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À l’usine Valéo de La Suze-sur-Sarthe, c’est le dernier jour de « travail » pour 190 salariés... |
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L’usine Valéo de La Suze-sur-Sarthe. Les dernières machines ont été stoppées le 30 avril. © Archives Jérôme Fouquet / Ouest-France.
La grande majorité des salariés Valéo de La Suze-sur-Sarthe entreront pour la dernière fois, lundi 2 juin 2025, dans leur usine. La direction de l’équipementier automobile sarthois les accueillera par groupes, pour leur présenter la cellule de reclassement. Les lettres de licenciement doivent arriver entre le 4 et le 7 juin.
Ils n’y travaillent déjà plus, pour la plupart, depuis plusieurs semaines : les salariés de Valéo à La Suze-sur-Sarthe, ont rendez-vous une dernière fois avec leur direction, lundi 2 juin. Dans l’usine silencieuse qui fabriquait des radiateurs thermiques et des évaporateurs, 190 d’entre eux vont être reçus et informés par leur direction du fonctionnement de la cellule de reclassement.
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La cellule s’installera en dehors du site Valeo, près du gymnase de la ville. Les salariés seront invités à vider leurs casiers et remporter leurs affaires. Ce sera, pour la plupart, la dernière fois qu’ils entreront sur le site. Les lettres de licenciement arriveront au domicile des salariés entre mercredi 4 et samedi 7 juin. Après l’arrêt des dernières machines il y a un mois, c’est le dernier acte dans l’histoire de l’équipementier automobile, démarrée ici en 1963.
Valeo a compté à La Suze jusqu’à près de 2 000 salariés. Au terme de cette journée du 2 juin, il ne devrait rester sur site qu’une cinquantaine de salariés en charge du démontage et de l’entretien. Et 7,5 hectares de terrains et 3,5 hectares de bâtiments qui cherchent un repreneur. Dans un contexte de loi Zan (Zéro artificialisation nette), le maire de La Suze-sur-Sarthe, Emmanuel d’Aillières, se veut optimiste : les emprises industrielles sont recherchées.
La filière automobile est dans la tourmente
C’est toute la filière automobile, dans la tourmente de la fin des moteurs thermiques d’ici à 2035, qui est en galère : ainsi, Michelin a récemment confirmé que son usine de Cholet (950 salariés) fermera dès cet automne. Plastivaloire (Ouest Injection), à Mamers, subit le même sort (94 salariés). NTM a aussi annoncé des dégraissages lourds à Allonnes (127 postes). Dans la région bretonne voisine, l’usine de Stellantis à Rennes n’échappe pas à ce déclin, avec moins de 70 000 véhicules sortis d’usine en 2024 et un site qui a perdu 10 000 salariés en vingt ans.
La gauche régionale réclame un « plan régional d’avenir » afin d’accompagner les entreprises. Le vice-président de la Région Pays de la Loire, Franck Louvrier, souligne que la collectivité a débloqué la somme d’1,5 million d’euros pour Moldtecs à Laval, en Mayenne, pour aider cet équipementier automobile à se diversifier. En soulignant que c’est à l’échelle de tout l’Europe qu’il est urgent d’agir.