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Virtual Regatta. Ce Sarthois tient le bon cap... |
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Ballon-Saint-Mars, samedi 9 janvier 2021. François Rondeau, ici avec le bateau de son équipage, Maître Coq, qui devrait passer la ligne d’arrivée d’ici quelques jours. © Le Maine Libre – YVON LOUE
Depuis le 8 novembre 2020 et le départ de la course en solitaire du Vendée Globe, François Rondeau ne lâche plus son ordinateur ou son smartphone.
C’est en 2016, avec l’édition précédente du Vendée Globe, que François Rondeau, Vendéen d’origine, a débuté dans le e-sport, version course à la voile, avec Virtual Regatta. Un essai qui est devenu au fil des années une véritable passion. Pourtant, je ne suis pas du tout nouvelle technologie mais plutôt nature, chasse, pêche et foot »,
concède-t-il.
72 courses en quatre ans
Il n’empêche qu’en quatre années, l’habitant de Ballon-Saint-Mars a bouclé 72 courses virtuelles dont la Route du Rhum, le Trophée Jacques Vabre, mais aussi des courses aux quatre coins du monde soit environ une course toutes les trois semaines. Je voyage beaucoup avec ces courses virtuelles. Cela me permet d’apprendre et de connaître les différents vents, la météo selon les endroits du globe.
François Rondeau ne fait jamais les choses à moitié. Ça, c’est certain. J’aime bien faire les choses à fond »,
avoue-t-il tout sourire. Ancien footballeur de niveau régional passé par Les Herbiers, coureur à pied devenu traileur, finisher de la SaintéLyon avec ses 80 km en 15 heures…J’avoue qu’en ce moment, pour le trail, j’ai une entorse à la motivation »,
plaisante-t-il.
Hélène, sa femme, ses filles, Zoé (9 ans) et Anna (6 ans) s’intéressent aussi au Vendée Globe. Pour Lola, la petite dernière de 18 mois, il faudra patienter la prochaine édition en 2024.
Ses filles aussi suivent la course
En fait, ça déteint forcément sur la famille. À l’école, Zoé et Anna, ont suivi la course avec la navigatrice Sam Davies et son bateau Initiatives-Cœur, elles connaissent déjà bien la course.
Quant à Hélène, elle précise tout de suite : On en parle toujours un peu mais en revanche je ne touche pas au bateau et maintenant, je ne me réveille plus quand il se lève à cinq heures du matin pour les changements de direction ».
Car en effet, François est un vrai mordu. Les nuits peuvent être courtes. Généralement, je me couche vers 00 h 30, pour attendre le dernier changement de vent définitif, je mets le réveil à 5 heures pour repositionner si besoin le bateau et vérifier que tout va bien. Nous, nous avons juste les vents et la météo à prendre en compte, pas de casse mécanique avec Virtual Regatta. Une fois que tout est vérifié, je me recouche avant de me relever vers 6 h 45 pour aller au travail.
Entre huit à 10 heures par jour
Des changements de vent, il y en a toutes les six heures. Mieux vaut être attentif. Si vous attendez les alertes, c’est déjà trop tard. Il faut toujours anticiper.
Quotidiennement, François passe entre 8 et 10 heures par jour sur la Vendée Globe virtuel. Entre les discussions avec mes coéquipiers, les forums, les tactiques à mettre en place, la météo à surveiller et à anticiper… ça passe vite.
D’ici quelques jours, le bateau de François et de ses deux coéquipiers, « Maître Coq » devrait passer la ligne d’arrivée des Sables d’Olonne.Nous allons avoir une quinzaine de jours d’avance sur la véritable course mais nous, nous sommes bien au chaud, sans jamais être mouillés et sans risquer la casse. Eux, les skippers, ils ont vraiment un mental et une détermination incroyables.
> > > De la 45 000e place au top 200
Pour cette course, l’ingénieur en agriculture qui travaille à La Bazoge, à la société Lœuf, s’est engagé avec deux autres collègues novices dans le challenge Maître Coq-LDC.On apprend plus en équipe que seul. Quand j’ai débuté, j’étais tout seul j’ai dû finir aux alentours de la 45 000
eplace. Après, j’ai intégré une équipe vendéenne, le team Vendée eSailing (TVD) où nous sommes 49, j’ai gagné en conseils et en expérience.
> > > Une journée avec Yannick Bestaven
Pour cette édition, si le trio visait un top 1 000 en début de course, il pourrait finir dans les 200.Le classement d’habitude n’est pas important pour moi. En fait, il ne faut pas se focaliser dessus, surtout lorsqu’on débute. Mais là, pour le moment, nous sommes premiers du challenge Maître Coq (sur 300 équipes) et si on le reste, nous pourrions passer une journée sur l’eau avec Yannick Bestaven, le skipper de Maître Coq et leader de la course, alors forcément, cela motive.
Pour cette édition, en participant au challenge LDC, François a bénéficié d’un pack payant pour profiter de certaines options. Mais le skipper virtuel le rappelle, en quatre ans, je n’ai jamais déboursé un centime ».
> > > Le profil-type
Pour cette édition 2020 du Vendée Globe, ils sont plus d’un million à s’être inscrit pour effectuer ce tour du monde virtuel.
Le participant au Vendée Globe 2020 de Virtual Regatta est généralement un homme, âgé de 35-40 ans, résidant dans l’Ouest de la France, et se connectant depuis son téléphone mobile.
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