 et le SR sarthois sont des employeurs. D’autres associations ou alternatives permettent aussi de recruter ou de faire découvrir les métiers de l’agriculture. L’Association nationale emploi formation en Agriculture (Anefa) est notamment très active notamment avec une animatrice qui sillonne le territoire.
L’Anefa est un facilitateur de liens avec notamment une bourse à l’emploi sur son site internet et aussi un dispositif, Agri’mouv 72 qui permet d’aller à la découverte de l’agriculture, avec des ateliers, des visites d’entreprises, des stages… en partenariat avec Pôle emploi.
Sans oublier, l’apprentissage, les lycées agricoles, les Maisons familiales rurales (MFR)…
En Chiffres
1 672 employeurs
L’emploi salarié en production agricole en Sarthe, c’est 1 672 employeurs, 8 777 salariés pour 2 641 équivalents temps plein dont 42 % sont des contrats à durée indéterminée.
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