|
Pays fléchois. Le projet éolien entre dans une phase de concertation... |
3
Représentants d’associations et élus ont participé à cette première réunion du comité territorial de concertation. © Soleil du Midi – BayWa r.e.
Le projet d’implantation d’un parc éolien dans le secteur du bois de La Garenne des Saars vient de franchir une nouvelle étape. Un comité territorial de concertation s’est réuni pour la première fois à Ligron le mardi 2 février 2021. Il devra se prononcer sur les différents scénarios du projet, allant de quatre à huit éoliennes dans les communes de Bousse, Clermont-Créans et La Flèche.
Porté par BayWa r.e. et Soleil du Midi, le projet d’implantation d’éoliennes dans le bois de La Garenne des Saars avance. Les études environnementales sont en train de se terminer
, explique Thomas Pichot, de la société Soleil du Midi. Il reste encore quelques recherches, notamment sur les batraciens et sur les chauves-souris
.
Le diagnostic territorial est finalisé. Il est quasiment bouclé. On rentre dans la deuxième phase, qui est le choix des variantes. Trouver les emplacements adéquats
. En clair, le projet final. Le scénario de base est de huit éoliennes implantées dans les communes de Bousse, Clermont-Créans et La Flèche. Une variante serait un projet à quatre ou cinq engins. L’objectif étant d’avoir un projet qui soit accepté par le plus grand nombre, même si on sait qu’on n’aura jamais 100 % d’adhésion
.
« Un projet économiquement viable »
Pour les deux sociétés porteuses du projet, les résultats enregistrés par le mât de mesure, installé en janvier 2020 à la lisière de la forêt, sont assez exceptionnels. On était curieux de savoir quel était le gisement éolien, et il est tout à fait significatif. On a actualisé les calculs. Avec huit éoliennes, on arrive à couvrir 100 % de la population fléchoise
.
Ce mât va continuer de trôner quelque temps, pour affiner l’étude. 2020 a été une année assez ventée
. Mais pour Thomas Pichot, on a une ressource qui permet d’avoir un projet économiquement viable
.
Le collectif absent à la réunion
Initié fin 2016, le projet entre dans une nouvelle phase avec la mise en place d’un comité territorial de concertation. Il s’est réuni pour la première fois le mardi 2 février à la salle des fêtes de Ligron. Y participaient des élus, des associations, la LPO, Sarthe Nature Environnement, le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement, la Chambre d’agriculture… Invité, le collectif « Sauvons la Garenne des Saars », qui s’oppose à ce projet, n’était pas présent à cette réunion.

Une quinzaine de personnes participaient à cette première réunion. Soleil du Midi – BayWa r.e.
Thomas Pichot le regrette. On déplore leur absence. On souhaite qu’ils viennent, parce qu’ils ont une place légitime pour s’exprimer
. Contactée par téléphone, la présidente du collectif, Marie-Lucie Guy, précise qu’elle n’a pas pu se rendre disponible pour des raisons professionnelles, et n’a pas souhaité communiquer par rapport à cette réunion. Nous ferons un communiqué de presse par la suite
. Le collectif boycottera-t-il les prochaines rencontres ? Peut-être. On ne sait pas pour l’instant
.
Échanger sur l’implantation du parc éolien
Quel sera le rôle de ce comité ? Échanger sur l’implantation du parc éolien, ses modalités de mise en œuvre et les bénéfices territoriaux attendus
, expliquent les porteurs du projet dans un communiqué. Le comité se réunira à intervalles réguliers tout au long du premier semestre 2021
.
Cet organe est placé sous l’égide d’un médiateur local (Médiation et Environnement). La première réunion avait pour but de présenter les résultats des études préliminaires et d’échanger sur les modalités d’implantation des éoliennes. C’est vraiment l’organe qui nous permet d’avoir des avis éclairés de gens compétents et représentant les diverses sensibilités du territoire
, ajoute Thomas Pichot.
Un PLUi à modifier et des élus à convaincre
Ce projet éolien ne fait pas l’unanimité. Le collectif qui a vu le jour combat l’implantation d’éoliennes à La Garenne des Saars. Lors de la campagne des élections municipales, en mars 2020, Nadine Grelet-Certenais, alors candidate et aujourd’hui maire de La Flèche et présidente du Pays fléchois, avait assuré que nous refuserons l’implantation telle qu’elle est souhaitée
.

Le projet suscite la levée de boucliers de la part d’élus et du président du conseil départemental. Illustration archive Le Maine Libre
En juin, c’est le président du conseil départemental de la Sarthe, Dominique Le Mèner, qui assurait aux membres du collectif qu’il émettait un avis défavorable à ce projet. Enfin, le Plan local d’urbanisme intercommunal validé début 2021 ne permet pas l’implantation d’éoliennes dans ou aux abords de cette forêt.
« Notre projet est dans l’intérêt collectif »
Toute position est légitime
, reconnaît Thomas Pichot, rappelant que les autorisations sont délivrées par la préfecture
. Pour le Plan local d’urbanisme, par contre, il devra faire l’objet d’une modification. C’est ce travail de concertation de ce comité qui va permettre d’avoir un positionnement. Il faut apporter les preuves que notre projet est dans l’intérêt collectif. Qu’il s’insère dans le paysage
.
Les deux porteurs du projet comptent aussi sur un travail initié par le ministère de la Transition écologique. Il va y avoir de nouveau des cartes régionales d’implantation de l’éolien dont le préfet pourra se servir.
Un compte rendu de cette première réunion de travail sera disponible sur le site parc-eolien-paysflechois.fr/
À lire également :
+ La Chapelle-aux-Choux/ Saint-Germain-d’Arcé. Eoliennes : l’opposition ne faiblit pas
+ Saint-Jean-de-la-Motte. Le projet des éoliennes est à l’arrêt
+ Maine Saosnois. Projet éolien : plusieurs maires réagissent à la décision du préfet
Téléchargez la nouvelle appli des médias du groupe Sipa Ouest-France