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Covid-19. Épreuves du baccalauréat maintenues : en Sarthe, entre soulagement et inquiétude... |
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Les épreuves de philosophie et de français se dérouleront le jeudi 17 juin 2021. Le grand oral commencera le 21 juin et s’étalera jusqu’au 2 juillet. © Photo archives Le Maine Libre Denis LAMBERT
Les lycéens réagissent après l’annonce du maintien des épreuves du baccalauréat en juin. Certains sont contents, d’autres auraient préféré qu’elles soient annulées au profit du contrôle continu.
Le Grand oral
Pierre estime que cette épreuve est davantage un exercice de forme que de fond. Je suis à l’aise à l’oral, cela me fait d’autant moins peur que nous choisissons notre sujet. Il n’y aura pas de mauvais surprise.
Noémie* se sent également prête pour le grand oral et ne veut pas qu’il soit supprimé. « J e ne pense pas que le fait d’être en distanciel influe sur cette épreuve. Sachant qu’elle se compose d’une question préparée par le candidat et de la présentation du projet professionnel, on choisit le chapitre qu’on veut, donc en avoir vu deux ou dix-huit ne change pas grand-chose ». Elle estime par ailleurs que « le supprimer rectifie peut-être une faible inégalité entre distanciel et présentiel (certains lycées ont maintenu la présence de leurs élèves à 100 %, d’autres à 50 %, NDLR), mais en crée une supérieure en mettant le contrôle continu comme principal mode d’examen. Dans ce cas-là , les inégalités sont supérieures entre les lycées dans lesquels les élèves sont notés simplement et les lycées de haut niveau qui préparent les lycéens aux études supérieures ».
Pour Marine en revanche, élève plutôt timide, maintenir le grand oral est une aberration. Dans les textes, cette épreuve qui a un fort coefficient (10) doit être préparée en deux ans. Ce qui n’a pas été fait dans mon lycée l’an dernier, en raison de nombreuses grèves (contre les E3C, NDLR) et du premier confinement. Je n’arrive pas savoir ce que l’on attend de moi.
Elle pointe également les inégalités entre lycées, entre ceux qui ont pu faire passer des oraux blancs à leurs élèves, et les autres. Dans le lycée de François, conscient d’être privilégié car il a poursuivi à temps plein ses cours en présentiel, « les enseignants de spécialité ont privilégié le programme au détriment du grand oral, pensant que les épreuves communes auraient lieu. Elles ont été annulées, un peu tard d’ailleurs, mais, pour les annonces de dernière minute, nous sommes habitués maintenant », ironise le lycéen.
Un coef’14 pour la filière technologique
Lycéens en filière technologique, Clara* et Oscar* paniquent
à l’idée de passer le grand oral. Nous ne pouvons acquérir des compétences oratoires en une année, surtout quand on est en difficulté sociale ou de nature anxieuse. Et encore davantage avec un enseignement hybride. Le coefficient 14 appliqué au bac techno n’est en rien justifié, comparé au coefficient 10 des lycéens de général
, considèrent par ailleurs les lycéens.
La philosophie
Antoine* ressent une profonde injustice à devoir passer les épreuves de philosophie et le grand oral alors que l’an dernier, les candidats au bac ont eu un contrôle continu total. La majorité de leur année s’est pourtant déroulée normalement
, ce qui n’a pas été son cas depuis la rentrée de novembre 2020 où il n’a été en cours qu’un jour sur deux.
Dans l’établissement de Pierre, les élèves de terminale ont également été au lycée un jour sur deux depuis la rentrée des vacances de la Toussaint. Pendant qu’ils étaient chez eux, certains ont eu des cours en visio, d’autres non. Ce sera quitte ou double.
Il estime cependant que les épreuves sur table sont nécessaires pour se préparer à l’enseignement supérieur, d’autant plus que l’an dernier, les épreuves de français et les épreuves communes ont été annulées au profit du contrôle continu
.
Noémie, elle, a eu la chance de bénéficier de cours en présentiel, à temps plein. Elle ne craint pas cette épreuve même si elle reconnaît qu’elle nécessite un réel entraînement à la rédaction et des connaissances solides, que j’ai pu recevoir, mais que des camarades d’autres lycées ont eu plus de difficultés à acquérir
s’ils étaient en enseignement hybride.
Marine n’est pas effrayée non plus par cette épreuve. La préparation à distance est plus facile car il s’agit davantage de méthode et de notions à apprendre. Par ailleurs, nous aurons cette année le choix entre trois textes au lieu de deux
.
Quant à Robin*, il appréhende l’épreuve pour des raisons sanitaires. Nous allons être enfermés, sans doute nombreux, pendant quatre heures dans une salle
, observe-t-il.
Les épreuves anticipées de français
Avec une moyenne générale de 13 en français, Sophie aurait largement préféré que le contrôle continu soit privilégié, comme l’an dernier
. Nous n’avons pas eu le temps d’étudier tous les textes et nous entamons seulement la troisième œuvre (sur 4). Cela m’angoisse vraiment, je ne me sens pas suffisamment préparée
.
Quentin a, lui, 11 de moyenne générale en français. Passer les épreuves ne me dérange pas mais si je peux les éviter j’aime autant
, confie-t-il. On n’a pas encore vu tous nos textes mais nos profs nous ont quand même bien préparés
, malgré l’enseignement à distance une journée sur deux.
Pour Paul* en revanche, les dés sont jetés. Les confinements successifs puis l’enseignement hybride ont eu raison de sa motivation. Il a complètement décroché. Que les épreuves aient lieu ou que le contrôle continu soit privilégié ne fera pas de différence, ce sera catastrophique
, témoigne-t-il résigné.
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>>> Un rattrapage pour les étudiants en BTS
L’an dernier, l’examen de fin d’études a été supprimé au profit du contrôle continu. Cette année, il est maintenu et se déroulera en mai.
La crainte de nos étudiants était de ne pas pouvoir le passer s’ils étaient positifs à la Covid ou cas contact. Et le risque était que des étudiants viennent se sachant malades pour ne pas être pénalisés et perdre leurs deux années
, explique une enseignante d’un lycée manceau. Ils ont depuis été rassurés : les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont décidé de mettre exceptionnellement en place une session de rattrapage pour les étudiants qui n’auront pas pu valider leur diplôme. Elle aura lieu en juillet.
Des modalités plus souples ont également été prévues pour les stages de fin d’année, dont l’organisation peut être fragmentée pour en faciliter l’organisation.
*Les prénoms ont été modifiés