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Élections départementales. En Sarthe, le casse-tête des communes pour trouver des assesseurs... |
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Trouver suffisamment d’assesseurs n’est pas forcément simple pour ces élections. Les maires et les élus des communes ont dû se démener. © Photo archives CO
De nombreuses communes sarthoises ont connu des difficultés à trouver des assesseurs pour tenir les bureaux de vote lors des élections départementales et régionales des 20 et 27 juin 2021.
Les dimanches 20 et 27 juin 2021, la participation sera-t-elle au rendez-vous pour les élections départementales et régionales ? Dans l’immédiat, ce qui préoccupe certaines communes consiste à trouver suffisamment d’assesseurs pour tenir les bureaux de vote. Pour faire le point sur la situation, le contact a été pris avec Jeanne Belanyi, directrice de l’Association des maires, adjoints et présidents d’intercommunalité de la Sarthe. Elle a décidé, lundi 7 juin 2021, d’envoyer un questionnaire aux municipalités du département : 70 d’entre elles ont répondu. De quoi se faire une idée précise.
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Que ressort-il de ces retours ? Globalement, si dans la Sarthe la plupart sont arrivés au bout de leur peine, d’autres étaient toujours en quête de volontaires ce milieu de semaine. Mercredi, 54 communes sur les 70 interrogées avaient bouclé leur recrutement pour tenir les bureaux de vote. Mais tout n’a pas forcément été simple, puisque 33 ont indiqué avoir connu ou connaître des difficultés pour recruter des assesseurs.
Beaucoup de départs en week-end
Dans le questionnaire, j’ai demandé à ces municipalités les raisons de ces soucis pour trouver des volontaires. Et beaucoup l’ont justifié par la période estivale. Après la période de confinement, nombreux sont ceux qui décident de partir en week-end
, analyse Jeanne Belanyi. Autre élément mis en avant : les assesseurs devront être vaccinés ou présenter un test PCR de moins de 48 heures. Et cela a découragé certaines personnes.
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Nous constatons également un certain désintérêt pour ces élections. Rien à voir avec les présidentielles ou les municipales, pour lesquelles tout est beaucoup plus simple. Beaucoup ont envie de les vivre, d’assister au dépouillement, et trouver des assesseurs est plus facile.

Pour faire le point sur le recrutement des assesseurs, Jeanne Belanyi a envoyé un questionnaire aux maires du département. Photo Le Maine Libre
La difficulté du double scrutin
Un autre phénomène semble expliquer cette complexité à trouver du monde pour tenir les bureaux de vote : le double scrutin. Ce qui signifie qu’il faudra doubler le nombre d’assesseurs
, note Jeanne Belanyi.
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En jetant un œil sur ce qu’ont répondu les municipalités dans ce questionnaire, on peut lire ceci : météo estivale
, certains sont déjà en vacances
, moindre intérêt pour ces élections dans un contexte de crise sanitaire.
Du côté de la commune de Mézeray, on évoque les nombreux week-ends programmés en juin. D’autres parlent d’absence ou de défection d’élus
pour tenir les bureaux de vote. Avec deux élections au programme, Marigné-Laillé, qui compte 19 conseillers municipaux, aura dû trouver 36 volontaires. Nous n’avions jamais eu besoin de tant d’assesseurs
, indique la municipalité. Enfin, cet argument à prendre en compte pour le premier tour : le 20 juin, c’est la fête des Pères. Journée que beaucoup passeront en famille.
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Des réseaux sociaux au porte-à -porte
Dans ce contexte, et en prenant en compte toutes ces considérations, maires et élus ont dû se démener pour pouvoir compter sur le contingent nécessaire les 20 et 27 juin prochains. Beaucoup ont communiqué sur leurs besoins. Essentiellement via les réseaux sociaux ou en appelant par téléphone des citoyens susceptibles de répondre favorablement
, explique Jeanne Belanyi.
Certains n’ont pas hésité à faire du porte-à -porte, ou à contacter d’anciens élus. On a également utilisé les panneaux municipaux pour informer sur ces besoins. Le monde associatif, dans lequel les gens sont engagés pour leur commune, a également été largement sollicité.
Bref, pour ceux et celles qui sont à la tête des communes, il a souvent fallu se démener pour boucler le recrutement de ces assesseurs. Et finalement, la plupart y sont arrivés dans la Sarthe. C’est plutôt rassurant
, reconnaît Jeanne Belanyi.
Au Mans, « pas simple » malgré le vote électronique
Au Mans, le vote sera électronique. Une chance puisque nous ne serons pas dans l’obligation de doubler les bureaux. Ils seront équipés chacun d’une machine, qui servira pour les deux scrutins
, explique Lydia Hamonou-Boiroux, adjointe au maire, déléguée à la citoyenneté, à la population et aux anciens combattants. Malgré tout, le recrutement de ces assesseurs n’est pas simple. D’autant que nous souhaitons pour chaque bureau un président, un secrétaire et trois assesseurs au lieu de deux.
Sachant que la ville comptera 97 bureaux de votes, il est donc nécessaire de trouver 97 personnes supplémentaires. Alors, nous avons relancé nos bénévoles habituels, et cela a plutôt bien fonctionné, même si certains seront partis ou en famille après cette période de restrictions
, indique Lydia Hamonou-Boiroux.
Des jeunes recrutés
Les élus seront bien entendu présents. C’est d’ailleurs une obligation pour eux. Nous sollicitons également les agents de la Ville, sur la base du volontariat, ainsi que les enfants majeurs de ceux-ci. À condition que les uns et les autres soient domiciliés sur Le Mans
, poursuit l’adjointe à la citoyenneté.
Autre solution : nous allons procéder à du recrutement, et la volonté politique sera de nous tourner vers les jeunes, qui ont souffert financièrement pendant la pandémie. Nous allons également rechercher des personnes dans la liste de deux qui occuperont des postes d’été dans nos services.
Si les bénévoles, par définition, ne seront pas rémunérés, les agents de la ville et les jeunes recrutés le seront en revanche.
« Ceux qui ne croient plus en nos politiques »
À La Fontaine-Saint-Martin, le compte est bon pour le premier tour. Mais il nous manque cinq personnes pour le 27 juin
, indique Christophe Libert, le maire. La raison de cette pénurie ? Les gens ont autre chose à faire après ce que nous avons vécu. Ils veulent en profiter.
Mais selon le premier édile, un autre paramètre expliquerait le phénomène : de plus en plus ne croient plus en nos politiques. C’est en tout cas ce qui m’a été remonté
, indique-t-il. Plusieurs, que je connais bien, m’ont indiqué qu’ils auraient été là pour m’aider, lors d’une élection municipale. Mais qu’ils n’ont pas envie de s’impliquer pour ces départementales et ces régionales.
C’est à mon avis à l’image de la société qui est en train de changer
, relève Christophe Libert. D’ailleurs, dans notre commune, le RN représente 44 %. Il n’y a pourtant pas de délinquance. C’est plutôt inquiétant.