|
À Tout Bout de Champ à Chantenay-Villedieu : « On est fier de ce que fait la jeune génération »... |
2
Mardi 12 juillet, sous la tente, après une bonne matinée de travail, les bénévoles ont le droit à un déjeuner avant de réattaquer pour préparer le site du festival A Tout Bout d’Champ. © Ouest-France
Le festival À Tout Bout d’Champ qui aura lieu à Chantenay-Villedieu le samedi 16 juillet, c’est une association « La bonne humeur » ; c’est aussi et surtout des bénévoles investis dans une commune où l’esprit associatif n’est pas un vain mot.
Chantenay-Villedieu, son plan d’eau, son cadran solaire à l’ancien café Roîné, son four à chanvre de Thomasin, sa fête de la rillette au mois d’août et désormais, depuis 2017, son festival À Tout Bout d’Champ. Comment un petit village de l’ouest de la Sarthe avec ses 841 habitants arrive-t-il à mobiliser pour organiser de tels événements dont la renommée va bien au-delà des frontières de la commune ?
Un art consommé de l’associatif
La réponse est simple et tient en deux mots : « ses bénévoles ». Et c’est Alban Bouvet, le président du comité de la bonne humeur, organisateur du festival À Tout Bout d’Champ qui en parle le mieux. « Cela ne tient pas qu’à nous mais à tous nos bénévoles. » À Chantenay-Villedieu, c’est plus d’une vingtaine d’associations. Un art consommé de l’associatif et de son esprit.
Lire aussi : VIDÉO. À Chantenay-Villedieu, la 4e édition du festival À tout bout d’Champ se prépare
Quand on naît à Chantenay, il faut croire qu’on tombe dans la marmite du monde associatif très jeune. « Je me souviens qu’à six ans, je faisais déjà des frites au festival des rillettes, se souvient, Benjamin Foucault, membre du comité de la bonne humeur. On y a attrapé une énergie que l’on a envie de transmettre. »

Foot, fanfare : chacun des bénévoles a eu une autre vie dans la vie associative chantenaysienne. Ouest-France
Alors quand les jeunes du village ont présenté ce projet de festival de musiques en milieu rural, les aînés ont tout de suite souscrit. Naturellement. « On ne nous a jamais mis de bâton dans les roues » confie Alban Bouvet. Jeunes et moins jeunes Chantenaysiens sont animés par la même flamme, celle du lien social. « Ce que l’on souhaite faire, c’est rassembler. A Tout Bout d’Champ, c’est ça et cela se comprend dans la programmation proposée. Nous, notre réussite, c’est de voir toutes les générations présentes repartir avec le sourire et que les gens ont envie de revenir. » Ni plus, ni moins. Il n’y a pas de courses à l’armement avec d’autres festivals. Juste l’envie de rester à taille humaine, d’être fidèle à ses principes, en s’appuyant sur ces bénévoles si précieux, même ceux appelés de dernière heure qui ont grimpé dans le train déjà en marche.
« Le sentiment de participer à un événement de premier plan »
Ce mardi-là , à quatre jours du festival, programmé le 16 juillet, sous le barnum, le soleil tape, la tireuse à bière est à la limite de la tendinite. « On est content de se retrouver, il y a une ambiance familiale, lâchent en chœur quelques bénévoles sexagénaires qui à Chantenay en ont connu d’autres de tels moments. On a le sentiment de participer à un événement de premier plan. On est aussi là pour soutenir les jeunes qui ont monté ce festival. Quand on voit l’organisation que cela demande, la rigueur qu’ils y mettent, c’est normal de leur apporter un coup de main. »
Ils étaient là aux premières heures du festival. Ils sont encore là cette année pour poser des barrières, installer des loges, des sanitaires. « À Chantenay, il y a toujours eu cet esprit du bénévolat et du milieu associatif. Il n’y a pas de clans et on a toujours besoin de mains. »
Bouillon intergénérationnel
Ils en rient les anciens de voir comment les jeunes mènent la barque. « Les mentalités ont évolué. De notre temps, à certains, on ne leur aurait parlé sur un tel ton. » Là , le bouillon intergénérationnel teinté d’enthousiasme emporte tout sur son passage. Samedi, pendant le festival, ils auront tous un poste. À la buvette ou ailleurs. Ils seront là le lendemain et les jours d’après pour démonter. Et dans quelques semaines, ils remettront le bleu de travail pour la fête de la rillette. Le 7 août plus précisément pour une 40e édition. Et les anciens pourront compter sur les jeunes.