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À Marolles-les-Braults, La Vierge du Rosaire a fait peau neuve... |
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La Vierge du Rosaire va très prochainement retrouver sa place dans l’église Saint-Remy. © Andrea Rheinfrank
Depuis 2021, le tableau qui ornait le retable de l’église Saint-Rémy était en cours de restauration. Aurélie Terral-Dréano a exécuté ce travail avec passion et minutie. Il retrouvera son église, jeudi 1er février 2024.
 La Vierge du Rosaire du peintre manceau François Salé faisait partie des œuvres exposées en 2021 aux Trésors d’art sacré, à l’Abbaye de l’Epau »,
se souvient Aurélie Terral-Dréano. Pour préparer les peintures exposées, Anetta Palonka-Cohin, commissaire générale de l’exposition, demande aux restaurateurs locaux de les dépoussiérer et en fait un constat d’état. Elle en choisit une dizaine pour les proposer la restauration.  J’ai été sélectionnée pour travailler sur le tableau de l’église Saint-Rémy »,
note la professionnelle.
Un travail de préparation minutieux
Après l’exposition, le précieux tableau, classé monument historique, ne reviendra plus dans l’église Saint-Rémy mais sera transporté à Moitron-sur-Sarthe, où Aurélie a installé son atelier en 2010.  J’ai dû constater qu’il était en très mauvais état. Au cours des précédentes restaurations, il avait été collé sur une plaque de contreplaqué et la toile était cloquée. La couche picturale était également très abîmée et la facture d’origine dénaturée.Â
L’experte commence par dérestaurer l’œuvre et la confie à un menuisier qui doit retirer la plaque de contreplaqué.  J’ai eu la mauvaise surprise de trouver une épaisse couche de céruse, un pigment synthétique à base de plomb et extrêmement toxique qui était à l’origine de la déformation et de la rigidité de la toile.Â
L’experte s’attelle à la tâche fastidieuse et physiquement difficile de réduire cette couche et de redonner de la souplesse à la toile.
La toile retrouve sa splendeur d’antan
La restauratrice est maintenant en mesure d’étendre la toile sur un châssis fabriqué sur mesure pour lui donner une bonne planéité. Vient à présent le travail sur la couche picturale.  J’ai commencé par un nettoyage pour enlever la crasse, les vernis et dégager partiellement les repeints. Malheureusement, il ne reste plus beaucoup de la peinture originale de François Salé »,
déplore la quadragénaire. Ce travail, lui, a, entre autres, permis de faire différents constats.  Je pense que ce tableau n’a pas été fait pour le retable de Marolles. Le retable date de 1644 et le tableau porte une date postérieure. Aujourd’hui de dimension 222 cm par 167,5 cm, il a sans doute été coupé pour orner le retable.Â
Ce jeudi 1er février 2024, l’œuvre sera reposée dans l’église Saint-Rémy et Aurélie est en train de finir de retoucher la peinture.  Il faut rendre le tableau lisible dans son état et créer une esthétique adaptée.Â
Contact : www.aurelie-terral-dreano.fr ou 06 77 14 43 12