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Sarthe. Alcoolique après la mort de son père, Patrick ne boit plus depuis vingt ans1 |
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Patrick a tenu à témoigner de cette maladie qui aurait pu lui gâcher la vie. © Le Maine Libre
Patrick Papin, habitant à Saint-Mars-de-Locquenay, est un ancien malade alcoolique. Un violent choc affectif l’a fait sombrer dans cette addiction, dont il est sorti par sa volonté, le soutien de ses amis et d’une association.
Cela fait plus de vingt ans que Patrick Papin, habitant à Saint-Mars-de-Locquenay, ne touche plus à une goutte d’alcool.
De l’alcool en guise de petit-déjeuner
Le décès de son père en 1993 est le choc de sa vie et le plonge dans une profonde solitude. À ce moment-là , Patrick perd ses repères et s’enlise dans son mal-être : « J’étais célibataire et très proche de lui. Il avait à peine 60 ans. J’ai commencé par boire un verre, puis deux, etc. Je pensais que ça allait m’aider à tenir. Le matin, dès que je me levais je buvais de l’alcool en guise de petit-déjeuner. L’alcool a pris le dessus et je ne pouvais plus m’en défaire. J’en buvais des quantités énormes. Ne répondant pas à différentes convocations de la gendarmerie après des problèmes sur la voie publique, j’ai même fini par faire de la prison ».
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« Non soigné, je perdais mon travail »
À un moment de sa vie, il y a un déclic : « Mon patron m’a dit que si je ne me faisais pas soigner, je prenais la porte. Même mes collègues s’étaient aperçus que je n’allais pas bien. Je n’étais plus apte à travailler. C’était en janvier 1999 ».
Patrick décide donc de se faire soigner et de s’en sortir : « J’ai été hospitalisé durant trois mois. C’était très difficile de ne plus boire une goutte d’alcool. J’ai même eu envie d’en finir. Quand je suis sorti, j’ai bénéficié d’un suivi en hôpital de jour. C’était rassurant ».
Pour que d’autres puissent arrêter
Plus de vingt ans après, il a encore conscience de sa fragilité : « Avant le décès de mon père, je buvais comme tout le monde aux occasions. Ça fait vingt ans que je ne touche plus une goutte d’alcool. Les membres de ma famille sont compréhensifs. Quant aux collègues ou copains, ils ont toujours un peu de mal à comprendre mon abstinence. C’est vrai que l’alcool, c’est convivial. J’ai eu la volonté d’arrêter et je me sens bien désormais ».
En témoignant, Patrick souhaite donner des clés qui pourraient aider les malades alcooliques à s’en sortir : « Il suffit de vouloir arrêter et ne pas lâcher. À l’époque, je me suis tourné vers le mouvement Vie libre du secteur de Bouloire rassemblant des malades alcooliques, des buveurs guéris, des abstinents et des sympathisants, qui m’a beaucoup soutenu. C’est important de pouvoir en parler ouvertement ».
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Et moi ça fait 26 ans que je suis abstinent et je suis heureux. Preuve que l'alcool ne règle aucun problème. Et pourtant lorsque ma femme m'a quitté j'avais là encore une belle occasion pour replonger, Comme quoi à quelque part il y a bien de la volonté. Bonne continuation à toi et courage à ceux qui veulent sen sortir