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Sarthe. En neuf ans, l’université du Mans a gagné 2 500 étudiants... |
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Rachid El Guerjouma, président de l’université du Mans. © Photo Le Maine Libre
La succession de Rachid El Guerjouma, président de l’université du Mans depuis 2012, se décidera le 26 mars prochain. Le temps d’évoquer le bilan d’un mandat pas comme les autres.
Le Maine Libre : Neuf années de présidence, ce n’est pas banal.
Rachid El Guerjouma : « Déjà , ce qui n’est pas banal, c’est de présider une université. Avoir la responsabilité d’un budget de plus de 90 millions d’euros, de 1 200 personnels et de près de 13 000 étudiants, de futurs citoyens que nous contribuons à former. C’est aussi goûter au plaisir des réussites, des jeunes diplômés, des chercheurs qui innovent, de rendre nos territoires fiers en répondant à leurs attentes. À mes deux mandatures successives, la crise sanitaire (du Covid-19, NDLR) a ajouté une année supplémentaire, hors du commun ! »
Comment l’université a-t-elle traversé cette période compliquée ?
« L’année Covid, une fois la sidération passée, a été révélatrice de la force de notre université, de ses valeurs, de ses atouts, de la solidité de l’équipe de direction que j’ai eu l’honneur de diriger. Nous avons développé des outils numériques innovants, fort de plus de vingt ans de pratique de l’enseignement à distance et qui concerne près de 10 % de nos effectifs. Et puis il y a eu cet esprit de solidarité, cette mobilisation de tous pour soutenir nos étudiants les plus fragiles. L’université a mis à leur disposition des ordinateurs, des clés 4G, des aides financières et alimentaires, les accompagnant psychologiquement et socialement avec l’aide du Crous, de la ville du Mans et de la région. Nous avons été loués pour notre bonne gestion de la crise. »
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De l’université du Maine 2012 à Le Mans Université 2021, quel bilan dressez-vous de votre mandature ?
« Le premier constat est celui des 2 500 étudiants supplémentaires que nous avons accueillis sur cette période en améliorant leurs taux de réussite et d’insertion professionnelle. De bons résultats obtenus grâce à l’investissement très fort de nos personnels malgré un contexte de sous-dotation manifeste en postes pour notre université de la part l’État.
Un défi relevé au bénéfice de nos territoires, qui sont notre ADN, en renforçant leur caractère universitaire, priorité que nous partageons avec les collectivités. C’est dans cet esprit que nous avons favorisé le développement du site de Laval avec près de 1 200 étudiants aujourd’hui.
C’est pour cela aussi que nous avons créé au Mans puis à Laval la première année de médecine avec l’université d’Angers, contribuant à lutter contre la désertification médicale. Nous avons parallèlement relevé le défi de l’excellence en recherche sur des secteurs bien identifiés qui font rayonner nos territoires à l’échelle nationale et internationale. Je citerai l’acoustique, les matériaux, l’actuariat, l’intelligence artificielle, la géographie, l’histoire ou encore la littérature dont bon nombre s’inscrivent dans le cadre d’instituts visibles, reliant étroitement recherche, formation, innovation et largement ouverts sur le monde socio-économique. Enfin, nous avons donné à notre université, plus qu’un nouveau nom, une nouvelle identité en phase avec ses valeurs, favorisant le sentiment d’appartenance, bénéficiant de la renommée de la ville du Mans, contribuant à valoriser son patrimoine scientifique et culturel, son développement économique, son attractivité. »
Quelles perspectives pour l’université et aussi pour vous-même ?
« En ce qui concerne l’évolution de l’université du Mans, je suis confiant. La dynamique impulsée, associant proximité et excellence, devrait se poursuivre. Pour ma part, outre la reprise de mes activités d’enseignant-chercheur, j’ai bien l’intention de m’investir auprès des collectivités pour contribuer au développement de l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation au Mans et à Laval. Le rapprochement avec l’université d’Angers, qui s’est traduit par la création par le ministère de la communauté d’universités Angers – Le Mans, ensemble universitaire équivalent à celui de Nantes, est une vraie chance pour nos territoires. Je suis disponible pour m’y investir pleinement et conduire ce grand et beau projet. »
Comment vont se dérouler les élections ?
« Les 9, 10 et 11 mars seront renouvelés, par voie électronique, les conseils centraux de l’université, notamment le conseil d’administration qui élira le nouveau président le 26 mars. Plusieurs listes sont en lice, et deux candidats déclarés à la présidence. En plus du président, seront élus les vice-présidents et vice-présidentes. Ainsi va la démocratie dans une belle université citoyenne ! »