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Sarthe. Comment savoir si on est alcoolique : « le test est simple »... |
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La bière est l’alcool que les hommes de 18 à 34 ans privilégient de boire, contrairement aux plus de 35 ans qui préfèrent consommer du vin. © Le Maine Libre – HERVE PETITBON
Eric Bignon, responsable départemental «addictions alcool» de l’association Vie Libre Sarthe, explique ce qu’est l’alcoolisme, ses dangers et révèle le test permettant de savoir si une personne est atteinte de la maladie ou non.
Le Maine Libre : Qu’est-ce que l’alcoolisme ?
Eric Bignon, responsable départemental addictions alcool, de l’association Vie Libre Sarthe : Tout d’abord, nous ne parlons pas d’alcoolisme, cela a une connotation péjorative, mais de maladie alcoolique. Car c’est une maladie. Une personne devient malade alcoolique lorsqu’elle n’est plus libre de ne pas consommer : le produit l’appelle.
Quel que soit le produit ou l’action qui nous procure du plaisir, cela active le circuit récompense du cerveau. Tout ce qui est agréable est mis en mémoire. Au fur et à mesure, les doses et la tolérance augmentent. C’est une consommation habituelle et déraisonnable qui conduit à la maladie. Une personne peut être malade alcoolique sans forcément être ivre quand elle boit.
Comment une personne peut-elle savoir si elle est malade alcoolique ?
Le «Dry january», qui a lieu en ce moment, permet de jauger son rapport à la consommation d’alcool. Le but : ne pas boire durant le mois de janvier. En réalité, le test est simple et peut se faire n’importe quand. Il faut prendre quatre jours, le jeudi, vendredi, samedi et dimanche, et ne pas consommer d’alcool tout en continuant à vivre normalement. Ces jours ne sont pas choisis au hasard, ils sont festifs. Si la personne arrive à ne pas boire, elle a une relation saine avec l’alcool. S’il y a une consommation ou un doute concernant cette dernière, il vaut mieux qu’elle en discute avec son médecin.
À partir de combien de verre par jour et/ou par semaine pouvons-nous parler de malade alcoolique ?
Selon l’Organisation mondiale de la santé, une personne peut boire deux verres par jour avec une pause de deux jours dans la semaine. Il faut différencier le verre plaisir et la consommation festive de la consommation excessive. Elle le sera si une personne sort quatre fois dans la semaine et qu’elle boit quatre à six verres à chaque fois. Tant que la personne est capable de se libérer du produit, de s’en passer, il n’y a pas de gros danger.
Quels sont les risques pour la santé ?
Ils sont divers. Chez les adolescents il ne devrait y avoir aucune consommation d’alcool car le cerveau est en maturation jusqu’à l’âge de 25 ans. L’alcool influe immédiatement sur le système nerveux central, les dégâts sont irréversibles : perte de mémoire, problèmes cognitifs, problèmes d’apprentissage… Chez l’être humain en général, l’alcool cause des dégâts cardiaques, rénal, au niveau du foie, des reins et du cerveau. Donc des cancers, des maladies du système nerveux, une cirrhose…
Quelle est la moyenne d’âge des malades qui viennent vous voir ?
Dans nos associations, nous les voyons vers leurs 40 ans. C’est une maladie qui met des années à s’installer, vingt ans en moyenne. Le moment de réflexion est plus ou moins long. Beaucoup ont du mal à pousser la porte, à assumer, ils sont dans le déni.
La consommation chez les jeunes est-elle la même ?
D’après les dernières constatations en Pays de la Loire, il semblerait que la consommation d’alcool chez les jeunes soit en recul. Ils ne boivent pas tous les jours mais leur consommation est tout de suite dans l’excès. C’est ce qu’on appelle le «binge brinking», boire vite pour atteindre l’ivresse à une grande vitesse.
+ Pays de la Loire. L’alcool reste un problème de santé
A savoir
Il y a la même quantité d’alcool dans un demi de bière, une coupe de champagne, un verre de vin ou un verre de rhum. Soit dix grammes d’alcool pur par verre standard. Tous les alcools représentent le même danger. Le seuil recommandé à ne pas dépasser pour l’homme est de trois verres par jour pour l’homme et deux verres par jour pour la femme.
Infos pratiques
Pour toutes les associations il existe des réunions, des groupes de parole et des permanences assurées dans toute la Sarthe.
L’association Vie Libre a des antennes à La Flèche, Sablé-sur-Sarthe, Saint-Calais, La Ferté-Bernard, Montval-sur-Loir et Le Mans.
Contact d’Eric Bignon responsable départemental addictions alcool, Vie Libre Sarthe : 06 70 82 38 71.
Il existe aussi la Fédération des associations et mouvements de lutte contre l’alcoolisme 72 (FAMLA 72). Centre Georges Coulon, 40, rue Henri-Delagénière, Le Mans. Contact : Dominique Boucheron au 06 09 41 03 44 ou le 02 43 54 84 09 ou par mail famla72sosalcool@gmail.com
Numéro national : Alcool info service au 0 980 980 930, de 8 heures à 2 heures, 7 jours sur 7.